Après la crise sanitaire, ira-t-on vers une crise du logement ?
César Armand

Photo d'illustration
Regis Duvignau
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L'activité immobilière est à l'image des Français: confinée. "Elle n'est pas à l'arrêt, mais fonctionne au ralenti en termes d'offres, de demandes et d'intermédiation", relève Richard Malle, directeur du département Recherche de BNP Paribas Real Estate. "Les annonces des Etats et de la BCE sont massives et à la hauteur des enjeux: ce sera une capacité déterminante pour enregistrer une reprise forte de l'activité des entreprises et de la consommation des ménages" croit-il savoir.
Avocate associée et responsable du pôle immobilier chez Jeantet, Catherine Saint-Geniest considère au contraire que "cela risque de prendre du temps avant de se remettre en route": "il y va y avoir un blanc et un encombrement au moment de la reprise. Evidemment, le retard ne pourra pas être comblé", insiste-t-elle.
Le marché du logement obéit en effet à deux logiques temporelles qu'il est difficile de contrecarrer. Les deux parties signent d'abord une promesse de vente qui a une validité de dix jours et pendant laquelle chacun peut se rétracter. Suivent trois mois pendant lesquels les notaires rassemblent les pièces avant la signature d'un acte authentique.
Pour pallier ces difficultés, Yann Jéhanno, président du groupe Laforêt (30.000 ventes et 40.000 biens en gestion locative en 2019), déclare, lui, avoir mobilisé "une task force pluridisciplinaire" qui répond à un numéro de téléphonique et à une adresse mail uniques. "Nous continuons à faire tourner le moteur pour suivre nos clients en cas d'achat ou de vente", poursuit-il.
Les notaires continuent d'ailleurs à jouer les intermédiaires entre les différentes parties prenantes. Dès le 18 mars, le président du Conseil supérieur du notariat (CSN), Jean-François Humbert a fait savoir qu'ils "ne [renonçaient] pas à leur mission de service public", la profession étant "dotée depuis plusieurs années des outils permettant dans la plupart des cas un travail à distance".
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Yann Jéhanno tient peu ou prou le même discours
: "Nous avons eu des signatures début mars, mais nous restons dépendants des mesures qui seront décidées dans les prochaines semaines".À lire également
D'aucuns encore, à l'image des agences immobilières dématérialisées comme Flatlooker ou Liberkeys, jugent que cela va accélérer la numérisation d'une industrie encore trop immobile.
César Armand