Fusion Fiat-Peugeot : l'histoire d'un coup de bluff

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(Crédits : STEPHANE MAHE)
Inenvisageable il y a encore deux ans, la fusion des deux groupes automobiles doit pourtant être actée aujourd'hui par les actionnaires. Ce rapprochement est la conséquence d'un cheminement industriel long de 20 ans, et doit répondre aux défis industriels de l'automobile des 20 prochaines années.

Historique! La fusion qui doit être actée ce lundi par les actionnaires des groupes PSA et FCA est absolument historique à plusieurs titres. Elle scelle les destins de deux groupes centenaires mais également de deux familles traditionnellement attachées à leur indépendance. Enfin, elle installe un groupe immense (le 4ème mondial avec 185 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 8,7 millions de voitures, 14 marques, ...) dans un contexte de profonde transformation industrielle.

Pour autant, cette fusion n'était pas évidente il y a encore deux ans, et les termes de l'accord font encore débat aujourd'hui. Et pourtant, plus personne ne conteste la nécessité impérieuse de ce rapprochement industriel qui risque de remodeler le secteur automobile à l'échelle mondiale.

Fiat en quête d'un partenaire depuis 20 ans

Il faut replacer les enjeux dans une perspective historique. Depuis très longtemps le groupe Fiat cherche à s'adosser à un partenaire industriel conséquent. Ainsi, au début des années 2000, c'est General Motors, à l'époque numéro un mondial, qui vient à la rescousse du groupe italien en prenant 25% de son capital. Un partenariat qui fera long feu puisque quelques années plus tard, l'américain rompra le contrat.

En 2008, Sergio Marchionne, le patron de Fiat flaire la bonne affaire et vient en aide au groupe Chrysler, dévasté par l'effondrement du marché américain suite à la crise des subprimes. En rachetant son...

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Commentaires
a écrit le 12/01/2021 à 19:39 :
"Et pourtant, plus personne ne conteste la nécessité impérieuse de ce rapprochement ..."

Si !
Moi je la conteste.
Où est passé le projet industriel de Fiat-Chrysler seulement 6 ans après leur fusion en 2014 ?
Compte tenu des discussions sur la fusion Fiat-Crysler et Peugeot-Citroen depuis 2018, c'est seulement au bout de 4 ans que Fiat-Chrysler a remis en cause son business plan. Est-ce sérieux ?

Compte tenu de la crise systémique actuelle, quelle est la visibilité d'une telle fusion entre F-C et P-C ???

La voiture électrique n'est pas au point, elle devrait au moins doubler son autonomie ou bien sa période de charge.

Si demain une petite entreprise trouve un moyen de diviser par 2, puis par la suite encore par 2 ces 2 critères (autonomie, temps de recharge), c'est elle qui deviendra le leader mondial automobile, même face au regroupement de tous les actuels constructeurs du monde.
a écrit le 12/01/2021 à 19:32 :
"Et pourtant, plus personne ne conteste la nécessité impérieuse de ce rapprochement ..."

Si !
Moi je la conteste.
Où est passé le projet industriel de Fiat-Chrysler seulement 6 ans après leur fusion en 2014 ?
Compte tenu des discussions sur la fusion Fiat-Crysler et Peugeot-Citroen depuis 2018, c'est seulement au bout de 4 ans que Fiat-Chrysler a remis en cause son business plan. Est-ce sérieux ?

Compte tenu de la crise systémique actuelle, quelle est la visibilité d'une telle fusion entre F-C et P-C ???

La voiture électrique n'est pas au point, elle devrait au moins doubler son autonomie ou bien sa période de charge.

Si demain une petite entreprise trouve un moyen de diviser par 2, puis par la suite encore par 2 ces 2 critères (autonomie, temps de recharge), c'est elle qui deviendra le leader mondial automobile, même face au regroupement de tous les actuels constructeurs du monde.
a écrit le 05/01/2021 à 7:39 :
PSA c’est fait avaler. L’actionnariat penche coté italien. On n’a pas fini de le regretter, vous verrez. Tavares n’a pas été bon sur ce coup, ou a joué pour son compte.
Déçu
Réponse de le 06/01/2021 à 10:06 :
si au moins vous construisiez votre réflexion on en saurait plus mais là vous étalez des marronniers, en Italie on dit précisément l'inverse...
Réponse de le 06/01/2021 à 15:26 :
Le CA est composé de 11 membres ; 5 de FCA, et 5 de PSA + Carlos Tavares. Sur le papier, PSA semble avoir un avantage de 6 sur 11. Mais Lorsque Tavares partira, le CA présidé par Elkann choisira un nouveau patron. Elkann pourrait privilégier la partie Italoaméricaine. D'autant plus que l'actionnaire principal reste Elkann (14.4%), devant Peugeot+France (13.4%). Dans les faits, la partie française reste donc l'actionnaire minoritaire du deal, or celui qui décide est toujours celui qui possède le plus.
a écrit le 04/01/2021 à 19:10 :
"personne ne consteste la necessité impérieuse". C'est vite dit. On peut citer en contre exemple les marques Mazda (1,2m voitures/an) ou Subaru (0,7m voitures/an) qui vivent en indépendance et avec réussite. Ce sont des marques en santé, reconnues sur leurs marchés, innovantes et durables. PSA, avec 3,5m voitures/an peut réussir seul ou en s'alliant sur des projets. Pas besoin de se vendre à FCA qui est une marque zombie. Il suffit de voir l'état des gammes autos du groupe chrysler en amérique du nord. Ils ont besoin de sang frais parce qu'à part les RAM et les jeep, le reste est en train de mourir (chrysler et dodge). Il n'y aura bientôt plus qu'un véhicule en gamme pour chacune de ces deux marques. La seule bonne chose de tout ça, c'est qu'on va bientot voir des peugeot rebadgée dodge ou chrysler en amerique du nord pour ré-etoffer ces marques mourantes. La mauvaise nouvelle est que quand les amerloques vont avoir absorbés les technos PSA, rien ne les empêchera de dire que les usines françaises et leurs ingénieurs coutent plus cher que les usines US ou canadiennes. et alors là...
Réponse de le 05/01/2021 à 8:40 :
un inge aux USA est mieux paye qu en france. donc c est pas la qu est le risque. Par contre un ouvrier francais coute plus cher qu un mexicain mais bon renault fabrique deja le gros de ses voitures au maroc ou a l est ... On peut pas avoir des retraités vivant mieux que les actifs et apres se plaindre que toute sles entreprises delocalisent car c est trop cher de fabriquer en france
Réponse de le 06/01/2021 à 10:11 :
vous ne semblez pas au fait du monde automobile semble t'il..
Mazda se débrouille très bien tout seul, Subaru aussi, assez bizarrement ces deux marques se mettent sous l'aile de Toyota de plus en plus. Subaru est pas encore digéré totalement mais... Mazda survit seule (parce que faisant comme toutes les marques japonaises partie d'un congloméra plus large) avec de nombreux accords plus ou moins marqués avec ... Toyota, quand à Suzuki, elle rebadge purement et simplement des modèles ...Toyota.
Donc c'est sur les "petits" Japonais se débrouillent bien tous seuls, mais c'est le grand frère qui fait les devoirs...
Réponse de le 06/01/2021 à 15:48 :
C'est un peu ce que je dis. Mazda et Subaru vivent indépendamment en faisant des alliances sur des projets. Et ça marche. De plus, ces alliances sont faites avec un géant, Toyota, a l'ingénierie et à la marque forte. Inversement, si on regarde la situation de FCA, elle fait peur. Chrysler a abandonné la 300 et se focalise uniquement sur la fourgonnette Pacifica, un secteur en déclin sur lequel elle (re)débute. Un unique véhicule pour une marque jadis populaire. Dodge a abandonné sa fourgonnette ultrapopulaire Caravan, ainsi que la Journey, et l'Avenger. Il ne reste plus grand chose dans les concessions avec un unique SUV (Durango) si on excepte les muscles cars Challenger et Charger. Pour rigoler, aller voir sur le site RAM ses fourgons, ce sont des Boxer/Jumper/Ducato rebadgé et assemblé au Mexique. Fiat n'est pas en si bonne posture non plus. Seule la situation de RAM est florissante avec l'essort des pickups en amérique du nord, ainsi que Jeep avec son positionnement SUV. FCA avait un besoin urgent de moteurs et de véhicules, et vient de trouver en PSA un couteau suisse à vampiriser pour éviter de mourir.
a écrit le 04/01/2021 à 18:27 :
On ne sait pas ce que l'avenir nous dira, fiat profitera sans doute de certains moteurs psa les meilleurs de leurs segments, psa pour les gpl en retard sur Renault de l'excellent 1200 cm3 gpl à injection fiat bien plus adapté aux modes actuelles que des 3 cylindres essence turbo downsisés qu'on tente de nous faire adopter.
Quoique le gpl c'est comme le vaccin, bien difficile à faire adopter alors que technologies idéales.
a écrit le 04/01/2021 à 14:33 :
Il faut quand même espérer que toutes ces restructurations de toutes ces grosses entreprises de voitures entrainent enfin également un éloignement financier de l'Allemagne et de l'UE des groupes automobiles allemands faussant totalement le jeu de la libre concurrence.

VW combien de milliards de subventions (attention je lis le monde diplo depuis des années hein... ) ? Alors que multinationale qui truque ses voitures et teste ses diesels sur des singes et des cobayes humains. La médiocrité du déclin européen dans toute sa splendeur, avec BAYER.

L'imposture teutonne en matière d'automobile si elle s'effondrait feraient enfin avancer l'ensemble de l'activité d'un pas en avant.
Réponse de le 04/01/2021 à 18:48 :
Vous avez quelque chose attestant de ces subventions d' état? s'agissant de VW ? Merci car sur cet item, Google me méprise !
Réponse de le 05/01/2021 à 8:39 :
Oui j'ai des liens du monde diplomatique mais on me les censure jusqu'à présent, donc si tu me donnes l'autorisation je pourrais peut-être lesp ublier qui sait, c'est tellement étrange ce qu'il se passe sur ce forum hein... -_-

Je peux donc ? Vu que tu as l'air policier toi aussi... -_-

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