Crise de l'immobilier : le nombre de permis de construire poursuit son inexorable chute
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La diminution des autorisations de logements concerne tous les types d'habitat (Photo d'illustration).
Reuters
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La diminution des autorisations de logements concerne tous les types d'habitat (Photo d'illustration).
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Rien de nouveau sous le soleil pour le logement neuf. Le nombre de permis de construire a baissé de 23,4% en janvier sur un an, selon les données provisoires du ministère de la Transition écologique. En janvier 2024, les autorisations de logements diminuent et s'établissent à 31.800 (-1% par rapport à décembre).
Le nombre estimé de chantiers commencés, qui suit traditionnellement de quelques mois celui des permis, serait « en repli » avec 291.100 mises en chantier sur 12 mois, une baisse de 24,6%. La diminution des autorisations concerne tous les types d'habitat : l'individuel pur (-33,1%), l'individuel groupé comprenant les lotissements (-15,5%), et le collectif (-21,1%).
Ces statistiques sont le reflet d'une profonde crise de la construction comme de l'ensemble de la filière du logement. Elle résulte en partie du resserrement de la politique monétaire. La hausse des taux ces dernières années a provoqué un renchérissement du coût du crédit, diminuant le pouvoir d'achat immobilier des acquéreurs. A cela s'ajoutent le resserrement drastique des conditions d'emprunt et le désintérêt des investisseurs pour l'investissement locatif, jugé moins rentable.
Enfin, le secteur du BTP est confronté à une flambée des coûts de construction, dans le sillage du début du conflit en Ukraine, en février 2022, ainsi qu'à la hausse des coûts de construction et des prix du foncier.
Le géant des matériaux de construction Saint-Gobain a vu son bénéfice net reculer de 11% en 2023 par rapport à 2022, en raison notamment d'une chute de 23% du chiffre d'affaires en Europe du Nord.
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De quoi forcer les acteurs du secteur à réduire drastiquement la voilure ? « On constate qu'il commence à y avoir dans certaines structures des plans sociaux », témoignait mi-février le président de la fédération de promoteurs et constructeurs Pôle Habitat FFB, Grégory Monod. « Jusqu'à présent, on était plutôt dans de l'ajustement, à savoir du non remplacement de personnes qui pouvaient partir », expliquait-il.
Selon la Fédération française du bâtiment (FFB) et la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), 300.000 emplois, tous métiers compris, pourraient être détruits dans la construction d'ici à 2025 si la crise perdure. Parmi les principaux promoteurs français, le premier d'entre eux, Nexity, a annoncé mercredi un futur plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), sans préciser à ce stade combien d'emplois seraient concernés. « On va adapter notre entreprise et nos coûts », a déclaré la PDG Véronique Bédague, « si on veut produire du logement abordable, il faut qu'on réduise les coûts ».
Le plan social concernera surtout « le périmètre des activités de promotion et des services associés », a détaillé le directeur général délégué du groupe, Jean-Claude Bassien. En 2023, Nexity avait déjà procédé à 179 ruptures conventionnelles et à 110 licenciements au sein de son pôle Promotion-construction, selon Emmanuel Brie, délégué syndical CFDT de cette branche. « C'est un PSE déguisé: les gens partent, mais avec le minimum, sans les mesures qu'un plan de sauvegarde peut offrir », dénonce-t-il.
La branche immobilière de Vinci a également admis avoir lancé le processus. « Nous avons enclenché il y a deux mois des discussions avec les représentants du personnel au sujet d'un projet de plan de sauvegarde de l'emploi, précédé d'un plan de départs volontaires, notre objectif étant de favoriser les mobilités intragroupe », a précisé la direction de Vinci Immobilier à l'AFP.
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Du côté de Bouygues, on évoque sans plus de précisions un plan de redéploiement « d'un certain nombre de collaborateurs de Bouygues Immobilier à l'intérieur du groupe ». « Aucun plan » lié à l'emploi n'est, en revanche, prévu chez Eiffage, où les réservations de logements neufs ont baissé de près de 22% et le chiffre d'affaires de la branche immobilier de 25% l'an passé, a indiqué jeudi son PDG, Benoît de Ruffray, lors de la présentation des résultats annuels du groupe.
(Avec AFP)
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