Nissan part à l'offensive aux Etats-Unis, un marché juteux où PSA et Renault brillent par leur absence

 |   |  707  mots
DR
DR
Nissan veut augmenter de 50% ses ventes aux Etats-Unis à 1,5 million de véhicules. Sa filiale haut de gamme Infiniti veut carrément doubler ses volumes. Rude gageure pour le partenaire japonais de Renault.

Carlos Ghosn, PDG de Nissan (et Renault) l'a martelé lundi, dans le cadre du salon de l'auto de Detroit. «Nissan veut atteindre 10% de part de marché aux Etats-Unis». Rude gageure pour le constructeur japonais. «Nous visons 1,5 million de ventes», indique de son côté à La Tribune Pierre Loing, un ancien de Renault promu récemment vice-président de Nissan en charge du plan produits pour l'Amérique du nord et du sud. La firme, contrôlée à 44% par Renault, a écoulé 1,02 million d'unités l'an dernier aux Etats-Unis (1,14 million avec la marque haut de gamme Infiniti). Et l'objectif assigné au seul Infiniti est encore plus sévère, puisqu'il «prévoit un doublement des ventes à 250.000 en Amérique du nord», précise Pierre Loing (120.000 l'an dernier aux Etats-Unis). Des objectifs à horizon 2016-2018.

Forte rentabilité

Un marché clé, puisque «l'Amérique du nord génère environ un quart des ventes de Nissan» et une proportion bien plus importante des profits. Avec la Chine, les Etats-Unis sont en effet la zone la plus profitable du groupe nippon. «A part la Leaf électrique qui débute, quasiment tous nos produits gagnent de l'argent aux Etats-Unis». En ce qui concerne Infiniti spécifiquement, l'Amérique du nord représente les trois-quarts des volumes. Malgré une très ancienne présence, Nissan est encore derrière Toyota et Honda aux Etats-Unis en volumes et... en image. Les prix de vente au client étaient aussi traditionnellement plus bas chez Nissan par rapport aux deux autres japonais, mais la firme a comblé ces dernières années une bonne partie de son retard. «Nos prix de transaction sont maintenant proches de ceux pratiqués par Honda. Et, parfois, Toyota a même des prix inférieurs à nous», explique Pierre Loing.

Flopée de nouveautés

Pour atteindre les objectifs, Nissan compte sur de nouveaux véhicules comme le tout petit minispace, apparu au salon de Detroit, et qui sera produit au Mexique à partir de l'été prochain à un prix de base de 13.990 dollars (10.000 euros). Nissan commence aussi actuellement à produire la Leaf électrique aux Etats-Unis. Mais, surtout, il dévoile un concept de futur «SUV» (4x4) de luxe qui préfigure en partie le futur Murano, lequel pourrait être produit en Amérique du nord, et non plus importé du Japon. Un modèle important pour le marché américain. Ce véhicule pourrait être d'ailleurs exporté vers l'Europe. Chez Infiniti, le constructeur nippon lance la Q50, une berline de taille «moyenne supérieure» très chic, qui sera suivie d'un coupé. Il prépare aussi un 4x4 luxueux -plus encore que le Murano de la marque Nissan. Il s'agira du remplaçant de l'Infiniti Fx, pour contrer le fameux Lexus Rx de Toyota qui fait un tabac aux Etats-Unis. Un véhicule, qui «sera produit au Mexique», selon Pierre Loing. Les usines au Mexique, qui exportent vers les Etats-Unis, constituent au reste «une excellente base industrielle. C'est là que les sites tournent durant le plus grand nombre d'heures annuelles», précise pour sa part Carlos Ghosn. Le Fx «utilisera des... moteurs Mercedes», indique Pierre Loing, au terme des accords entre Renault, Nissan et la firme allemande. Ces mécaniques équiperont aussi la berline Q50. Certains de ces moteurs d'origine germanique pourraient être d'ailleurs produits chez Nissan, dans le Tennessee. Bref, plusieurs nouveaux modèles sont prévus en haut de gamme, pour essayer de hisser Infiniti au niveau de ventes d'un Lexus (Toyota).

Absence de Renault et PSA

Nissan est donc bel et bien à l'offensive outre-Atlantique. Et ce, alors même que Renault n'y vend plus rien depuis... 1987, date de la piteuse revente de sa filiale américaine AMC (avec Jeep) à Chrysler. Une erreur, du point de vue stratégique, dont le groupe au losange ne s'est toujours pas remis. Consolation pour Renault: PSA n'est pas non plus présent aux Etats-Unis depuis le tout début des années 1990. Maintenant que Fiat y vend sa 500, les deux groupes français restent les seuls absents parmi les grands constructeurs. Dommage, car c'est un marché «sur lequel il est plus facile de gagner de l'argent qu'en Europe», comme le constate Pierre Loing, ce Français qui s'occupait jusqu'ici des produits de Nissan pour l'Europe.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/01/2013 à 18:46 :
Courte memoire: est ce qu´il y a quelqu´un qui veut discuter la strategie GM et Chrysler aprés le subprime crash? Où etait les visionnaires strategiques de 2007? Moi, j´ai supporté la vision 2005-2007 de PSA de sortir de ce marché anti-eco, avec millions de négationistes sur la durabilité des vehicules "gaz-guzzlers"...
a écrit le 15/01/2013 à 16:15 :
RENAULT n'est pas près de reprendre pied au USA après y avoir été précurseur et y avoir perdu beaucoup d'argent et même y avoir failli perdre la vie. Dois-je vous rappeler que RENAULT possède NISSAN et que les "juteux" bénéfices que peut y faire sa filiale japonaise aux States seront répartis à due proportion de ses 44 pour cent dans le groupe japonais. Il est inutile pour une multinationale de disperser ses forces. Il faut les répartir à bon escient.
Réponse de le 15/01/2013 à 17:00 :
Non Renault ne posséde pas Nissan il en est l'actionnaire principal avec 40 ou 42 % du capital mais les deux marques n'ont pas fusionné.
Réponse de le 15/01/2013 à 17:25 :
RENAULT a augmenté sa part dans NISSAN jusqu'à 44,3 %. Les analystes jugent cependant que malgré les discours parlant d'alliance d'égaux, la forme effectivement prise par l'alliance relève plutôt d'une prise de contrôle de Nissan par Renault.CQFD
Réponse de le 15/01/2013 à 21:09 :
Je ne connais pas "ces analystes" car en fait d'alliance , il s'agit d'une participation croisée qui du reste est susceptible d'évoluer ........Et pas en faveur de renault ;)
a écrit le 15/01/2013 à 12:01 :
Messieurs les journalistes, pouvez-vous cesser de parler contrats "juteux" ou de marchés "juteux" alors que vous n'en savez strictement rien. Ce n'est qu'à ,la fin, quand on fait les comptes, que l'on sait si un contrat de 10 milliards est juteux ou non. Si on y perd 1 milliard, c'était un marché m;;;dique. Alors que devant un gros chiffre, tout devient juteux. Idem pour les marchés. Tout dépend de la concurrence, des remises qu'il faut faire etc. Buvez des jus d'orange plutôt!
a écrit le 15/01/2013 à 11:44 :
il est certain que nous ne pouvons pas construire que des voiture de luxe, mais Renault pourrait mettre en avant et développer Infiniti en Europe non ? a partir du moment ou il veut monter en gamme ! pourquoi ne pas s'appuyer sur une marque de luxe qui lui appartient en plus des moteur Mercedes promis ?!
Réponse de le 15/01/2013 à 14:31 :
Infinity est une production infinitésimale de 350 000 voitures au total mondial quand Audi BMW fabriquent 1 500 000 et 1 800 000 véhicules par an.. Infinity est une marque bidon de mauvais goût, personne n'en veut !!!
a écrit le 15/01/2013 à 11:38 :
Pourquoi Renault ne construit il pas un réseau infiniti en France ? il en est en parti propriétaire non ? ca lui permettrait de monter en gamme non ?
Réponse de le 15/01/2013 à 12:42 :
Vous n'avez pas encore remarqué que Renault est dédié au bas de gamme avec les modèles Renault/Dacia ?
a écrit le 15/01/2013 à 11:00 :
Monsieur VAG n?en manque jamais un pour enfoncer Renault qui dans le cadre de cet article ne peut pas être comparé avec PSA :

Grâce aux politiques publiques développées en France depuis 1945, la gamme actuelle de PSA, comme celle Renault, n?est pas en adéquation avec le marché Nord Européen et Nord-Américain.
En plus si Renault pioche un modèle dans ses propres usines Orientales et Extrême orientales on sonne l?Hallali. J?en veux pour preuve le Koléos complètement dénigré parce qu?il est fabriqué en Corée alors qu?il est le cousin, voir le frère du Qashqai.

Pour revenir au marché US la grande différence entre Renault et PSA est que PSA est seul, alors que Nissan appartient à Renault, Dans une stratégie de groupe, c?est normal que le mieux implanté soit mis en avant. C'est le cas inversé pour l'Amérique du Sud ou Renault est bien implanté avec un gamme qui correspond au marché.

Au Fait Monsieur VAV vous nous aviez promis un article sur le « Captur » après sa présentation presse de vendredi 11, mais apparemment cela ne vous inspire pas : puisque vous n?en parlez plus.

Et puis si vous vous dispensiez de finir par une salve à fleuret moucheté voir à boulet rouge chaque article sur Renault, ce serait tout à votre honneur, de journaliste Indépendant et OBJECTIF.
a écrit le 15/01/2013 à 9:13 :
vous ne pouvez pas vous empêcher systématiquement dans quasi tous les articles liés à l'automobile d'écorcher PSA, on se demande si vous êtes vraiment indépendant ? A voir les panneau de pub Kia dans vos articles je pense que quelque part non ...
Réponse de le 15/01/2013 à 10:53 :
Que voulez-vous, les monulmentales erreurs, et même FAUTES, de stratégies industrielles de Renault et de Peugeot sont tellement énormes et tellement flagrantes, qu'il en devient impossible qu'elles ne soient pas au centre de n'importe quel article d'automobile ... Ces FAUTES inexcusables des dirigeants de Renault et de Peugeot sont dramatiques pour l'industrie et aussi pour la réputation de la France ... Et ce n'est pas avec les équipes de "dirigeants bras cassés" de Renault et de Peugeot que les situations vont évoluer en bien !!! quelle tristesse cette chianlie qui perdure...
Réponse de le 15/01/2013 à 11:07 :
Je ne vois vraiment pas ce que vous voyez contre PSA dans cette article... Le peu qui concerne le groupe est justifié !
a écrit le 15/01/2013 à 9:13 :
Elle a un autre look que la Renault Latitude, cette Infiniti !
Réponse de le 15/01/2013 à 10:27 :
Autre look ....autre prix aussi !!!
a écrit le 15/01/2013 à 9:05 :
Et oui, Renault possédait Jeep dans les années 80 avant l'explosion du marché des 4x4...
a écrit le 15/01/2013 à 9:02 :
Ghosn a imposé les accords dans lesquels la Chine et les USA sont les chasses gardées de Nissan. Logique c'est les marchés les plus juteux. Loqigue il est le PDG du Japon le mieux payé.
Voila l' explication première de l' expansion de Nissan et de la stagnation de Renault.
a écrit le 15/01/2013 à 8:54 :
Quel dommage que Renault n'ait pas un PDG dynamique comme celui de Nissan...
Renault est toujours absent des USA.
:-)
Réponse de le 15/01/2013 à 9:14 :
Oui, mais c'est Renault qui contrôle Nissan...
Réponse de le 15/01/2013 à 9:19 :
Le PDG est le même chez Nissan et Renault... !
Réponse de le 15/01/2013 à 10:31 :
Pierre Loing vice président de Nissan est un ancien de chez Renault !!!! tout comme le PDG de Toyota europe d'ailleurs ....comme quoi nos entreprises nationales forment de bons cadres que les entreprises étrangères viennent chercher !!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :