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Stellantis : la polémique sur la rémunération astronomique de Carlos Tavares refait surface à l'approche de l'AG des actionnaires

latribune.fr

Publié le 06 avril 2024 à 18:13 - Mis à jour le 06 avril 2024 à 18:13

Carlos Tavares, directeur général de Stellantis

Carlos Tavares, directeur général de Stellantis

REMO CASILLI

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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L'agence américaine de conseil aux investisseurs Glass Lewis a recommandé dans une note aux actionnaires de Stellantis de voter « contre » la rémunération du directeur général du groupe automobile, Carlos Tavares, qui pourrait atteindre jusqu'à 36,5 millions d'euros pour l'année 2023.

Alors que Stellantis a procédé à plusieurs plans de licenciements dans le monde et prévoit jusqu'à 1.520 départs volontaires à Turin, siège historique de Fiat, les actionnaires du constructeur automobile se prononceront lors de l'assemblée générale du groupe du 16 avril sur la rémunération pharaonique de son directeur général, Carlos Tavares. Celle-ci pourrait atteindre jusqu'à 36,5 millions d'euros pour l'année 2023 grâce à une prime de performance de 10 millions d'euros au titre de la « transformation » du groupe créé en 2021. Un tel niveau agace. L'agence américaine de conseil aux investisseurs Glass Lewis a recommandé dans une note aux actionnaires de Stellantis de voter « contre »

« Glass Lewis émet de sérieuses réserves quant à la recommandation faite aux actionnaires de soutenir le rapport sur les rémunérations à ce stade », explique l'agence américaine dans une note dévoilée samedi par Le Monde et que l'AFP a pu consulter.

« Nous pensons que des augmentations significatives de la rémunération cible du PDG dans un contexte de licenciements massifs peuvent entraîner une disparité entre la rémunération des dirigeants et l'expérience des parties prenantes (clients, fournisseurs, actionnaires, employés, banques, NDLR) », souligne l'agence.

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Prime de performance

Parmi tous les éléments constituants la rémunération de Carlos Tavares, la prime de performance de 10 millions d'euros au titre de la « transformation » de Stellantis, n'est pas suffisamment justifiée aux yeux de Glass Lewis.

« Nous sommes généralement sceptiques à l'égard de tout type de prime supplémentaire récompensant des individus pour des actions que nous considérons comme intrinsèques aux fonctions d'un dirigeant. »

La « prime de transformation » est censée récompenser Carlos Tavares en 2023 pour avoir lancé en Moselle la production de moteurs électriques et de boîtes de vitesses pour voitures hybrides, après la multiplication des ventes de voitures électriques en 2022. Son salaire fixe n'évolue pas, à deux millions d'euros par an. A contrario, son bonus de performance 2023 est en léger recul, à 11,4 millions d'euros, car la marge opérationnelle du groupe a légèrement baissé.

Licenciements

De telles compensations « peuvent susciter des inquiétudes de la part des actionnaires », relève aussi Glass Lewis, en pointant que Stellantis « a commencé à licencier des milliers d'employés supplémentaires à Detroit, Toledo et dans l'Ohio, aux États-Unis ».

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« En conséquence, nous ne pensons pas que le rapport de rémunération de la société mérite le soutien des actionnaires à ce stade », conclut l'agence en recommandant de voter « contre », comme elle l'avait fait pour la rémunération de l'année 2022.

Cette analyse rejoint celle de deux autres grandes agences de conseil citées samedi dans un article du Monde, Proxinvest et ISS. Cette dernière « évalue les émoluments du directeur général du groupe automobile à 42 millions d'euros pour 2023 (...) Un montant qu'elle juge "excessif" par rapport à celui de ses pairs », écrit Le Monde.

Les foudres d'Emmanuel Macron

Se classant parmi les patrons les mieux payés du CAC 40, Carlos Tavares s'était attiré en 2022 les foudres d'Emmanuel Macron, qui avait jugé « choquant et excessif » le montant « astronomique » de sa rétribution, validée par les actionnaires en 2023 lors d'un vote consultatif pour un montant pouvant atteindre 23,5 millions d'euros.

Le 4e groupe automobile mondial, avec ses marques Peugeot, Fiat ou Dodge, a publié le 15 février un nouveau bénéfice record de 18,6 milliards d'euros pour 2023, en hausse de 11% sur un an. Son chiffre d'affaires s'approche de 190 milliards d'euros, sur un marché automobile qui s'est repris après de longs mois au ralenti. Stellantis argumente dans son rapport qu'il faut plutôt comparer cette rémunération avec celles de multinationales comme Boeing aux Etats-Unis ou Volkswagen en Europe. Le groupe réalise en effet la majorité de ses ventes en Europe, mais tire l'essentiel de ses profits du marché américain.

La rémunération de Carlos Tavares se classait en tête de ces comparaisons en 2021 et 2022, devant Mary Barra de General Motors par exemple, mais elle est en ligne avec les performances du groupe, selon Stellantis. Les actionnaires l'avaient rejetée pour l'exercice 2021 avant de la valider pour 2022, suite à des efforts de clarification de la part du constructeur. Le président du groupe Stellantis, l'Italo-Américain John Elkann, héritier de la famille Agnelli, a également vu sa rémunération baisser, à 4,8 millions d'euros. Le géant automobile a indiqué le 15 février qu'il allait redistribuer près de 1,9 milliard d'euros à ses salariés dans le monde. En France, cela représente un minimum de 4.100 euros pour les plus bas salaires.

Les actionnaires du groupe recevront de leur côté autour de 7,7 milliards d'euros pour l'exercice 2023, entre les dividendes et un programme de rachat d'actions.

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Stellantis: accord avec des syndicats sur 1.520 départs volontaires à Turin

Stellantis a signé un accord avec des syndicats italiens prévoyant jusqu'à 1.520 départs volontaires à Turin, siège historique de Fiat. Parmi ces départs, jusqu'à 733 sont prévus dans les structures centrales (employés de bureau et cadres moyens) et 300 dans les ateliers de carrosserie de l'usine de Mirafiori, a détaillé le syndicat Uilm. L'accord concerne environ 3,5% du total des quelque 43.000 employés du géant automobile en Italie, dont 15.000 à Turin. Cet accord a été contesté par le principal syndicat du secteur, Fiom-Cgil, qui ne l'a pas signé. Ces départs volontaires surviennent alors que le gouvernement italien est en négociations avec Stellantis pour l'inciter à porter sa production en Italie à un million d'unités par an d'ici 2030.

Stellantis a augmenté sa production en Italie l'an dernier de 9,6% à près de 752.000 véhicules et si le groupe arrivait à maintenir ce rythme, l'objectif d'un million de voitures pourrait être atteint « très, très rapidement », avait affirmé fin février son directeur général Carlos Tavares.

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