C'est probablement l'un des plus gros succès automobile français de ces deux dernières décennies. Le millionième Peugeot 3008 est sorti des lignes de l'usine de Sochaux ce mardi. Lancé en 2016, le 3008 de seconde génération est bien plus qu'un best-seller, il incarne à lui tout seul la renaissance d'une industrie tricolore moribonde, qui avait raté le tournant des SUV.
C'est dans les décombres de la crise financière qu'est mené le projet de 3008. Il s'inscrit dans une remise à plat de la stratégie du groupe PSA, la maison-mère, au bord de la faillite, pour s'adapter à la nouvelle donne du marché. La baisse historique des taux d'intérêt dans la foulée de la crise des subprimes, mais aussi l'évolution du marché du neuf vers des ventes majoritairement à destination des flottes d'entreprises conduisent à reconsidérer le cahier des charges des voitures vers le fameux TCO ou coût à l'usage (une équation économique qui prend en compte le prix d'achat, le coût de la maintenance et de l'usage, et la valeur à la revente). Dans cette nouvelle configuration, les gagnants sont les marques premium (Volkswagen inclus) ou les marques d'entrée de gamme. Les généralistes, elles, se prennent une gamelle: Peugeot, Citroën, Renault, Opel...
Pour la marque au lion, il n'est plus temps de tergiverser. Il est ainsi décidé de repositionner la marque sur le segment dit généraliste premium, à l'image de Volkswagen. Carlos Tavares, PDG de PSA, impose à Peugeot de mettre en place une stratégie de pricing power (capacité à défendre les prix), se distinguant ainsi d'un Renault qui, lui, décide d'engager une course aux volumes pour compenser.