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Fiat-Chrysler et PSA officialisent leur alliance

AFP

Publié le 30 octobre 2019 à 16:25 - Mis à jour le 08 novembre 2019 à 08:12

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Les deux constructeurs automobiles PSA et Fiat-Chrysler sont tombés d'accord, ce jeudi 31 octobre, "à l'unanimité" pour mettre en oeuvre "une fusion à 50-50 des activités des deux groupes". Cette alliance doit donner naissance au quatrième constructeur mondial en nombre de véhicules vendus, derrière les mastodontes Volkswagen, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota.

[Article publié le 30/10 à 8h12, mis à jour le 31/10 à 8h45]

C'est fait. Dans une industrie automobile mondiale sous pression, PSA et Fiat Chrysler ont annoncé, ce jeudi 31 octobre, leur fusion. La nouvelle entité sera détenue à 50-50 par les deux groupes et deviendra, avec 8,7 millions de véhicules produits chaque année, le numéro quatre mondial du secteur. "Les actionnaires des deux groupes détiendraient respectivement 50% du capital de la nouvelle entité et partageraient donc à parts égales les fruits de ce rapprochement", précise un communiqué commun. Le conseil d'administration serait composé de onze membres, cinq nommés par Fiat-Chrysler, cinq par PSA avec Carlos Tavares, l'actuel patron du constructeur français comme directeur général. La fusion  se fera "sans fermeture d'usine" ont assuré jeudi les deux sociétés dans un communiqué commun, précisant que les synergies annuelles sont estimées à "3,7 milliards d'euros" hors fermetures d'usines liées au rapprochement. Le siège de la nouvelle société sera établi aux Pays-Bas et aura une majorité d'administrateurs indépendants.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire s'est félicité de l'annonce en déclarant que cette opération "offrirait aux deux groupes la taille nécessaire pour mener à bien les investissements indispensables pour faire face aux défis de la transition énergétiques". Le ministre de l'Economie et des Finances a également assuré que l'Etat français, actionnaire de PSA, restera "particulièrement vigilant" sur le maintien de l'appareil industriel en France, selon un communiqué de Bercy. Ces fiançailles sont évalué à environ 50 milliards de dollars. Les deux groupes, qui emploient ensemble plus de 400.000 personnes dans le monde, avait confirmé mercredi matin être en pourparlers pour créer le numéro 4 mondial du secteur. L'annonce a plu aux investisseurs : vers 15H10 GMT, PSA progressait de plus de 2% à la Bourse de Paris, tandis que Fiat Chrysler Automobiles (FCA) grimpait de plus de 9% à Milan.

Selon des sources concordantes, un conseil d'administration de PSA se tenait mercredi après-midi. L'accord devait même "se faire rapidement", selon une source proche du dossier. Ces discussions intervenaient quelques mois seulement après l'échec cuisant d'un projet de fusion entre Fiat Chrysler et Renault, numéro un français de l'automobile. Dans des communiqués laconiques, Fiat Chrysler comme PSA s'étaient contentés de faire état de "de discussions en cours" pour "créer l'un des principaux groupes automobiles mondiaux". Une source proche du dossier, confirmant des informations du Wall Street Journal, avait indiqué à l'AFP que les discussions portaient sur une fusion entre égaux, en notant que d'autres options étaient également sur la table. Le président du directoire de PSA Carlos Tavares deviendrait directeur général de la nouvelle entité, dont le conseil d'administration serait présidé par le patron de Fiat Chrysler (FCA) John Elkann, héritier de la dynastie Agnelli. La valorisation boursière de l'entité fusionnée est évaluée à environ 50 milliards de dollars (45 milliards d'euros).

Complémentarité

Ce rapprochement permettra de coller au peloton de tête du secteur, en donnant naissance au quatrième constructeur mondial en nombre de véhicules vendus, derrière les mastodontes Volkswagen, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota. PSA a vendu 3,9 millions de véhicules l'an dernier, pour un chiffre d'affaires de 74 milliards d'euros. FCA a de son côté écoulé 4,8 millions de véhicules, pour 110 milliards d'euros. Le couple contrôle les marques Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot et Vauxhall.

A l'heure où le marché automobile mondial est confronté à une conjoncture morose, et à des défis technologiques majeurs liés à l'essor des véhicules électriques, "c'est un remarquable rebondissement pour PSA, qui avait frôlé la mort en 2012", observait Michael Hewson, analyste du courtier CMC. Le constructeur n'avait été sauvé de la faillite que par l'entrée à son capital de l'État français et du chinois Dongfeng, au côté de l'autre actionnaire de référence, la famille Peugeot. Une fusion permettrait à PSA de revenir par la grande porte sur le marché américain grâce aux Jeep et aux pick-up Dodge RAM de son fiancé. Fiat Chrysler de son côté consoliderait ses positions en Europe, où le groupe souffre de n'avoir pas suffisamment renouvelé sa gamme.

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"Camarade encombrant"

"Tant le groupe FCA que PSA ont besoin d'une alliance", a commenté mardi le secrétaire général du syndicat Fim-Cisl, Marco Bentivogli, auprès de l'agence italienne AGI, relevant que des contacts avaient déjà été pris par le passé.

Même tonalité prudemment optimiste chez Force ouvrière, premier syndicat chez PSA.

"Je reste méfiant, mais je vois pas mal d'avantages[...]cela permettra à PSA d'avoir une taille plus importante vis-à-vis des gros, comme Toyota ou Volkswagen, et pour Fiat, d'accéder à une technologie qui leur permettra de respecter les futures normes d'émission de CO2", a réagi Patrick Michel, secrétaire général du comité de groupement PSA pour FO.

Lire aussi : PSA : malgré un trimestre mitigé, les marchés applaudissent

"Des premiers éléments transmis par la Direction du Groupe à ce sujet [mercredi] matin", il apparaît "qu'il n'est pas prévu de fermeture de site en France dans le cadre de ce projet", a de son côté indiqué le syndicat CFE-CGC dans un communiqué. Mais les jeux ne sont pas faits, avec ce "camarade encombrant" qu'est l'État français, comme le décrit M. Hewson. Dans ses négociations avec Renault, Fiat Chrysler avait rapidement jeté l'éponge, n'ayant pas pu obtenir un engagement du constructeur français, freiné par l'État actionnaire.

Vigilance des deux côtés de la frontière

Or, l'État français est aussi représenté au capital de PSA, via la banque publique d'investissement Bpifrance qui détient environ 12%. Bercy a averti mercredi "suivre avec attention" les discussions engagées, prévenant que Paris se montrera "particulièrement vigilant" sur l'emploi, la gouvernance et l'empreinte industrielle de l'éventuel ensemble.

La réaction à Rome a été plus distante. "Il s'agit d'une opération de marché et je pense qu'il est approprié ne pas faire de déclarations à ce sujet", a déclaré le ministre italien du Développement économique, Stefano Patuanelli.

À lire également

  • Pourquoi Fiat est condamné à fusionner
  • Fiat-Renault : un coup de massue pour Senard
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De son côté, le vice-ministre de l'Economie Antonio Misiani a estimé "vital de préserver les sites" Fiat Chrysler (FCA) en Italie, mercredi lors d'un Forum de l'agence économique italienne Radiocor.

"FCA est une grande entreprise au niveau international qui dispose d'une importante présence productive sur le territoire italien, avec des milliers de salariés". Par conséquent,"le gouvernement italien observe avec attention l'évolution du secteur et l'avenir de FCA", a rappelé M. Misiani.

AFP

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