Automobile : un an après sa sœur, clap de fin pour la fonderie Aluminium du Poitou

Début 2020, le constructeur français avait annoncé un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans, prévoyant 4.600 suppressions d'emplois sur 48.000 en France, et plus de 10.000 hors de France. Alors que les deux Fonderies du Poitou ferment, la marque au losange a néanmoins trouvé un repreneur, le fonds d'investissement allemand Callista Private Equity, pour celle de Bretagne.
Le tribunal de commerce de Paris a prononcé mardi la fermeture définitive de la Fonderie du Poitou Alu, usine qui fabriquait des culasses en aluminium pour Renault.
Le tribunal de commerce de Paris a prononcé mardi la fermeture définitive de la Fonderie du Poitou Alu, usine qui fabriquait des culasses en aluminium pour Renault.

La page des fonderies françaises continue de se tourner. Un an après l'usine Fonderie du Poitou Fonte, qui produisait pour Renault des carters diesel, c'est au tour de l'usine sœur, Fonderie du Poitou Alu, de fermer. Le tribunal de commerce de Paris a prononcé mardi la fermeture définitive de cette usine qui fabriquait des culasses en aluminium pour Renault. Ce sous-traitant automobile employait 290 salariés dans la Vienne, près de Châtellerault. « Il n'y avait pas eu de suspense. Tout s'est arrêté le 30 juin dernier. Les salariés sont depuis chez eux dans l'attente de leur licenciement », a déclaré à l'AFP Jean-Philippe Juin, délégué syndical CGT et porte-parole de l'intersyndicale CGT/CFE-CGC.  

Après 41 ans d'épopée industrielle, « ça se termine sans faire de bruit. On a obtenu le minimum qu'on pouvait nous octroyer, notamment en ce qui concerne la prime supra-légale », a précisé le syndicaliste. Une dernière réunion de négociation du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est prévue mercredi pour fixer le calendrier, dont la date d'envoi des lettres de licenciement. Un accompagnement social a été signé avec le groupe Renault.

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600 emplois en moins en un an

Basée à Ingrandes-sur-Vienne, la Fonderie du Poitou Alu était une filiale du groupe Alvance de l'Indo-Britannique Sanjeev Gupta jusqu'à son placement en redressement judiciaire il y a un an. Le site avait obtenu deux sursis en octobre et janvier dernier pour trouver un repreneur. À chaque fois sans succès. « C'est une page qui se tourne. C'est douloureux. On a fait des propositions de reconversion, on avait demandé à nationaliser l'entreprise le temps de convertir l'usine vers l'électrique, car des entreprises étaient intéressées. On n'a pas été entendus par l'Etat », selon le syndicaliste. L'usine mitoyenne, Fonderie du Poitou Fonte, qui produisait pour Renault des carters diesel, a fermé, elle, ses portes l'été dernier. « Cela fait 600 emplois qui disparaissent en l'espace d'un an alors que nous étions près de 2.000 salariés dans les années 1990/2000 », a encore souligné le représentant syndical.

Renault choisit le fonds allemand Callista pour reprendre la Fonderie de Bretagne

L'annonce de cette fermeture intervient alors qu'une autre Fonderie, en Bretagne, va être reprise. La marque au losange y fabrique des pièces de sécurité et des pièces pour les moteurs et les boîtes de vitesses, qui équipent aussi des BMW. Renault, qui avait acté la mise en vente de cette usine en mars 2021, ce qui avait déclenché un mouvement de grève de deux mois, a finalement choisi le fonds d'investissement allemand Callista Private Equity pour reprendre cette Fonderie de Bretagne située à Caudan (Morbihan). La nouvelle a été faite lors d'un comité social et économique extraordinaire (CSE) sur le site de la Fonderie, qui emploie 285 salariés en CDI et 20 intérimaires près de Lorient.

« Le projet industriel porté par Callista, dont le siège social est basé à Munich, correspond aux engagements pris par Renault Group de parvenir à une exploitation rentable du site notamment grâce à un investissement massif, une restauration de la compétitivité et une capacité à se diversifier et identifier de nouveaux marchés », a déclaré le groupe à l'issue du CSE.

Interrogé par l'AFP, Renault a précisé qu'il accompagnera la revente par un investissement de 32 millions d'euros pour « moderniser le processus de fusion, la ligne de noyautage, et pour créer une deuxième ligne de sortie afin de passer des pièces plus grosses pour d'autres types de clients ». Renault et Callista présenteront le plan de reprise plus en détails lors d'un CSE extraordinaire le 11 juillet.

En difficulté, le constructeur français avait annoncé début 2020 un plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans, prévoyant 4.600 suppressions d'emplois sur 48.000 en France, et plus de 10.000 hors de France. Le président de Renault Jean-Dominique Senard avait évoqué au printemps 2020 cette usine bretonne qui n'avait « pas vocation à rester dans le groupe Renault ». Héritière des Forges d'Hennebont, créées en 1860, la Fonderie de Bretagne est implantée à Caudan depuis 1965. Le groupe avait déjà revendu l'usine en 1999 à Teksid-Fiat, avant de la reprendre en 2009.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 06/07/2022 à 16:19
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il faut obliger segolene royal a racheter la fonderie avec l'argent de sa region et y faire des investissements ' pas rentables', afin de transformer cette fonderie en leader mondial de la voiture electrique; elle sait faire elle l'a prouve avec heul...

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