Le logement accompagné frappé de plein fouet par la crise du Covid-19

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Le délégué général de l'Union professionnelle pour du logement accompagné (Unafo), Arnaud de Broca.
Le délégué général de l'Union professionnelle pour du logement accompagné (Unafo), Arnaud de Broca. (Crédits : DR)
L'Union professionnelle du logement accompagné (Unafo), un réseau de 140 structures portant 140.000 logements répartis dans plus de 1.500 lieux, est atteint en plein cœur par le coronavirus.

Accueillir les personnes et familles en difficulté, leur permettre de se loger et les accompagner pour se maintenir dans un habitat. C'est le quotidien de l'Union professionnelle du logement accompagné (Unafo), un réseau de 140 structures portant 140.000 logements répartis dans plus de 1.500 résidences sociales, pensions de famille, foyers de jeunes travailleurs et foyers de travailleurs migrants.

Depuis trois semaines, l'Unafo a des réunions régulières avec les ministères concernés, mais "les difficultés sont fortes sur le terrain", explique à La Tribune son délégué général Arnaud de Broca. "Difficultés pour expliquer le confinement, fracture numérique, manque de ressources sanitaires, forte réduction du nombre de personnel présent sur sites, accompagnement des familles monoparentales par exemple dans l'aide aux devoirs pour les enfants...", précise-t-il.

Pas d'équipements de protections pour les salariés

Les 11.000 salariés du secteur n'ont, en outre, pas d'équipements de protection et redoutent de s'exposer au risque ou de transmettre le Covid-19. L'Union professionnelle du logement accompagné a donc de décidé de mettre en place une cellule d'écoute psychologique pour tous ces hommes et femmes car "ils sont au front tous les jours, mais personne ne les applaudit tous les soirs", relève Arnaud de Broca.

Cette peur d'être contaminé ou de transmettre le virus se traduit d'ailleurs par un absentéisme de l'ordre de 50%, soit lié au télétravail, soit à la garde d'enfants, soit à la maladie. Dans ces conditions, "nous essayons de maintenir l'accompagnement par des contacts physiques et téléphoniques", témoigne le délégué général. "Tous les gestionnaires se sont organisés, mais ce n'est jamais facile."

Outre 870 résidences sociales, des petits meublés destinés aux ménages de petite taille ayant des revenus limités ou des difficultés à se loger, l'Union professionnelle du logement accompagné recense 330 pensions de familles et résidences d'accueil. Ces dernières accueillent des personnes fragiles qui ont déjà eu des accidents de la vie.

 "Il est difficile d'expliquer aux gens de rester confinés et qu'il n'y a plus d'activités collectives", raconte Arnaud de de Broca. "Nous observons malheureusement des conséquences sur leur santé mentale, avec des problèmes d'addiction et même des frictions entre résidents..."

Le Covid-19 frappe inégalement les foyers

Non seulement sur-occupés, les 200 foyers de travailleurs migrants comptent aussi des chambres communes, rendant le confinement "complexe". Quelques cas de coronavirus sont ainsi déjà apparus. "Cela reste relativement contenu, mais cela peut aller très vite", craint Arnaud de Broca. " Ce sont des gens âgés, avec de nombreux facteurs de comorbidité. Il y a vraiment le risque que cela s'accélère".

Les centres d'hébergements qui pourraient désengorger ces lieux sont déjà "submergés", rappelle le délégué général de l'Unafo. Si des gestionnaires peuvent trouver des solutions, ce n'est pas le cas de tous.

"Je crains que cela devienne une poudrière sans véritable solution lorsque des foyers entiers seront touchés. La vague est devant nous", insiste-t-il.

A l'inverse, dans les 120 foyers de jeunes travailleurs, il n'y a pas vraiment de cas avérés, assure Arnaud de Broca, même si un gestionnaire lui a raconté que des jeunes avaient prévu de faire une grande fête pour la première semaine du confinement.
Dans ces établissements, la pédagogie demeure la clé. Beaucoup de jeunes sont étrangers et il faut leur expliquer que l'attestation de déplacement change toutes les semaines. D'autres sont en apprentissage, en intérim ou en CDD, et leurs contrats se sont arrêtés. "Cette absence de ressources est synonyme de difficultés. Nous travaillons étroitement avec les associations pour anticiper et évaluer", conclut le délégué général.

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