"Mal du siècle" : un quart des salariés des bureaux se sent "souvent isolé"

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Contrairement à ce que pourrait laisser croire sa raison sociale, la Société foncière lyonnaise (SFL) est une entreprise 100% francilienne (98% à Paris intra-muros et 2% dans le croissant ouest) depuis... cent quarante ans. Pour la sixième année consécutive, la PME de 70 salariés qui détient près de 400.000 m² d'actifs d'une valeur totale de 6,6 milliards d'euros s'est associée à l'Ifop pour sonder 1.600 salariés dans des entreprises de 10 personnes.
"Les bureaux participent à l'attractivité d'une entreprise", explique Dimitri Boulte, directeur général délégué. "Notre stratégie repose donc sur trois piliers : la structure, les parties communes et les services." SFL privilégie en effet les grands plateaux horizontaux sans se mêler de l'aménagement qui relève du preneur à bail (le locataire, Ndlr), de même qu'elle travaille avec des opérateurs pour remodeler les halls, les couloirs et les restaurants d'entreprises.
Cette étude n'a toutefois vocation à connaître les besoins des salariés qui occupent ses murs, mais de prendre le pouls d'un panel représentatif de l'Île-de-France constitué par l'institut de sondage partenaire. Le premier indicateur est qualifié de "mal de siècle". 26% des salariés interrogés se sentent en effet "souvent isolés" au travail.
Par ailleurs, même si 41% le pratiquent déjà, 46% des personnes sondées souhaiteraient télétravailler au moins une fois par semaine. "Le télétravail oui, mais à consommer avec modération", nuance Dimitri Boulte. "Ce n'est pas la panacée et peut renforcer le sentiment d'isolement. Que les entreprises soient conscientes des risques, comme un moindre engagement ou une moindre fidélité. Rien encore ne remplace le lien social."
Vantée comme l'outil du travailleur moderne, l'hyperconnexion génère uniquement du stress, de la dispersion et par conséquent un manque de concentration, notamment pour 68% des moins de 35 ans. "Tous les jeunes souhaitent une perméabilité plus grande entre les vies pro et perso, mais vivent toute immixtion comme une intrusion", insiste le dirigeant. "Il faut trouver l'équilibre. Le vrai réseau social demeure le lien réel, avant Linkedin ou Whatsapp."
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De quoi en battre en brèche toutes les études et toutes les actions de communication des entreprises qui promeuvent les nouvelles formes de travail comme le flex office ? "Toutes ces tendances ne doivent pas se faire au détriment de la vie sociale de l'entreprise", martèle Dimitri Boulte.
Il faut toutefois rester prudent devant de tels résultats. Comme pour chaque sondage, les pourcentages ne se fondent que sur les déclarations des uns et des autres.