Ford perd énormément d'argent en Europe mais en gagne beaucoup aux Etats-Unis

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Copyright Reuters (Crédits : Sam VarnHagen/Ford Motor Co.)
La firme de Dearborn, en pleine restructuration, affiche plus d'un milliard de pertes sur neuf mois en Europe. Mais, heureusement, elle affiche de super marges outre-Atlantique.

Décidément, l'Europe ne réussit pas aux constructeurs automobiles. Alors que le groupe italien Fiat annonce des déficits (sans Chrysler) et que les chiffres d'affaires de PSA ou Renault sont en forte chute, Ford affiche ce mardi une perte (avant impôts) de plus d'un milliard de dollars (750 millions d'euros) sur le Vieux continent pour les neuf premiers mois de l'année, dont 468 millions sur le seul troisième trimestre! Soit une marge opérationnelle négative en Europe de 5,1%! Aïe. Le constructeur de Dearborn avait annoncé la semaine dernière qu'il s'attendait pour l'année à une perte de plus d'1,5 milliard de dollars ( un milliard d'euros) sur le Vieux continent. Le chiffre d'affaires s'y est contracté sur neuf mois de 20% à 20 milliards de dollars (15 milliard d'euros).

Super marge outre-Atlantique

Le groupe automobile du Michigan se rattrappe heureusement sur le marché nord-américain, où il engrange 6,47 milliards de dollars (4,9 milliards d'euros) de profit (+22%, avant impôts) sur neuf mois, avec une super marge de 11,2%. Du jamais vu depuis une douzaine d'années au moins, se félicite le constructeur. Ailleurs, Ford ne réalise en revanche nulle prouesse. Il affiche un tout petit bénéfice en Amérique du sud, de 68 millions de dollars (50 millions d'euros)  sur neuf mois, divisé par plus de dix. La marge opérationnelle n'y dépasse pas 1%. En Asie-Pacifique, Ford arbore un déficit de 116 millions (90 millions d'euros), multiplié par douze, avec une marge négative de 1,6%. Au bilan, toutefois, grâce aux énormes profits engrangés outre-Atlantique où son pick-up F "Full Size" à fortes marges est le véhicule le plus vendu depuis presque trente ans aux Etats-Unis, le secteur automobile a généré au total, sur neuf mois, 4,99 milliards de dollars de profits (avant impôts), en recul néanmoins de 13%. La marge moyenne est de 5,9%. 

Perspectives pas enthouasiasmantes

Dans ce contexte de marché américain très porteur et de chute en Europe, Ford affiche un profit global (avant impôts) de 2,16 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) au troisième trimestre (+11%) et de 6,28 milliards (4,8 milliards d'euros) sur neuf mois (-18%). Le résultat net est quasi-stable à 1,63 milliard (1,25 milliard d'euros) sur le trimestre, et de 4,07 miillards (3,1 milliards d'euros) sur neuf mois (-38%). Sur l'année, la firme prévoit "un résultat avant impôts solide, mais moins élevé qu'en 2011".

Usines fermées

Ford avait annoncé jeudi dernier la fermeture en 2013 outre-Manche de son usine de Southampton (utilitaires) ainsi que des ateliers d'emboutissage du site de mécanique de Dagenham. Le constructeur automobile américain ajoute ainsi 1.400 supressions de postes aux 4.300 déjà sur la sellette dans son usine belge de Genk, dont l'annonce de fermeture en 2014 avait été faite mercredi. Au total, ce sont pas moins de 6.200 postes qui vont disparaître chez Ford en Europe, avec 500 départs volontaires de cols blancs également prévus. Ford affirme du coup que les fermetures annoncées réduiront son potentiel de production installé de 18%, ou l'équivalent de 355.000 unités, en Europe (hors Russie). Elle permettront des économies de 450 à 500 millions de dollars par an.

Production envoyée en Turquie

Southampton, spécialisée dans les fourgons Transit, est la dernière usine d'assemblage britannique du groupe américain, présent industriellement outre-Manche depuis... cent ans. La production est assez faible (quelques dizaines de milliers d'exemplaires annuels). Celle-ci sera relayée par... la Turquie. Le groupe de Dearborn a annoncé déjà mercredi son intention de fermer son usine d'assemblage de Genk, dans le nord-est de la Belgique, d'ici à la fin de l'année 2014.

Véhicules envoyés en Espagne

La production belge sera transférée, elle, en Espagne. Les futurs véhicules (remplaçants des grands monospaces S Max et Galaxy ainsi que de la nouvelle berline familiale Mondeo) migreront vers le site de Valence. La future Mondeo, annoncée pour fin 2013, devait pourtant être assemblée initialement à Genk, selon les engagements pris précédemment par le groupe. Nul doute que ce transfert reportera le lancement de cette familiale. La production des monospaces compacts C-MAX et Grand C-MAX, assemblés aujourd'hui en Espagne, sera pour sa part réallouée à Saarlouis, en Allemagne.

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