Les objectifs CO2 : les pistes des constructeurs pour limiter la casse
Nabil Bourassi
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« On ne se lève pas le matin pour payer des amendes », cette phrase prêtée à Carlos Tavares, PDG de PSA, en dit long sur le climat ambiant dans l'industrie automobile européenne. À partir du 1er janvier prochain, la Commission européenne va commencer à compter chacune des 16 millions de voitures immatriculées chaque année sur le continent, et infliger des bons et des mauvais points à leur fabricant.
Le but de ce jeu périlleux est que chaque constructeur respecte une moyenne de 94 grammes de CO2 par voiture vendue, sous peine d'amendes qui pourraient atteindre des milliards d'euros. Sauf que les constructeurs automobiles sont loin, très loin même, d'être dans les clous. D'après le cabinet JATO, l'écart moyen des constructeurs automobiles est de 25 grammes (données 2018). Cet écart atteint 35 grammes chez Fiat Chrysler Automobiles.
Pourtant, les constructeurs ont tous promis qu'ils ne paieront pas d'amendes. Les analystes de marché, eux, sont plus pessimistes et se demandent plutôt s'ils parviendront à limiter la casse... Pour cela, les constructeurs vont tirer sur plusieurs leviers. Le plus simple sera de pousser les immatriculations de voitures électriques avec la technique dite des ventes tactiques. Traditionnellement, il s'agit de ventes à des loueurs courte durée ou des véhicules de démonstration. Certains constructeurs ont beaucoup joué sur ce canal ces dernières années afin de faire tourner leurs usines et ne pas perdre trop de parts de marché.
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Ainsi, il n'était pas rare de voir des constructeurs afficher jusqu'à 50 % de leurs immatriculations via ces canaux non rentables qui dévalorisent les prix à la revente. Bref un cercle vicieux qui pèse comme une épée de Damoclès sur les voitures électriques, mais à court terme, les constructeurs pourraient juger moins cher de brader ces voitures que de payer de lourdes amendes. Chez Volkswagen, on a choisi de baisser directement les prix des voitures électriques. Le prix de la mini-citadine e-Up a baissé de 3.000 euros tandis que l'e-Golf coûte désormais 8.500 euros de moins.
Nabil Bourassi