Les buildings en bois sortent de terre aux Etats-Unis

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T3, immeuble en bois de 7 étages au coeur de Minneapolis.
T3, immeuble en bois de 7 étages au coeur de Minneapolis. (Crédits : DR)
Permettant de stocker du CO2 pendant toute la durée de vie du bâtiment, le matériau intéresse de plus en plus d’architectes. Mais le code de la construction, de probables résistances de la part des secteurs du béton et de l’acier, ainsi que de possibles difficultés d’approvisionnement ralentissent sa progression.

Il n'en existe aujourd'hui qu'à peine plus de 200. Mais les buildings construits en bois pourraient bien devenir de plus en plus nombreux au cours des prochaines années aux États-Unis. Séduits par la capacité du matériau à stocker le CO2 absorbé lors de sa croissance pendant une centaine d'années (alors que les process de fabrication du béton et de l'acier aujourd'hui massivement employés sont au contraire très émetteurs), des architectes et des collectivités tentent de faire évoluer l'opinion publique et les codes de la construction.

Les constructions basses en bois existent de longue date, mais la technologie des panneaux contrecollés permettant de construire des immeubles de plusieurs étages (jusqu'à 18 étages comme en Norvège), apparue en Europe dans les années 1990, n'est entrée dans le code international de la construction qu'en 2015, et jusqu'en 2021, la taille des immeubles est limitée à 6 étages. À ce jour, seuls les Etats de l'Oregon et de Washington autorisent la construction d'immeubles en bois de plus de 12 étages, alors qu'il en existe en Norvège de 18 étages. La Californie est en passe de le faire également. La ville de Chicago a récemment mis à jour son code qui n'avait pas évolué depuis 70 ans, et permis la construction en 2018 du premier building en panneaux de bois, un restaurant McDonald's !

Dans ces États, les concours de design se multiplient, et les architectes sont financièrement incités à utiliser le bois. L'ONG WoodWorks a ainsi organisé un concours en Californie assorti de 500.000 dollars de bourses.

Plus résistants aux ouragans et tremblements de terre

Sidewalk Labs, la filiale d'Alphabet spécialisée dans la smart city, qui a notamment construit à Portland (Oregon) un immeuble en bois baptisé C12, a organisé plusieurs conférences pour encourager les retours d'expériences des experts de la construction, susciter le débat et faire progresser la connaissance du matériau, sans occulter ses éventuels inconvénients.

En plus de stocker le dioxyde de carbone et d'être renouvelable, les promoteurs du bois soulignent qu'il permet des constructions nettement plus légères (75% plus, dans le cas du building Carbon12 à Portland) que ne le serait un immeuble équivalent en béton et acier. Ces structures plus légères résisteraient mieux aux vents violents des ouragans et même aux tremblements de terre.

Construction plus longue et plus onéreuse

En revanche, la construction bois est plus longue et plus onéreuse que la construction conventionnelle. Un argument que ne se priveront pas de brandir les professionnels du béton et de l'acier. D'autant que d'autres difficultés pourraient entraver ce développement : le coût de transport et l'impact environnemental associé peuvent être significatifs s'il n'y a pas de ressource en bois disponible à proximité de la construction ; même chose en l'absence de fabricant de panneaux prêts à l'emploi, ce qui reste aujourd'hui encore plus rare, et, plus probable encore, difficulté à trouver architectes, designers et ouvriers habitués à travailler le bois... Il faut reconnaître que ces difficultés n'existent pas pour le béton et l'acier.

En dépit de ces obstacles, les experts anticipent néanmoins une croissance annuelle moyenne de plus de 9% au cours des cinq prochaines années sur le marché américain.

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Commentaires
a écrit le 15/08/2019 à 15:25 :
Bonjour,
je vous signalerais que le canada est très présent sur ce types de bâtiment. des bâtiments de 13 étages ont vu le jour a Sherbrooke notamment!
cdt
a écrit le 14/08/2019 à 10:54 :
Tant que pour un arbre coupé on en replante deux, toutes les constructions en bois sont largement valables, il va être difficile de se passer du béton mais que celui-ci évolue vers encore plus de qualité et durabilité ne pourra pas lui faire du mal.

Car au final c'est surtout de construire vite et mal qui détruit la nature, il n'y a pas de recette miracle.
a écrit le 13/08/2019 à 21:57 :
Bravo ! Décidément les USA sont vraiment les leaders dans ... TOUT, pourtant c'est en Norvège qu'il y a le plus grand ! La France aux ordres de Bouygues va encore rater un train !
C'est vraiment la classe, des immeubles en bois !
a écrit le 13/08/2019 à 21:46 :
Quand on voit ce qu'il reste des constructions en bois sur le passage des ouragans dans le corridor des tempètes aux USA on est en droit de douter.

Contre le vent, rien ne vaut des construction lourdes qui ne vont pas s'effondrer comme des châteaux de carte. Le seul avantage du bois c'est que ca fait moins de dégats humains quand ça s'effondre, et que vous pourrez toujours bruler les débris en attendant le passage de l'assurance.

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