Martin Bouygues : « Un successeur ne doit pas être l’ombre portée de celui qui l’a choisi »
Propos recueillis par Marie-Pierre Gröndahl
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Martin Bouygues, président du groupe Bouygues
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Martin Bouygues, président du groupe Bouygues
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Il a succédé en 1989 à son père Francis à la tête du groupe familial, géant mondial du BTP et des services multitechniques. En exclusivité pour La Tribune Dimanche, Martin Bouygues, 72 ans, explique pourquoi il a choisi de nommer Olivier Roussat directeur général en 2021.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous êtes le président d'un groupe familial. Comment réfléchissez-vous à votre succession ?
MARTIN BOUYGUES - Transmettre ce qu'il avait construit était fondamental pour mon père. Certains entrepreneurs qu'il admirait n'avaient rien organisé pour qu'on prenne leur suite. Leurs sociétés ont disparu. Ces situations ont renforcé sa conviction qu'il était indispensable de préparer l'avenir. Mon père avait à l'époque des problèmes de santé. Face au temps qui passe et à la fragilité des choses, tout faire pour éviter que Bouygues ne devienne vulnérable était pour lui une préoccupation constante. Je n'étais pas le successeur pressenti, le capital familial était très réduit, et, pour autant, les choses se sont plutôt bien passées. Cette préoccupation est aussi la mienne et m'habite depuis longtemps. J'ai toujours beaucoup réfléchi à la suite.
Comment avez-vous procédé pour identifier d'éventuels successeurs ?
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En cherchant à rencontrer et à connaître de jeunes talents en interne, notamment lors de déplacements de plusieurs jours à l'étranger : en une semaine, on a le temps d'échanger et d'aborder différents sujets. Cela me permettait de me forger une opinion sur chacun d'entre eux. Parallèlement, il y a une quinzaine d'années, Bouygues Telecom a été confronté à de graves difficultés. J'avais créé cette activité. L'enjeu était donc important à titre personnel comme pour l'ensemble du groupe. Olivier Roussat en était alors le directeur général. Il est venu me présenter son plan stratégique, qui a parfaitement fonctionné. Ce moment a évidemment marqué notre relation. Il y a sept ans, j'ai pris la décision de proposer au conseil d'administration de le nommer directeur général délégué. Puis directeur général en février 2021.
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