Tesla : l'autopilote dans le viseur des autorités américaines
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Cette technologie apparue en 2015 permet initialement d'adapter la vitesse de la voiture Tesla au trafic routier, sans l'intervention directe du conducteur.
TYRONE SIU
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Cette technologie apparue en 2015 permet initialement d'adapter la vitesse de la voiture Tesla au trafic routier, sans l'intervention directe du conducteur.
TYRONE SIU
La scène avait suscité autant l'hilarité sur les réseaux que l'inquiétude des associations américaines d'usagers de la route. Sur cette vidéo repérée en mai dernier par l'AFP, trois hommes éméchés, cannettes de bières à la main dans une Tesla lancée à 100 kilomètres par heure sur l'autoroute, hurlent un refrain de Justin Bieber. Au volant de la voiture, aucun conducteur. L'automobile est en mode autopilote, une innovation de niveau 2 sur l'échelle de 5 qui confère le statut de voiture autonome.
Cette technologie apparue en 2015 et permettant d'adapter la vitesse de la voiture au trafic routier, portée au grand public par Tesla, est aujourd'hui au cœur de polémiques et d'enquêtes de la part des instances américaines et de la part de sénateurs. Mais ce n'est pas cette vidéo qui a déclenché les hostilités - dont la scène n'avait heureusement pas entraîné d'incident -, mais bien plusieurs accidents qui questionnent le rôle de l'autopilote. Onze se sont produits entre janvier 2018 et aujourd'hui, notamment en Californie, en Floride, dans le Michigan, et au Texas. Le dernier ayant eu lieu le 10 juillet à San Diego. Ils ont entraîné la mort d'une personne et fait 17 blessés.
Pour faire la lumière sur la responsabilité ou non de l'innovation de Tesla, l'agence américaine de la sécurité routière (NHTSA) a annoncé lundi 16 août ouvrir une enquête.
L'enquête va porter sur les Model Y, X, S et 3 de la marque américaine, mis sur le marché entre 2014 et 2021, représentant aujourd'hui environ 765.000 véhicules Tesla.
Mercredi 18 août, c'est une autre salve de critiques qui a atterrie sur le bureau d'Elon Musk, le fondateur de Tesla. Deux sénateurs américains ont annoncé vouloir saisir l'autorité de la concurrence (FTC). Pour ces élus, l'entreprise se rend coupable de publicité mensongère sur le niveau d'autonomie de pilotage de ces voitures.
De son côté, le constructeur automobile américain ne dit pas l'inverse, rappelant sur son site internet que la technologie autopilote exige "une surveillance active de la part du conducteur et ne rend pas le véhicule autonome".
Pour empêcher les abus, le constructeur a imposé des garde-fous à ses technologies d'assistance à la conduite autopilote et Full Self Driving (garer la voiture, changer de voie, s'arrêter aux feux). D'autres options sont encore en version d'essai (FSD beta). La Tesla alerte par exemple l'automobiliste et s'arrête si la ceinture n'est plus bouclée ou si les mains du conducteur ne sont pas assez sur le volant.
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Les autorités veulent renforcer leur connaissance sur ce type d'accidents impliquant une aide automatisée à la conduite. Ainsi, Tesla et les autres constructeurs automobiles qui fabriquent ce type de système devront désormais signaler les accidents graves aux autorités américaines, a annoncé en mai dernier l'agence de sécurité routière des Etats-Unis, renforçant la surveillance autour de cette technologie controversée.
Les constructeurs et exploitants des véhicules devront ainsi informer les autorités américaines des éventuels décès dans un délai d'une journée après avoir été informés de l'accident, selon un décret de l'agence de sécurité routière américaine.
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Ces événements rappellent notamment qu'il existe encore un gap important entre aide au pilotage et voiture autonome. Malgré les milliards de dollars de recherche et développement au fil des années, Tesla évolue dans la catégorie 2 sur l'échelle d'autonomie fixée par l'organisation professionnelle Society of Automotive Engineers, loin de la cinquième marche, synonyme d'autonomie complète.
(avec AFP)
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