Un énième patron pour Opel, la filiale allemande déficitaire de GM, l'allié de PSA

Un cinquième patron en trois ans doit être nommé ce mois-ci. Un ancien dirigeant du groupe Volkswagen, Karl-Thomas Neumann, fait actuellement figure de favori. Opel, filiale allemande de GM, est déficitaire depuis dix ans. Drôle d'allié pour... PSA.
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Le constructeur allemand Opel, filiale de l'américain GM, devrait se choisir un nouveau patron -le cinquième en trois ans- au mois de décembre lors d'une session extraordinaire de son conseil de surveillance, affirme l'hebdomadaire allemand Automobilwoche. Un ancien dirigeant du groupe Volkswagen, Karl-Thomas Neumann, fait actuellement figure de favori, souligne le magazine, confirmant des informations qui avaient déjà filtré début novembre dans la presse d'outre-Rhin. "Neumann ferait du bien à Opel et apporterait beaucoup d'expérience", a confié un membre du conseil de surveillance d'Opel à l'hebdomadaire. Toutefois, "il y a également d'autres bons candidats", ajoute cette même source.

Fortes pertes

Le 12 juillet dernier, la marque de Rüsselsheim avait annoncé, à la surprise générale, la démission de son patron, Karl-Friedrich Stracke, en poste depuis quinze mois seulement. Il avait été remplacé par Thomas Sedran, un expert en restructuration d'entreprises. Karl-Friedrich Stracke avait noué des relations privilégiées avec Philippe Varin, patron de PSA dont GM détient 7% du capital. Une sacrée gageure pour le nouveau patron. Déficitaire depuis plus de dix ans en Europe, GM y prévoit rien de moins que 1,5 à 1,8 milliard de dollars (1,1 à 1,4 milliard d'euros) de perte opérationnelle sur le Vieux continent cette année! Le retour à l'équilibre en Europe, maintes fois reporté, est carrément renvoyé au "milieu de la décennie", sans autre précision. Au troisième trimestre, GM a perdu sur le Vieux continent 0,5 milliard de dollars (380 millions d'euros).

Pertes de parts de marché

Opel et sa marque soeur Vauxhall ne parviennent pas à enrayer la chute de leurs parts de marché en Europe (6,8% sur les six premiers mois de 2012 hors utilitaires, contre plus de 10% il y a dix ans) et en Allemagne. La firme se trouve toujours en surcapacités, malgré des plans de restructuration à répétition. Fin juin, le conseil de surveillance d'Opel avait validé le plan stratégique de... Karl-Friedrich Stracke. Celui-ci prévoyait notamment un arrêt de production dans l'usine allemande de Bochum. L'usine emploie 3.100 personnes, pour une capacité de production de 160.000 unités annuelles. Le patron démissionnaire avait aussi décidé que la nouvelle génération de compactes Astra sortirait des usines de Ellesmere Port (nord-ouest de l'Angleterre) et de Gliwice (sud de la Pologne) et qu'elle ne serait plus fabriquée en Allemagne. Au grand dam des syndicats. GM avait déjà fermé l'usine belge d'Anvers.

Gestion erratique

Opel a failli être vendu par GM en 2009. Mais, après de longues tractations, notamment avec le sous-traitant canadien Magna et le gouvernement de Berlin, le groupe de Detroit a brutalement décidé de conserver sa filiale, provoquant la colère des pouvoirs publics outre-Rhin. GM a par ailleurs été incapable de faire prospérer sa célèbre filiale suédoise haut de gamme Saab, dont il s'est piteusement débarrassé et qui... a sombré dans la faillite.

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Commentaires 2
à écrit le 26/11/2012 à 9:51
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C'est l'alliance des éclopés. Des marques qui disparaîtront tôt ou tard pour laisser la place notamment aux Coréens.

le 28/11/2012 à 14:36
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.. elle enroule papier d'alu... ;-)

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