Automobile : peut-on encore sauver les fonderies françaises ?
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STEPHANE MAHE
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Le moins que l'on puisse dire c'est que le timing de la communication de Renault apparaît décalé avec l'agenda social du groupe. Trois jours après l'annonce par la direction du constructeur de ses engagements RSE (responsabilité sociale et environnementale), la Fonderie Bretonne de Renault s'est embrasée : usine de Caudan (Morbihan) bloquée, direction séquestrée mardi, palettes d'expédition confisquées... Des actes condamnées par la direction qui, dans un communiqué publié mardi soir, appelait au calme, en rappelant que les discussions étaient encore en cours avec deux repreneurs potentiels de ce site, dont la cession a été annoncée le 11 mars dernier. 350 salariés sont concernés.
En réalité, le feu couve sur l'ensemble des fonderies françaises. Les trois fonderies du groupe indien Gupta Family Group (deux dans la Vienne et une dans l'Indre, près de Châteauroux) sont en redressement judiciaire, et les 860 salariés espèrent un repreneur. Dans l'Aveyron, région déjà menacée par la fermeture d'une usine Bosch, c'est l'avenir de l'entreprise SAM (364 salariés) qui semble toujours dans l'impasse, un an après son placement en redressement judiciaire.
Lire aussi: La SAM, l'autre désastre industriel de l'Aveyron
Le gouvernement a reconnu que la situation était extrêmement critique pour la filière de la fonderie française. Lundi, à l'issue d'une réunion pour réactualiser le contrat stratégique de filière automobile, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, a souhaité mettre en place un plan d'actions spécifique pour sauver les fonderies françaises avec un fonds doté de 50 millions d'euros pour accompagner la formation des salariés, et la reconversion des sites.
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Il a rappelé que la fonderie représentait 355 entreprises en France et 30.000 emplois directs, dont 15.000 dédiés à l'industrie automobile. Selon lui, les fonderies françaises souffrent de leur dispersion et de leur relative petite taille. Il a également relevé qu'elles étaient mal positionnées pour préparer l'après voiture thermique.
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