L'industrie auto redémarre... en Grande-Bretagne et en Espagne

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L'usine Nissan de Sunderland fabrique le nouveau Qashqai II
L'usine Nissan de Sunderland fabrique le nouveau Qashqai II (Crédits : DR)
La production auto a progressé fortement en mars en Grande-Bretagne et en Espagne. La Grande-Bretagne vise de dépasser la France, ce que l'Espagne a déjà fait.

La production automobile a encore bondi de 12% (à 142.158 voitures) en mars... au Royaume-Uni. Une progression certes atypique, puisque, sur l'année, la croissance devrait être plus faible. Il n'empêche. Les usines britanniques d'automobiles devraient augmenter leurs volumes de 3% sur l'année, ce qui n'est pas si mal, selon les pronostics de la SMMT (Société des constructeurs britanniques). Et encore ces volumes ne concernent-ils que les voitures particulières (hors utilitaires).78% des véhicules sont exportés.

Record en 1972

L'industrie auto britannique devrait même battre son record de production... en 2017, selon la SMMT, avec plus de deux millions de voitures particulières escomptées. Le précédent pic datait de... 1972 (1,9 million)  L'an passé, la production avait crû de 3% à 1,51 million de voitures, contre un million en 2009.La SMMT affirme viser la troisième place en Europe, doublant ainsi la France.

Certes, il n'y a plus de vrai constructeur automobile britannique sauf quelques emblématiques artisans comme Morgan. Tous les grands constructeurs appartiennent à des groupes étrangers. Mini, ex British Leyland, ex-Rover, est la propriété de BMW. Jaguar Land Rover fait partie du groupe indien Tata. La plus grosse usine automobile britannique est le site Nissan de Sunderland, qui fut le premier "Cheval de Troie" japonais en Europe dans les années 80.

Certes, les centres de décision sont ailleurs et les véhicules en grande partie conçus en-dehors également (sauf les Jaguar et Land Rover), mais la production est bien repartie à la hausse. Et ce, après le naufrage de l'auto anglaise dans les années 80, 90 puis 2000 (faillite de Rover), victime de l'obsolescence technique, d'une qualité déplorable, d'usines surannées et de grèves à répétition.

L'Espagne devant la France

En Espagne, la production a pour sa part crû de 27% à 220.435 unités en mars dernier, d'après l'Anfac (Association des constructeurs espagnols). L'Espagne était  en 2013 le deuxième producteur d'automobiles d'Europe, derrière l'Allemagne mais devant la France, même si elle ne compte aucun constructeur national. Le secteur, qualifié de "moteur dans la sortie de la crise" par le ministre du Budget Cristobal Montoro, emploie 250 000 personnes et représente 10% du PIB du pays.

Selon l'Anfac, la production devrait augmenter de 9% en 2014, à 2,4 millions de véhicules. 90% de la production est exportée. Certes, l'Espagne n'a toujours été qu'un simple pays de production. Aucun constructeur n'est hispanique. La seule marque "nationale" Seat n'a été qu'une société publique fabriquant des Fiat pendant des décennies avant de passer dans le giron de Volkswagen. Mais, dans un pays que l'on disait naguère peu flexible cher, la production reprend. Y compris pour des produits "premium" comme le "SUV" Audi Q3 assemblé chez Seat à Barcelone.

La France, elle, n'a produit que 1,74 millions d'unités (voitures et utilitaires légers) l'an dernier,  soit environ moitié moins qu'il y a dix ans. Mais, contrairement à la Grande-Bretagne et l'Espagne, elle demeure un vrai pays automobile avec deux constructeurs, Renault et PSA. Une différence fondamentale.

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Commentaires
a écrit le 25/04/2014 à 13:01 :
PRECISION . ACHETER UNE VW EST CREUSER LE DEFICIT ...
a écrit le 24/04/2014 à 22:37 :
Renault produit la majorité de ses voitures à l'étranger, ses actionnaires sont à majorité étrangers, mais on continue de dire que c'est un groupe francais... C'est bien beau de nous faire des grands discours sur la mondialisation, et après de venir nous dire que Renault est francais.

La vérité c'est que les sites d'implantations d'usines automobiles ne se font plus en France depuis longtemps, y compris pour Renault. C'est la dessus que devrait travailler l'Etat. Mais au lieu de cela, l'Etat francais passe son temps à "sauver" Peugeot, puis à "sauver" Renault. En réalité il ne sauve personne parce que le nombre d'usines diminue. Mais "prime à la casse" comme titre de presse et plan de communication, ca fait bien: énergique, volontariste. C'est ainsi que nous avons eu droit à la prime Sarkosy, puis au crédit Sarkozy, puis à la subvention Sarkozy à l'automobile pendant la crise. Le resultat, c'est la fermeture d'Aulnay apres les présidentielles. Sarkozy a financé à perte une industrie mal gérée en échange de quoi la fermeture des usines se feraient après les éléctions.

Il y a deux solutions pour l'industrie automobile francaise. La solution britannique qui considère que leurs capitalistes sont incapables de gérer cette industrie et qui a vendu aux étrangers. Ainsi l'Etat peut se concentrer sur une seule mission qui est d'attirer les implantations d'usines. La solution allemande qui considère que leurs capitalistes sont plus forts que les autres et qui continuent de gérer directement leur industrie.
Réponse de le 24/04/2014 à 23:45 :
VW produit 21 % de ses voitures en Allemagne, Renault environ 25 %
Réponse de le 25/04/2014 à 8:28 :
Bravo bel exemple de chiffres qui mentent , car VW est une marque bien plus internationale que Renault et , il serait intressant de verifier l effet des ventes de voitures de chaque marque dans son pays d 'origine . On peut affirmer sans se tromper qu acheter une renault c est creuser le deficit commercial de la France. Je doute fort que ce soit le cas pour VW en allemagne.
Réponse de le 25/04/2014 à 23:05 :
Renault SA classée 4ème entreprise exportatrice de France en valeur, et 7ème importatrice de France en valeur, chiffres Douanes de 2012. Renault exporte, et pas seulement des véhicules assemblés, confère l'usine de Cléon qui exporte plus de 50% de sa production de moteurs.
a écrit le 24/04/2014 à 19:22 :
En URSS, les voitures étaient réservées aux dignitaires du régime et à leurs "amis". Voilà l'exemple à suivre pour nos neo-marxistes du gouvernement!
a écrit le 24/04/2014 à 18:51 :
Normal, avec un gouvernement qui fait tout pour que les français n'aient plus de voiture.....
Réponse de le 24/04/2014 à 19:19 :
Facile! Mesures vexatoires anti-automobile tous azimuts et baisse du niveau de vie! Ce gouvernement à trouve la formule !
a écrit le 24/04/2014 à 18:13 :
Connaissez-vous le smic espagnol : la moitié du français, et la semaine est de 40H ! 28 % de chômage dont 60% de jeunes y compris des diplomés. Les gens travaillent plus que les heures autorisées et la se taisent pour garder leur emploi. Je peux vous dire que j'en sais quelque chose, ma famille vit ainsi et ils aimeraient venir en France ne serait-ce que pour les aides sociales qui sont plus importantes que leurs revenus. Pourquoi après tout n'en profiteraient-ils pas ? On donne tout en France aux étrangers. Merci les moutons et cela continuera tant qu'on sera dans l'Europe ! Et que se passera t-il, d'après vous le jour où les "robinets" seront taris ?
a écrit le 24/04/2014 à 18:10 :
Oui. c'est ce que les économistes nomment le principe de Winbledon : Ce n'est pas grave si l'on ne gagne pas le match pourvu qu'il se déroule chez nous. Mais ces deux exemples pris ici ont une histoire. L'un dans le nord est destiné à casser Ford. En effet les américains se sont installés en Europe au début du siècle précédent pour Ford à 80% en U.K et 20% en Allemagne et pour GM le contraire. Ford était donc à domicile sur les terres anglaises. Cela a parfaitement convenu aux français tant qu'il s'agissait "amicalement" de casser l'industrie britannique, ce fut différent lorsque ces derniers ont abandonné. L'usine Nissan de Renault Alliance bénéficie d'importants avantages pour être proche d'une région défavorisée qu'est l'Ecosse. Les américains sont désormais en difficulté dans ce pays. L'Espagne pour sa part a été envahie par les constructeurs avec l'aide des subventions européennes désormais coupées, avec comme cible la France. Un système de mix business ainsi opéré devait mettre son industrie à plat sur le schéma suivant : coût de production allemand = 12 + coût de production subventionné espagnol = 6, total 18, on vend à la moyenne de 9 (pour un même véhicule ou un groupe défini) alors que la France produit à 10. La solution pour nos constructeurs aura été d'aller chasser sur les terres concurrentes et d'établir à son tour un mix business avec des pays moins chers que notre pays. L'industrie française a ainsi été préservée avant un retour lent à plus de normalité, nous sommes dans l'industrie. bien entendu on peut critiquer, s'étonner. Pourquoi pas un retour plus rapide ? Parce que l'automobile électrique requiert pour sa fabrication 3 fois moins de personnel que celle atmosphérique.
La France est ou se dimensionne pour être performante. Nos voisins allemands on le voit tentent de reculer cette arrivée qu'ils auraient beaucoup plus de mal à gérer. La question de savoir si l'on doit ralentir le progrès (c'est ce qui est fait) pour le bien commun (ou si c'est le bien commun) est habituelle pour les économistes. Ainsi on pourrait supprimer des fonctionnaires et en faire des chômeurs qu'il faudrait indemniser sans travailler. Le temps utilisé activement un un vecteur puissant.
a écrit le 24/04/2014 à 18:03 :
Il y a tant de petits signes qui témoignent jour après jour du déclin de l'industrie française...Mais comment voulez vous que la France croisse alors qu'elle ne produit plus rien sur son sol? Ah, PSA, RENAULT-NISSAN et tous les autres, ils produisent ailleurs! Et si le gouvernement, au lieu de taxer et taxer et encore taxer se demandait quoi faire pour rendre la France attractive... nous sommes un bateau ivre, gouverné par des incapables. ce qui compte, c'est ce que la France produit sur le sol français, et bientôt il n'y aura plus grand chose... Que la GB et l'Espagne produisent davantage de voitures que nous est symptomatique du déclin français. Cela fait longtemps que la Corée produit plus de voitures que nous aussi....Visiblement, avec les malus en tout genre etc....ce gouvernement VALS ne fera pas mieux que le précédent mais entre temps tous les autres états européens sortent de la crise et la France ? oui la France? Si Hollande avait un peu d'amour propre il dissoudrez le parlement .....Mon Dieu, la France est le Titanic du 21e siècle,
Réponse de le 24/04/2014 à 18:53 :
Mais si il existe un domaine en expansion: celui des fonctionnaires!
a écrit le 24/04/2014 à 17:45 :
La France ne représente que 2,3 % de la production mondiale d'automobiles contre 5,3 % en 2005 .Tout est dit, pour un pays qui fut un très grand de l'automobile mondiale. Et en plus jean vincent placé en profite pour ironiser sur cette industrie du "passé" .
a écrit le 24/04/2014 à 17:33 :
Bientôt le monde entier sera devant la France sauf pour le nombre de fonctionnaires!!!
Réponse de le 24/04/2014 à 18:28 :
J'ai acheté une voiture française il y a 2 ans. C'est un modèle qui ne sera plus fabriqué en France mais en Espagne, donc moins chère car là-bas le smic est la moitié du notre et les ouvriers ont accepté certaines conditions POUR AVOIR DU BOULOT. Il faudrait remercier "en grande pompe" les syndicats français qui ont offert aux ouvriers français un aller simple pour Pôle Emploi !

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