Le constructeur italien de voitures de sport, filiale du groupe Volkswagen, a battu en 2023 un record historique d'activité avec plus de 10.000 voitures livrées. Les premiers modèles de l'ère hybride arrivent cette année avec la super-sportive Revuelto et le SUV Urus restylé. L'électrification de la gamme interviendra en 2028. En attendant, tous les process de production à l'usine de Sant'Agata Bolognese seront revus : Lamborghini va tenter d'abaisser ses émissions de CO2 sur l'ensemble de la chaîne de valeur.Comment décarboner une marque automobile réputée pour ses voitures hypersportives, ses moteurs thermiques à douze cylindres et son SUV Urus, qui représente l'essentiel des ventes depuis son lancement en 2018 ? Chez Lamborghini, la réponse ne passera pas par une électrification à marche forcée de toute la gamme. En 2023, en dépit des contraintes qui ont pesé sur ses marchés stratégiques (Etats-Unis, Chine), les voitures de Sant'Agata Bolognese se sont très bien vendues. « Nous dépassons pour la première fois de l'histoire de Lamborghini la barre symbolique des 10.000 voitures livrées », s'est réjoui Stephan Winkelmann, président de Lamborghini, en marge de la présentation du projet industriel Direzione Cor Tauri (cœur de taureau). Les livraisons s'établissent précisément à 10.112 unités en 2023. Soit 9,5 % de plus qu'en 2022.
Le projet Direzione Cor Tauri, qui chapeaute un investissement évalué à plus d'1,9 milliard d'euros, ne vise pas seulement à électrifier les futurs modèles. La première Lamborghini Lanzador électrique, dont la silhouette « Grand Tourisme » a été présentée en août 2023 en Californie, n'arrivera pas sur les routes avant 2028. L'usine historique de Sant'Agata Bolognese, en Emilie-Romagne, va revoir l'intégralité de ses process de fabrication et d'approvisionnement. « Les émissions de CO2 des voitures ne sont qu'un aspect de nos critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Le programme stratégique Cor Tauri nous contraint de travailler sur l'ensemble de la chaîne de valeur dans une approche holistique. Nous montons en puissance en puissance dans les énergies renouvelables, nous imposons de nouvelles règles à nos sous-traitants. Nous investissons dans la méthanisation aux côtés de la collectivité, ce qui pose déjà quelques problèmes de voisinage. C'est un sacré travail », reconnaît Stephan Winkelmann.
1 % des voitures livrées par avion
L'agence publique Invitalia, organe du ministère italien de l'Economie et des Finances, a promis une contribution financière de plus de 100 millions d'euros aux investissements en cours à Sant'Agata Bolognese. « D'ici 2030, nous allons réduire de 40 % nos émissions de CO2 pour chaque voiture produite. L'effort portera sur l'ensemble de la chaîne de valeur, y compris la logistique et les fournisseurs », prévient Stephan Winkelmann. Lamborghini ne part pas de zéro : au cours des cinq dernières années, la part de la logistique ferroviaire est passée de 4 % à 35 %. Le recours au transfert aérien pour les véhicules finis a été ramené de 18 % à 1 %.