"Mal du siècle" : un quart des salariés des bureaux se sent "souvent isolé"

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Tous les jeunes souhaitent une perméabilité plus grande entre les vies pro et perso, mais vivent toute immixtion comme une intrusion, insiste le directeur général délégué de SFL Dimitri Boulte. Il faut trouver l'équilibre. Le vrai réseau social demeure le lien réel, avant Linkedin ou Whatsapp.
"Tous les jeunes souhaitent une perméabilité plus grande entre les vies pro et perso, mais vivent toute immixtion comme une intrusion", insiste le directeur général délégué de SFL Dimitri Boulte. "Il faut trouver l'équilibre. Le vrai réseau social demeure le lien réel, avant Linkedin ou Whatsapp." (Crédits : Reuters)
Selon une étude de l'Ifop réalisée pour la foncière francilienne SFL auprès de 1.600 salariés d'entreprises de 10 personnes et plus, les travailleurs veulent moins télétravailler, davantage déconnecter et surtout mieux communiquer en interne. Conséquence directe : les performances des entreprises en pâtissent.

Contrairement à ce que pourrait laisser croire sa raison sociale, la Société foncière lyonnaise (SFL) est une entreprise 100% francilienne (98% à Paris intra-muros et 2% dans le croissant ouest) depuis... cent quarante ans. Pour la sixième année consécutive, la PME de 70 salariés qui détient près de 400.000 m² d'actifs d'une valeur totale de 6,6 milliards d'euros s'est associée à l'Ifop pour sonder 1.600 salariés dans des entreprises de 10 personnes.

"Les bureaux participent à l'attractivité d'une entreprise", explique Dimitri Boulte, directeur général délégué. "Notre stratégie repose donc sur trois piliers : la structure, les parties communes et les services." SFL privilégie en effet les grands plateaux horizontaux sans se mêler de l'aménagement qui relève du preneur à bail (le locataire, Ndlr), de même qu'elle travaille avec des opérateurs pour remodeler les halls, les couloirs et les restaurants d'entreprises.

L'isolement, le "mal du siècle"

Cette étude n'a toutefois vocation à connaître les besoins des salariés qui occupent ses murs, mais de prendre le pouls d'un panel représentatif de l'Île-de-France constitué par l'institut de sondage partenaire. Le premier indicateur est qualifié de "mal de siècle". 26% des salariés interrogés se sentent en effet "souvent isolés" au travail.

"C'est une réalité", insiste le DG délégué. Nous n'avons jamais autant envoyé de SMS et de mails, mais cela ne substitue pas à la relation physique. Cela va en outre induire une moins bonne performance, une difficulté pour les salariés de s'engager, et logiquement une diminution du sentiment d'appartenance."

"Le vrai réseau social demeure le lien réel, avant Linkedin ou Whatsapp"

Par ailleurs, même si 41% le pratiquent déjà, 46% des personnes sondées souhaiteraient télétravailler au moins une fois par semaine. "Le télétravail oui, mais à consommer avec modération", nuance Dimitri Boulte. "Ce n'est pas la panacée et peut renforcer le sentiment d'isolement. Que les entreprises soient conscientes des risques, comme un moindre engagement ou une moindre fidélité. Rien encore ne remplace le lien social."

Vantée comme l'outil du travailleur moderne, l'hyperconnexion génère uniquement du stress, de la dispersion et par conséquent un manque de concentration, notamment pour 68% des moins de 35 ans. "Tous les jeunes souhaitent une perméabilité plus grande entre les vies pro et perso, mais vivent toute immixtion comme une intrusion", insiste le dirigeant. "Il faut trouver l'équilibre. Le vrai réseau social demeure le lien réel, avant Linkedin ou Whatsapp."

Dégradation de la performance de l'entreprise

De quoi en battre en brèche toutes les études et toutes les actions de communication des entreprises qui promeuvent les nouvelles formes de travail comme le flex office ? "Toutes ces tendances ne doivent pas se faire au détriment de la vie sociale de l'entreprise", martèle Dimitri Boulte.

"Yahoo, qui avait dit à ses salariés "Venez quand voulez au bureau" en est "revenue" très vite après une dégradation de sa performance.

Il faut toutefois rester prudent devant de tels résultats. Comme pour chaque sondage, les pourcentages ne se fondent que sur les déclarations des uns et des autres.

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Commentaires
a écrit le 05/06/2019 à 18:37 :
" les travailleurs veulent moins télétravailler "

Étonnant ou je bosse ,c'est l'inverse.
a écrit le 05/06/2019 à 17:16 :
Les pauvres chéris! Qu ils pianotent sur les sites de rencontres.
a écrit le 05/06/2019 à 8:41 :
LA dévalorisation du salarié a commencé avec cette vague de dumping fiscale que les propriétaires de capitaux et d'outils de production du monde ont généré paupérisant et précarisant les citoyens des pays dans lesquels ils font pourtant leur argent.

ILs nous parlent actuellement des fameux "emplois non pourvus" mais ce qu'ils ne disent pas c'est qu'au lieu d'y augmenter les salaires, permettant ainsi que les gens y aillent, ils vont chercher des travailleurs roumains pour les payer 300 euros par mois comment voulez vous que le salarié français se sente valorisé alors qu'on le menace sans arrêt de le remplacer par des crèves la faim ?

Du coup nous sommes obligés de nous entraider afin de pallier à l'obscurantisme généralisé financier qui est en train de gâcher complètement la capacité de travail des citoyens français de part sa stupidité crasse.
a écrit le 05/06/2019 à 4:27 :
Les francais et leurs etats d'ames. Number one pour la conso d'anxiolytique.
a écrit le 04/06/2019 à 23:34 :
Le temple français du mal être au travail a été récemment élu : il s’agit des open spaces sordides d’Orange Gardens à Châtillon, à 2 km à pied du terminus de l’invivable ligne 13 du métro parisien. Inaugurée par Richard pdg d’orange trop content de faire des économies sur le dos de ses salariés, qui le lui rendent bien en absentéisme record, et François Hollande himself, devant un parterre de figurants payés. Pathétique
a écrit le 04/06/2019 à 20:02 :
L'isolement ou non et le bonheur sont une affaire privée. L'entreprise elle, est faite pour faire du chiffre, rien de plus; que vous vous sentiez seul ou pas n'est pas son problème. Le travail est fait pour gagner son pain et nourrir sa famille " tu gagneras ton pain à la sueur de ton front" . Le bonheur est affaire individuelle. Maintenant si une entreprise accepte d'agrémenter ses locaux pour avoir des employés plus heureux, tant mieux mais c'est denrée plutôt rare. Ce type de mesure poursuit toujours le même but: la performance et donc l'argent. Business is business, tout le reste n'est que littérature. .
Réponse de le 06/06/2019 à 4:47 :
Une entreprise travaille avec des êtres humains, pas des machines. Si elle constate que la plupart des êtres humains bossent moins bien lorsqu'ils se sentent isolés, alors elle a intérêt à limiter l'isolement. Ce n'est pas une affaire de sentiment mais bien de GRH rationnelle.

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