Chine : Renault est prêt à démarrer une production locale, PSA veut y doubler la sienne

 |   |  934  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
La firme au losange compte produire 200.000 à 300.000 véhicules par an dans l'ex-Empire du milieu. PSA installe des capacités de fabrication pour 900.000 véhicules.

"Nous étudions des capacités de production de 200.000 à 300.000 véhicules par an à terme », assure le patron des opérations en Chine de Renault, Katsumi Nakamura, à l'occasion du salon de l'automobile de Pékin, qui a ouvert ce lundi. « Bien sûr, j'aimerais en faire un million », lâche-t-il en référence à Nissan. Mais le partenaire japonais de Renault « a mis dix ans pour y arriver », reconnaît-il.

Seul grand constructeur mondial à ne pas être implanté industriellement en Chine, le groupe au losange est bien décidé, cette fois, à paasser la première. Les discussions avec le constructeur local Dongfeng, déjà partenaire de Nissan, ont démarré fin juin 2011. Une première lettre d'intention a été signée en octobre dernier et une deuxième, fixant le cadre de l'accord éventuel - le processus est long et complexe en Chine - fin mars 2012

L'accord final "devrait être paraphé avant la fin de l'année", précise le directeur commercial Asie-Afrique de Renault, Emmanuel Levacher. Selon des sources officieuses, il ne devrait pas être signé avant juin. Renault faudra ensuite obtenir le feu vert des pouvoirs publics de Pékin. Renault avait annoncé l'an dernier son intention de fabriquer en Chine des véhicules à partir de 2014.

Une usine possible à Wuhan

Renault pourrait produire une berline compacte, une "moyenne supérieure", un 4x4 et des véhicules électriques à Wuhan, dans le centre du pays, indique-t-on en interne. Le gouvernement chinois "ne permet pas d'ajouter des capacités sur la côte", où se concentre déjà l'essentiel de l'activité automobile, explique Katsumi Nakamura, pour justifier une possible localisation à Wuhan et non sur la côte est en plein boom.

Le groupe Dongfeng est d'ailleurs installé à Wuhan, tout comme... PSA. Logique : ce dernier a établi une co-entreprise avec le même Dongfeng, devenu entre-temps l'allié local de Nissan 

PSA en croissance

Si Renault est un novice dans l'ex-Empire du milieu - hormis une production confidentielle d'utilitaires Traffic dans les années 90 -, PSA y est l'un des deux pionniers historiques avec l'allemand Volkswagen. Implanté dès les années 80 à Canton via un partenariat avec la municipalité de cette ville, Peugeot a toutefois échoué et s'est retiré piteusement en 1997. En revanche, Citroën, installé avec Dongfeng à Wuhan depuis le milieu des années 90, a prospéré et DPCA, la société commune, a même réintroduit Peugeot dix ans plus tard.

PSA est notamment à l'offensive depuis la fin des années 2000. Il "vise 480.000 ventes en Chine en 2012, contre 404.000 l'an dernier". Le constructeur "envisage une part de marché de 3,8 % sur l'année, contre 3,3 % l'année précédente, et 5 % en 2015". La marque Citroën, qui représente la moitié des volumes de DPCA, compte notamment beaucoup sur la présentation de deux nouveaux modèles en octobre prochain.

Il s'agira vraisemblablement d'une compacte C4 II allongée à quatre portes et coffre séparé, pour répondre aux goûts des acheteurs locaux qui n'apprécient guère les cinq portes avec hayon européennes jugées trop utilitaires. Viendra aussi une compacte plus simple et "bas de gamme", une berline inédite à vocation économique pour pays émergents sur la plate-forme des petits modèles du groupe. Ces deux véhicules seront produits en Chine même si la dernière des deux sera aussi fabriquée à Vigo, en Espagne. Le lancement commercial n'interviendra toutefois pas avant 2013.

Les DS fabriquées surplace à partir de 2013

Citroën mise aussi beaucoup sur sa gamme "distinctive" DS. "Le 28 juin prochain, sera lancée cette gamme en Chine", d'abord avec des produits importés de France, indique le directeur général de Citroën, Frédéric Banzet. "La première DS fabriquée en Chine, la DS5, arrivera sur les chaînes au second semestre 2013", dans le cadre d'une deuxième co-entreprise avec le groupe Changan, CAPSA.

"L'usine, qui fabriquera les DS, à Shenzhen, aura une capacité de 200.000 unités annuelles". Et, "à partir de 2014, seront produits en Chine une berline compacte inédite (à coffre séparé), puis un 4x4 et enfin une grosse berline", qui seront exportés, notamment... vers l'Europe. Sur un stand très chic célébrant le luxe à la française, trônait d'ailleurs au salon une DS numéro 9, concept de ce que pourrait être une future limousine.

Citroën a accru son réseau de 80 points de vente l'an dernier en Chine à 449. Il a créé par ailleurs "24 concessions spécifiques DS, plus 9 points de vente dans des centre-villes", souligne Frédéric Banzet. Et il vise "200 concessions DS à moyen terme".

Les français encore faibles

Renault ne vend pour l'instant que des modèles importés, essentiellement de Corée (surtout le 4x4 Koleos). Il en a écoulé 24.725 l'an dernier (+ 60 % par rapport à 2010). Soit des volumes marginaux sur un marché total de 18,5 millions de véhicules (12,4 millions de voitures particulières seules). Et il aura quand même fort à faire pour s'imposer dans un pays où l'offre de modèles est la... plus forte du monde.

PSA, lui, est certes installé dans le paysage. Mais, faute d'investissements pendant de longues années, il reste un acteur relativement petit face aux ténors Volkswagen, GM, Nissan, Toyota, Hyundai-Kia. N'oublions que sa part de marché était il y a dix ans deux fois et demie supérieure à aujourd'hui, avec un gâteau il est vrai alors beaucoup plus petit. Les programmes, les ambitions, existent, chez les français. Mais les concurrents solidement installés ainsi que les marques chinoises ne manquent pas non plus de projets. Espérons qu'il ne soit pas trop tard pour les firmes tricolores !

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/04/2012 à 16:35 :
Bon à savoir pour nos chômeurs et pour tous ceux qui voudraient venir en France. Aujourd'hui il existe le paradis du travail : la CHINE
a écrit le 24/04/2012 à 10:24 :
Renault ne prend pas de risques inutiles, le marché chinois est versatile et dépend largement de la bonne volonté des autorités locales. Nissan l'oriental connait parfaitement les subtilités de ce pays et les leçons américaines de jadis ont été retenues; alors prudence.
a écrit le 24/04/2012 à 1:03 :
On annonce des fermetures en France et quelque part dans le monde on annonce des ouvertures d'usines
Bravo le made In France .......,,,,,,,,,,MDR
a écrit le 23/04/2012 à 19:55 :
C'est sur qu'avec des réactions aussi débiles que celle que l'on peut lire en commentaires, il ne faut pas s'étonner que les firmes tricolore arrivent trop tard.
a écrit le 23/04/2012 à 16:54 :
Bon, c'est bien de délocaliser en Chine, mais le gouvernement français acceptera-t-il la construction d'usines de fabrication de pousse-pousses en France :-)
a écrit le 23/04/2012 à 16:40 :
"Bonne nouvelle" pour les sites français dont Aulnay évidemment...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :