Marseille : un audit de l’habitat indigne après l'effondrement des immeubles

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Le bilan de l'effondrement des immeubles à Marseille s'établit pour le moment à six morts.
Le bilan de l'effondrement des immeubles à Marseille s'établit pour le moment à six morts. (Crédits : Jean-Paul Pelissier)
Après la mort de six personnes dans l’effondrement de trois immeubles, ce lundi, dans la cité phocéenne, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé dans la foulée à l’Assemblée, avoir demandé au préfet de « préparer un plan de réalisation d’un audit, immeuble par immeuble ».

[Article publié le 7.11.2018 à 16h45, mis à jour le 8.11 à 14:40]

Six morts sans compter les disparus. C'est le terrible bilan, encore provisoire, à Marseille suite à l'effondrement de trois immeubles survenu ce lundi. Après le déplacement sur place du ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie dans les heures qui ont suivi le drame, c'est le ministre de l'Intérieur qui a réagi après avoir été interpellé par deux députés de la majorité à ce sujet.

Lors de la séance des questions au gouvernement de ce mercredi, Christophe Castaner a ainsi annoncé avoir demandé au préfet de la région Sud, préfet des Bouches-du-Rhône, de préparer « très rapidement » un plan de réalisation d'un audit immeuble par immeuble. L'objectif du gouvernement est double : aboutir à « un programme ambitieux de préservation des conditions de sécurité avant d'envisager les aménagement nécessaires » et à un contrat de métropole pour faire de la rénovation urbaine « une priorité absolue ».

Un Marseillais sur dix dans un logement insalubre


Dès 2015, dans le cadre d'un rapport sur le patrimoine immobilier dans la cité phocéenne, l'inspecteur général de l'administration du développement durable, Christian Nicol, avait évalué à 40.000 le nombre de logements insalubres à Marseille. Ce mardi, la députée (LREM) Alexandra Louis de la 3ème circonscription des Bouches-du-Rhônes a, elle, cité le pourcentage de 13% de logements « entrant potentiellement dans la catégorie de l'habitat indigne » et le ratio d'un Marseillais sur dix mettant en jeu « sa santé, sa sécurité, voire sa vie du fait de ses conditions d'habitat ».

Toujours sur les bancs de la majorité, Mohamed Laqhila (MoDem), élu de la 11ème circonscription bucco-rhodanienne a, lui, estimé à 100.000 le nombre de Marseillais « concernés par l'insalubrité et l'habitat dégradé », recensant 6.000 copropriétés fragiles sur les 20.000 que compte la Ville. En réponse, le ministre de l'Intérieur a, pour sa part, évoqué le chiffre de 44.400 logements insalubres : « le centre-ville de Marseille est caractérisé par un habitat des plus dégradés. »

Marseille déjà sur la liste d'un plan gouvernemental

La deuxième ville de France fait pourtant partie des 26 collectivités ciblées par le gouvernement dans le cadre du plan « Initiative copropriétés » lancé justement à Marseille le 10 octobre dernier lors du congrès HLM. L'Etat veut en effet réhabiliter voire détruire 56.000 logements sur dix ans avec une enveloppe de 3 milliards d'euros.

Parmi ceux qui contribuent à ce financement, le réseau Procivis, composé de 53 sociétés anonymes coopératives d'intérêt collectif pour l'accession à la propriété, débloquera 240 millions d'euros. Il propose des prêts aux ménages très modestes pour qu'ils puissent réaliser leurs travaux de réhabilitation.

« Sur nos fonds propres, nous allons pré-financer toutes les aides publiques et financer le reste à charge », explique à La Tribune son président Yannick Borde. « Nous ne sommes pas subventionnés, mais nous arrivons avec une expertise, un soutien financier et un maillage qui font que nous sommes rodés à ce type de dispositif. »

Le ministre du Logement et de la Ville Julien Denormandie avait alors promis « un suivi très régulier avec des chefs de projet nommés et un comité de suivi qui se réunira tous les trois mois avec l'Etat, les élus locaux et les partenaires ». Sans doute le calendrier de la mise en œuvre sera-t-il précisé dès lors que le préfet local aura remis ses conclusions.

Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, devait prendre la parole jeudi 8 novembre pour annoncer son propre plan d'action. Devant la presse, il a appelé l'Etat à prendre ses responsabilités en matière d'habitat privé, notamment en donnant des outils juridiques pour faciliter les relations entre la municipalité phocéenne et les syndics de copropriété.

Lire aussi : Marseille : Gaudin en appelle à l'Etat après l'effondrement d'immeubles

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Commentaires
a écrit le 08/11/2018 à 13:43 :
Déclin européen, tandis que nos infrastructures s'effondrent tuant les citoyens, on nous impose des politiques d'austérité qui retirent l'argent aux gens qui pourraient nous protéger.
a écrit le 08/11/2018 à 7:42 :
Pourquoi faire une audit et non pas des travaux d'urgence ou des évacation?
Parce que l'audit ne coûte rien et on pourra dire "on a fait quelque chose".
La France ne changera jamais...
a écrit le 07/11/2018 à 18:34 :
On est d'accord c'est un drame scandaleux. Mais pourquoi prendre la peine de citer uniquement LaRem et MoDem ?
Réponse de le 07/11/2018 à 19:41 :
Voyez vous c'est eux qui sont au pouvoir.

Personne ne croit à cette histoire d'audit. Par ailleurs ce qui compte n'est pas l'audit mais la destruction des logis dangereux.

Comme d'habitude avec ce gouvernement, les annonces balancent des chiffres qui n'ont aucune réalité terrestre.

C'est l'ANAH (Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat) qui est supposée financer l'essentiel de ces travaux à hauteur de 250 millions € par an sur 10 ans.

Sauf que son budget actuel de 800 millions €, en baisse de 23 millions par rapport à 2017, est incapable de fournir ces 250 millions annuels . supplémentaires et il ne peut que baisser.
En effet, le ministère du logement, dont dépend l'ANAH, verra en 2019 son budget écorné de deux milliards € par rapport à 2018.

Autant dire que De Normandie joue du pipeau

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