Alliance Renault-Nissan : comment Carlos Ghosn est devenu irremplaçable

 |   |  1762  mots
Le Pdg du groupe Renault a accepté une baisse de salaire de 30% pour neutraliser le principal grief à son encontre.
Le Pdg du groupe Renault a accepté une baisse de salaire de 30% pour neutraliser le principal grief à son encontre. (Crédits : Reuters)
Alors que le patron de Renault vient de nommer son numéro deux, Thierry Bolloré, la question de sa succession à la tête de l'Alliance avec le japonais Nissan est loin d'être résolue. L'ingérence de l'État français trouble le jeu et contraint Carlos Ghosn à reprendre en main un projet à bout de souffle.

C'est à un véritable aveu que s'est livré Carlos Ghosn, vendredi 16 février, lors de la présentation des résultats financiers du groupe Renault. Alors que le constructeur automobile affiche des chiffres records, le Pdg du groupe admettait pour la première fois que la pérennité de l'Alliance avec Nissan faisait débat.

« Je n'ai pas de problème, moi, mais je comprends que tout le monde s'interroge sur la suite, car je ne serai pas éternel. C'est ce que je dois résoudre pour le prochain mandat qui m'a été confié par le conseil d'administration », a déclaré plein d'assurance le charismatique patron de Renault.

Pour tous ceux qui connaissent Carlos Ghosn, cette déclaration a pu surprendre car, jamais jusqu'ici, il n'avait reconnu la fragilité de l'Alliance avec Nissan. Encore moins au moment où celle-ci se targue d'être devenue le premier constructeur automobile mondial. C'est donc au faîte de sa gloire que Carlos Ghosn se dit prêt à rebattre les cartes. Il aurait en fait intégré un paramètre auquel il avait tenté de se soustraire : la dimension politique qu'implique une alliance entre deux entreprises étrangères. Car l'homme aux trois nationalités (brésilienne, française et libanaise) n'a jamais caché sa détestation des ingérences politiques dans les affaires privées.

« Au Japon, il a joui d'une aura exceptionnelle et d'une tranquillité quasi absolue dans le redressement de Nissan. En France, il est continuellement l'objet de critiques autour de sa rémunération, et l'État ne cesse de se mêler de sa stratégie. En plus de mal vivre cette situation d'un point de vue personnel, il juge que la puissance publique le freine dans sa gestion stratégique », décrypte un ancien collaborateur de Carlos Ghosn.

Cela ne l'a pas empêché d'encaisser les coups avec une chance qui frise l'insolence : la fausse affaire d'espionnage, les polémiques récurrentes autour de son salaire, les poursuites autour d'une affaire de diesel truqué, sans parler de cette joute, aussi improbable qu'inattendue, après le raid boursier opéré par l'État français sur le capital de Renault, pour l'obliger à adopter la règle des droits de vote double. Le gouvernement n'a pourtant pas cherché à le remplacer, pas plus que Carlos Ghosn n'a menacé de démissionner.

Lire aussi : Carlos Ghosn reconduit à la tête de Renault, ampute son salaire de 30%

De l'ambition toute en pondération

« Son bilan économique est impressionnant et il a toujours pris soin de ne pas commettre le péché absolu qu'aucun gouvernement n'aurait pu assumer : fermer une usine en France », explique un analyste bon connaisseur du dossier.

D'autant qu'il a accepté une baisse de salaire de 30 % pour neutraliser le principal grief à son encontre. Impossible dans ces conditions de le remplacer. D'autant plus difficile que le profil pour le remplacer est compliqué. Son successeur doit obligatoirement être adoubé par les Japonais, mais il doit nécessairement être français pour être validé par le gouvernement français.

Sans parler du fait que Carlos Ghosn a également ses propres critères. Parmi les noms qui ont circulé, celui de Fabrice Brégier, patron sortant d'Airbus Commercial Aircraft, ou encore celui de Didier Leroy, numéro deux de Toyota... Si le premier a l'avantage de bien connaître l'industrie et les complexités des montages politiques, le second est connu pour être un Français qui maîtrise parfaitement la culture industrielle japonaise (en plus d'être un ancien de Renault). Mais selon des banquiers d'affaires, ces candidatures souffraient toutes les deux d'une note éliminatoire : il s'agit de forts caractères incompatibles avec la stature jupitérienne de Carlos Ghosn !

Lire aussi : Carlos Ghosn ou les limites du PDG "jupitérien"

Thierry Bolloré, un numéro deux déjà exposé

Thierry Bolloré est-il donc un choix par défaut ? Si l'homme est affable et n'est pas connu pour un tempérament de feu, il est largement reconnu pour ses qualités opérationnelles. Mais gare à la malédiction des dauphins de Ghosn. Celui-ci en a déjà épuisé deux, dont un qui a servi de fusible lors de la fausse affaire d'espionnage (Patrick Pélata), et un autre qui, justement, se montrait trop ambitieux (Carlos Tavares, parti chez PSA).

Or, Thierry Bolloré a déjà pris des risques. C'est lui qui a été dépêché pour désamorcer la crise (au moins d'un point de vue médiatique) qui a éclaté après les révélations par Le Monde de l'existence d'un logiciel de triche dans certains modèles diesel de la marque. L'affaire qui est, toujours en cours d'instruction, pourrait lui coûter très cher si l'issue de l'enquête s'avérait funeste.

« Il n'est pas encore dit que Thierry Bolloré succédera à Carlos Ghosn à la tête de Renault », nuance un analyste. « Et encore moins à la tête de l'Alliance », ajoute, cinglant, ce bon observateur de l'industrie automobile.

Un autre spécialiste du secteur, qui juge que Thierry Bolloré aura « déjà beaucoup à faire chez Renault », ajoute :

« La question de la succession à la tête de l'Alliance Renault-Nissan n'est absolument pas réglée. »

D'ailleurs, le problème semble tellement insoluble que certains imaginent une direction collégiale à la tête de l'Alliance. Un pis-aller ?

Ce qui est certain, c'est que les Japonais ont été sérieusement échaudés par le raid boursier de l'État français dans le capital de Renault. Avec cet acte d'autorité, le ministre de l'Économie d'alors, Emmanuel Macron, a pris le risque d'ouvrir la boîte de Pandore : les Japonais ont découvert que leur premier actionnaire était sous la tutelle d'un État étranger. Une situation inconfortable, mais dans ce pays où la figure du chef reste primordiale, ils ont choisi de faire confiance à Carlos Ghosn, non sans adresser des avertissements au gouvernement français.

Fusion ou pas fusion ?

Ce stress test a permis de confirmer à quel point l'Alliance était dépendante de Carlos Ghosn. La suite le confirmera, notamment lorsqu'il prendra du champ à la tête de Nissan en nommant un Japonais aux manettes du groupe, comme s'il rendait les clés de l'entreprise à un « national ».

De même, la prise de contrôle de Mitsubishi par Nissan a fait pencher l'équilibre de l'Alliance vers l'Asie. Face à cette nouvelle donne, l'État français se montre moins insistant sur la nécessité de pousser à une fusion entre Renault et Nissan. Il exige néanmoins que Carlos Ghosn consolide la pérennité de l'Alliance qu'il croyait pourtant acquise. Mais comment ? Car jusqu'ici, Carlos Ghosn a toujours écarté l'idée d'une fusion. Il estimait qu'un tel scénario était trop risqué. Selon lui, les synergies industrielles et technologiques devaient rendre « indétricotables », pour utiliser son néologisme, les termes de l'Alliance. « Sur beaucoup d'aspects encore, notamment organisationnels, nous sommes face à deux entreprises bien distinctes », souligne toutefois un analyste.

« L'Alliance est arrivée au bout d'un cycle, et elle doit passer dans une autre dimension si elle veut aller plus loin dans l'intégration. »

Mais une fusion ne va pas de soi... Elle pourrait impliquer autant de nouveaux chantiers qu'elle n'en résoudrait, sinon plus.

« Les outils industriels et l'organisation ne sont pas les mêmes. Nissan est très décentralisé, contrairement à Renault. On ne conçoit pas les voitures de la même manière au Japon qu'en Europe », confirme un analyste.

Un autre analyste, qui a pu approcher les arcanes du pouvoir Renault-Nissan, raconte :

« Il y a également des considérations culturelles extrêmement fortes. Les Japonais sont très pragmatiques, notamment dans ce que peut apporter une fusion, tandis que les Français sont plus dogmatiques. Ce sont deux approches différentes. »

Un quatrième larron

D'autant que l'Alliance n'a pas réellement rempli toutes ses promesses. « Certes, des plateformes industrielles ont été mises en place mais, quand on regarde dans le détail, le nombre de pièces communes est finalement très faible. De même, l'Alliance a complexifié le processus décisionnaire puisqu'un projet doit passer par au moins six ou sept comités décisionnaires, répartis entre les deux constructeurs et la structure de l'Alliance, sans parler des éventuelles modifications entre chaque entité », raconte un connaisseur de l'Alliance Renault-Nissan.

Mais il faut bien trouver une réponse au problème de déséquilibre organisationnel qui passera forcément par une évolution du pacte actionnarial, voire des participations croisées. Pour parer à la problématique politique, Carlos Ghosn a discrètement fait entrer un autre larron dans ce huis clos qui oppose Renault, Nissan et l'État français.

Le 16 février, il a ainsi indiqué qu'il allait « travailler à apporter des réponses à la pérennité de l'Alliance en prenant en compte les exigences des deux États ».

« L'État japonais est très attaché à l'avenir de Nissan, et il pourrait rendre les choses difficiles s'il constatait que les intérêts de cette entreprise étaient menacés », a-t-il expliqué.

Et voilà pour l'implacable rééquilibrage des forces en présence, dans le débat imposé par l'État français !

Droit dans le mur !

À cela, il faut ajouter qu'une fusion précipitée fait courir le risque que Renault soit avalé par Nissan, presque deux fois plus gros avec ses 6 millions de voitures vendues (contre 3,6 pour Renault). Et si Carlos Ghosn a décidé de prendre le sujet à bras-le-corps, c'est bien que le danger est avéré...

« Carlos Ghosn n'est pas le genre de président à dire : "Après moi, le déluge". Il est très préoccupé par son héritage », analyse un observateur du secteur.

Autrement dit, il a conscience que s'il n'agit pas, l'Alliance va droit dans le mur ! « L'avenir de l'Alliance dépendra de la capacité de l'État français à s'affranchir de ses vieilles habitudes capitalistes franco-françaises », critique un autre analyste. « Entre la nécessité d'un management avec une vision stratégique, celle d'une équipe transnationale, et l'exigence d'un passeport français, il faudra soit renoncer à quelque chose, soit trouver le mouton à cinq pattes. »

L'exploit de Carlos Ghosn était d'avoir fondé un nouveau modèle industriel dans un secteur où les fusions réussies sont rarissimes. En réalité, l'homme aux trois passeports n'est pas parvenu à créer un modèle qui s'affranchirait complètement de la dimension nationale et politique, intrinsèque à une marque automobile. Il avait pensé la faire oublier sur le fondement d'un bilan économique industriel étincelant, ne s'imaginant pas qu'il l'avait simplement enfoui sous le tapis...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/03/2018 à 14:52 :
Nissan va absorber Renault
~--~--~- ~--~--~- ~--~--~-
Très bon article, MERCI à latribune.fr et Nabil Bourassi.
Lorsqu'un petit achète un gros, que ce soit à la faveur d'une bulle boursière (AOL achetant Time Warner pour $160B en titres en 2000) ou plus encore d'un coup de force d'un État voyou (la France sur Renault pour prendre, croit-il, le contrôle de Nissan), le petit finit souvent par se faire phagocyter par le gros.
Je rappelle la manoeuvre de Macron : il voulait que les parts de l'État français dans Renault comptent double (ce qui au passage est une atteinte frontale contre la justice, la démocratie, contre l'entreprise et l'actionnariat du peuple, et en l'occurrence contre les Japonais).
Son argument était : des financiers peuvent monter un raid sur une société, y acheter des actions pour y devenir assez puissants pour changer la dite société à leur convenance, puis aussitôt fait, revendre. Pour empêcher de tels raids, Macron voulait donner un droit de vote double aux actions possédées depuis plus de X années (X = 5 IIRC).
D'abord cet argument est illogique : après la revente, dans la situation actuelle les autres actionnaires pourraient RÉELLEMENT revoter en sens inverse (la démocratie, aussi dégradée soit-elle dans les grandes entreprises, l'y est moins que dans la politique).
Ensuite l'application : sur ordre de Macron l'État français a acheté des actions Renault, y a fait passer son droit de vote double, et a revendu. Mais cette fois les votes doubles ainsi institués empêchent les autres de revoter en sens inverse. Finalement Macron a fait, en réel, exactement le raid qu'il accusait fictivement les autres de vouloir faire. C'est un véritable vol de pouvoir sur Renault et par là sur Nissan.
Les Japonais en ont forcément gardé une rancune tenace, d'autant plus profonde qu'ils n'y peuvent rien pour l'instant. Mais leurs sourires et amabilités habituelles semblent faire place au silence, ce qui en dit long si l'on se rappelle leurs traditions de diplomatie et de politesse.
Aussi il faut s'attendre à ce que Nissan, à la 1ère occasions trouvée ou construite, reprenne le dessus sur Renault. Sans dommage pour Carlos Ghosn personnellement, que les Japonais apprécient et affectionnent, ni pour Renault et la France en général, qu'ils aiment bien aussi.
NB. Carlos Ghosn est polytechnicien (X1974) et ingénieur des Mines (ce qui signifie sorti dans les 10 premiers de sa promo de l'X sur 500).
Versailles, Sat 03 Mar 2018 14:52:20 +0100
Réponse de le 04/03/2018 à 17:09 :
Est-ce une plaisanterie ?
Résultat Nissan 2017 :
https://newsroom.nissan-europe.com/fr/fr-fr/media/pressreleases/426218452/production-ventes-et-exportations-de-nissan-pour-lannee-2017
Monde : 5 769 277 +3,8% seulement, dont :
Amérique du nord (son plus gros marché) : 2 103 233
Chine (son 2ème marché) : 1 354 552
Donc 3,5 millions de voitures vendues sur les 2 plus gros marchés mondiaux ou Renault est quasiment absent ce jour.
Et comme je l’ai indiqué, le Yen faible a depuis de nombreuses années avantagé Nissan.
Renault démarre en Chine, et est plus généralement en retard sur l’Asie et absent aux Etats-Unis. Donc la marge de progression du groupe Renault est énorme. Il affiche 3 761 634 véhicules en 2017, soit 2 millions de moins que Nissan.
Avec seulement 389 419 sur les Amériques et 195 869 ventes sur la région Asie-Pacifique dont 71 137 unités en Chine pour Renault.
Pour l’Europe, Nissan est peu implanté alors que le groupe Renault y place près de 2 millions de véhicules. L’Europe sature et Renault y est chez lui, la marge de progression de Nissan en Europe est donc très faible. Pour la Russie, gros potentiel, et comme détaillé plus bas, Renault a racheté les parts de Nissan. Et Inde, Renault en phase de démarrage semble déjà très bien engagé.
Et pour ce qui concerne l’Orient et l’Afrique, histoire, soft-power et investissements français donnent un gros avantage à Renault. Idem pour l’Amérique du sud.
L’avantage de Nissan n’est que provisoire, il est remis en cause chaque jour qui passe.
Les compteurs Groupe Nissan/ Groupe Renault afficheront un ratio bien différent d’ici une dizaine d’années. L’Etat français n’a qu’à attendre et suivre l’évolution, 10 ans, 15 ans ou plus…….
Alors il sera, à un moment ou à un autre, utile de rééquilibrer le deal.
50/50 avec une voix de plus pour Renault par exemple.
Vraiment désolé pour votre french bashing, et vos délires et rêves inaccessibles et irréalistes !
Les français aussi apprécient les japonais.
Et puis stratégiquement, face à la Chine, Japon et France ont d'excellentes motivations pour serrer les coudes, dans l'économie, la Défense et le spatial.
Réponse de le 04/03/2018 à 21:19 :
"Marco1" 17:09 « Est-ce une plaisanterie ?... french bashing... délires et rêves inaccessibles et irréalistes... Les français aussi apprécient les japonais.... Japon et France ont d'excellentes motivations pour serrer les coudes »
Je ne suis pas sûr que vous ayez lu ce à quoi vous croyez apparemment répondre. Je vous suggère de lire à tête reposée mon post ET LE VÔTRE, vous verrez que nos DEUX posts sont utiles et que le mien ne mérite pas plus que le vôtre vos qualificatifs méprisants. Ce que vous posterez alors comportera sans doute moins d'insultes et davantage d'infos relevantes et je le lirai avec plaisir.
Versailles, Sun 04 Mar 2018 21:19:05 +0100
Réponse de le 05/03/2018 à 11:43 :
J'avais lu et relu votre commentaire plutôt 3 fois qu'une.
"Nissan va absorber Renault" et "d'un coup de force d'un État voyou" c'est plutôt agressif et violent !
Et méprisant pour les salariés de Renault en poste lors du sauvetage de Nissan par Renault.
Ceux là savent que cette opération a impacté durablement et difficilement Renault.
Pour rappel Daimler avait été intéressé pour reprendre Nissan avant d'abandonner.
Nissan avait du fermer 5 usines et remercier 20000 salariés, mais Renault n'était responsable de la situation catastrophique de Nissan, on ne peut pas en dire autant des dirigeants de l'époque chez Nissan et du gouvernement japonais qui n'avait pas pris ses responsabilités.
Et pour ce qui est des infos, justement, je ne me suis arrêté à l'histoire ou à un simple constat du jour (l'état des lieux). L'avenir appartient à Renault parce qu'il n'est pas présent aux USA et au Canada et vient de débarquer en Chine.
Juste retour des perfusions de cadres et d'argent pour sauver Nissan !
Et des investissements engagés et des risques pris par Renault pour son propre compte. Et personne n'ignore que C.G. était bien mieux rémunéré par Nissan que par Renault ! Et je pense que tout le monde avait bien compris la raison pour laquelle l'acquisition de Mitsubishi n'avait pas été partagée entre Renault et Nissan. Tous les coups sont permis, mais ils ne sont pas forcement gagnants !
Réponse de le 05/03/2018 à 18:15 :
"Marco1", ma réponse du Sun 04 Mar 21:18:50 à votre post du Sun 04 Mar 17:09 n'apparaît toujours pas, je me borne donc à confirmer mon post du Sat 03 Mar 2018 14:52:20.
Versailles, Mon 05 Mar 2018 18:15:20 +0100
a écrit le 01/03/2018 à 15:15 :
Très bel article, très bien écrit.
Bravo à Nabil Bourrasi
a écrit le 01/03/2018 à 13:51 :
Margerie était aussi , parait il , irremplaçable .Sauf que Total a bien du le remplacer et ne s'en porte pas plus mal .
Quant à CG , il est tellement facilement remplaçable par TAVARES que Ghosn s'est arrangé pour le faire partir .
Alors : smile !
a écrit le 01/03/2018 à 13:00 :
« L'avenir de l'Alliance dépendra de la capacité de l'État français à s'affranchir de ses vieilles habitudes capitalistes franco-françaises »
Autrement dit c'est foutu.
a écrit le 01/03/2018 à 12:00 :
Individu bouffi de suffisance qui d'un côté licencie et de l'autre cherche secrètement à gonfler son salaire déjà honteusement vertigineux. Irremplaçable ? certainement pas. Il serait aisé de le remplacer par plus compétent et moins cher...
Réponse de le 01/03/2018 à 15:17 :
RENAUD, Par vous peut-être......???
a écrit le 01/03/2018 à 11:49 :
Très bon article qui montre, sur un "business case" proche de la culture industrielle française, comment un dirigeant charismatique fait la différence au plan mondial. N'en déplaise aux français jaloux qui n'ont d'yeux que pour l’énarchie bureaucratique dominante que le monde leur envie, disent-ils.
a écrit le 01/03/2018 à 11:36 :
Non seulement l'ingérence de l'État français trouble le jeu mais de surcroit il est un très mauvais gestionnaire d'entreprises ( Areva, SNCF, EDF, etc....).
Il faut craindre le pire pour l'avenir de cette entreprise florissante car la concurrence est exacerbée et le moindre faux pas stratégique aura de lourdes conséquences....
L'état français est en train de donner des leçons de stratégie, incroyable !
a écrit le 01/03/2018 à 11:27 :
Il y a quand même un truc qui m'échappe : Renault est l'actionnaire principal de Nissan et même presque l'actionnaire majoritaire avec 44% du capital. Renault a redressé Nissan qui sans cela aurait fait faillite. En quoi il faudrait désormais rééquilibrer ou faire quoi que ce soit? Nissan est devenu une filiale de Renault, plus grosse que Renault lui même, certes, mais filiale tout de même, donc c'est bien Renault, avec ses droits de vote, qui décide ce qu'il veut!
Depuis quand une filiale dicte-elle sa loi à sa maison mère?????
Il serait bon que la France cesse de s'agenouiller devant les autres pays (Alstom énergie annexé quasi-militairement par les US, Nexter donné aux allemands pourtant plus petits de Krauss Maffei...)
Réponse de le 01/03/2018 à 13:11 :
Il y a effectivement quelque chose qui vous échappe, c'est que les participations sont croisées (Nissan détient 15%de Renault mais ces 15% sont privés de droit de vote !). Et que dans le résultat de Renault, une grosse partie vient de Nissan. On est dans une situation ubuesque où la filiale est deux fois plus puissante que la maison-mère... Il faudra bien qu'un jour les aspects capitalistiques se rapprochent de la réalité économique...
Réponse de le 01/03/2018 à 15:08 :
Nissan n'a jamais été une filiale de Renault, c'est une alliance.
Renault-Nissan-Mitsubishi est un groupe lié par des participations croisées. Une société de droit néerlandais, Renault-Nissan BV, a été créée pour élaborer une stratégie commune et développer des synergies ; elle est détenue à parité par Renault et Nissan (source Wikipédia)

Nissan est le top 5 mondial 2017 avec 4 834 694 autos commercialisées. Chez les Français, Renault termine à la onzième place avec 2 275 227 autos vendues. Loin très loin de Volkswagen et ses 6 639 250 véhicules vendus et encore plus loin de Toyota avec 7 843 423 unités vendues dans le monde en 2017.
Marrant tous ces médias qui annoncent Renault comme étant le premier constructeur mondial ! Faut pas rêver !
Quant aux indispensables, aux irremplaçables....
Réponse de le 01/03/2018 à 15:34 :
J'ai bien l'impression que quelque chose vous échappe aussi !
Même avis que "de lorrain".L’acquisition de Nissan est une opération comme il en existe des centaines opérées chaque année. Et elle n’est pas à remettre en cause, surtout pas avec une prise de pouvoir de Nissan. Mais c’est l’état japonais qui pousse en ce sens. Donc, si je comprends bien, le Japon aurait raison d’avantager son poulain, mais pas la France ! Très zarbi cette logique, et ce serait l’exception qui ne confirme pas la règle.
Historique
En 1999 Renault sauve Nissan de ses créanciers qui allaient tuer la bête malade. 1400 milliards de yens d’endettement, à l’époque c’était énorme ! Nissan n’était pas rentable et n’était pas capable de se réparer seule, même si elle en avait eu les moyens, en cause plusieurs dizaines de modèles bricolés sur plusieurs dizaines de plateformes. Il fallait tout reprendre à zéro ! Renault avait immédiatement injecté 5 milliards de $ (soit plus de 10 ramené à nos jours), et a réussi ainsi à renégocier la dette de Nissan. Les investissements de Renault ne se sont pas arrêtés là. Et de nombreuses têtes de série sont parties au Japon pour soigner le malade. Traitement de choc, 20 000 licenciements. A cette époque Renault était très rentable, mais cette perte de talents et de capacité à investir pour sa maison lui aura tout de même couté très cher durant plusieurs années, encore maintenant. Ce qui est perdu ne se rattrape jamais, sauf au prix de gros efforts. Renault a donc stagné volontairement pour sauver Nissan. Nissan a profité d’un yen faible et nous n’en sommes pas responsables, …. si le Japon plante sa croissance depuis 1988.
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=JPN&codeTheme=2&codeStat=NY.GDP.MKTP.KD.ZG
Ses règles d’exportation sont plus favorables que celles des constructeurs européens, un des points de frictions dans le rapprochement des marchés UE-Japon.
Renault a aussi donné des responsabilités à des jeunes japonaises et japonais. Au sein d’une nation ultra macho, l’alliance constituée a participé à l’émancipation des japonaises, ça vaut de l’or. Mis à part cette anecdote, Renault a tellement forcé la dose que dès 2000 ou 2001, Nissan était déjà dans le positif.
Nissan aurait périclité et déposé le bilan sans Renault, point barre !
Nissan est l’une des exceptions japonaises qui croit alors que la nation plante, merci Renault !
Le Japon, un des champion du libéralisme, a donc un problème de mémoire et met les règles du libéralisme et des affaires en cause !
Et tous les trolls anti-système français sont présents pour appuyer cette contre-vérité.......
Patron de PMEs, Marco1
Réponse de le 02/03/2018 à 13:14 :
1) Pas de parité, Renault a bien sauvé Nissan suite à une acquisition.
Droit trucmuche ou pas, Renault patronne logiquement Nissan.
Même si Carlos Ghosn et l’Etat japonais souhaitent modifier cette situation.
Nissan n’a aucun droit de vote.
Sinon cet article n'existerait pas.
Renault est actionnaire de Nissan à hauteur de 43,4%.
Donc Nissan appartient bien à Renault, malgré le droit trucmuche.
Nissan est actionnaire de Renault à hauteur de 15%
Renault possède 99,4% de Dacia et 80% de Samsung Motors
Renault possède maintenant les 82,45% de l’Alliance Rostec Auto (ARA) puisqu’il a racheté les parts de Nissan en 2017. Et Rostec Auto possède 64,6% du constructeur Avtovaz.
Renault, comme Nissan, possède aussi 1,55% de Daimler.
Une société commune avec Bolloré : BlueAlliance pour l’assemblage des Bluecar à l’usine de Dieppe.
2) C'est l'Alliance qui était citée comme probable n°1 mondial.
Pour le Groupe Renault : Dacia + Samsung Moteurs + Avtovaz (Lada) + Alpine, c’est 3 761 634 véhicule en 2017, loin derrière le groupe Volkswagen proche des 11 millions.
Pour l'Alliance il faut ajouter Nissan, Datsun, Infiniti et Mitsubishi.
……..
Avec 220 milliards de CA, VW à un bénéfice d’exploitation de 14,6 milliards.
Renault est à 3,8 / 58,7 milliards.
Taux proches
..........
Brexit, les ventes au Royaume-Uni continuent le plongeon, tassement en France
http://www.acea.be/uploads/press_releases_files/20180215_PRPC_1801_FINAL.PDF
Marco
a écrit le 01/03/2018 à 10:28 :
Encore un cas de gens d’ingfluences.
Personne n’est irremplaçable.
Renault c’est grave a l’état si il existe «  encore »
Les agences Renault c’est comme des «  passoires »
N’importe qui fait n’importe quoi avec acces sur leur fichiers clients

Si l’état et l’UE veut etre «  crédibles » sur la gestion et protection des informations clients
Il faudrait «  interdire tous stockage d’informations clients dans accord ecrit de ce dernier »

C’est une histoire de «  consentement »

Sans accord , c’est de l’effraction ( premiere etape du processus de manipulation)
a écrit le 01/03/2018 à 8:04 :
Vous oubliez.... (je ne suis pas bien réveillé...)
Réponse de le 01/03/2018 à 9:04 :
Quand on tient un verre on ne boit pas une chopine l' ami !
a écrit le 01/03/2018 à 7:51 :
Dans votre publireportage vous oublié de préciser que les cimetières sont remplis de gens indispensables....😁

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :