EXCLUSIF. Dix mois après sa prise de poste, la nouvelle patronne du groupement d'intérêt d'économique francilien de CDC Habitat, la filiale dédiée au logement de la Caisse des Dépôts, sort de son silence. À la tête d'un opérateur dédié au développement, à la réhabilitation et à la rénovation urbaine, Aude Debreil dévoile à La Tribune sa feuille de route.LA TRIBUNE : Vous avez pris le 6 mars la présidence du directoire de Grand Paris Habitat. Pourquoi avez-vous accepté cette mission ?
AUDE DEBREIL : Après avoir piloté des politiques publiques en ministère, créé l'établissement public foncier des Yvelines, dirigé les services du même département et managé un établissement public d'aménagement à Sénart [à cheval entre la Seine-et-Marne et l'Essonne, Ndlr], je voulais découvrir le logement de l'intérieur, rester au service de l'intérêt général et j'avais envie de découvrir le fonctionnement d'un grand groupe. Je suis arrivée juste avant le lancement du plan de soutien de CDC Habitat doté de 3,5 milliards d'euros pour acquérir 17.000 logements neufs en vente en état futur d'achèvement (VEFA). La volonté de la présidente du directoire de CDC Habitat Anne-Sophie Grave est de prioriser les secteurs en forte tension. L'Île-de-France est, vous l'imaginez, particulièrement ciblée.
Concrètement, combien d'habitats sont concernés ? Pour quelle typologie ?
Nous avions un objectif initial de 30% de logements sociaux. Aujourd'hui et après un travail avec les promoteurs, nous avons stabilisé à 20% de logements sociaux dans le cadre de ce plan de soutien au logement. Nous attachons une grande importance à la qualité environnementale des projets proposés par les promoteurs. Aussi, en 2024, 50% seront construits au seuil de la réglementation environnementale 2020, en avance sur les objectifs de 2025 et 15% sur ceux de 2028 en 2025.
Pourquoi cette baisse de la part de logements sociaux ?
Il est aujourd'hui très difficile d'arriver à des labels environnementaux qui sont très ambitieux. C'est un travail sur le long terme, autant pour les promoteurs que pour nous. D'autant qu'à la différence du plan de relance de 2020 visant à acheter 40.000 logements intermédiaires et libres en VEFA, il s'agit là d'acquérir 5.000 logements sociaux et 12.000 logements locatifs intermédiaires. Autrement dit, de l'habitat pour les classes moyennes dont les revenus dépassent les plafonds pour prétendre à des logements HLM et dont les ressources financières ne sont pas assez élevées pour le parc libre. Nous devrions ainsi faire 40 à 45% de ce plan de soutien en Ile-de-France.