Le site Sanofi de Toulouse a 5 ans pour devenir autonome

 |  | 701 mots
Lecture 4 min.
Manifestation de salariés de Sanofi à Toulouse, en septembre 2012. Copyright Reuters
Manifestation de salariés de Sanofi à Toulouse, en septembre 2012. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Une mission ministérielle a rendu un rapport sur l'avenir du site Sanofi à Toulouse. Elle y préconise le maintien du site de R&D de Sanofi Toulouse et propose une méthode pour le transformer sans engendrer de pertes d'emplois. La direction du laboratoire pharmaceutique, elle, prend acte de ces recommandations et indique qu'elles "vont maintenant faire l'objet d'un travail approfondi avec les partenaires sociaux". Elle s'engage à "accompagner la transition" du site et maintien son objectif de ne plus compter l'usine toulousaine parmi ses unités de productions dans cinq ans.

L'avenir des salariés du site Sanofi de Toulouse demeure en suspens. Depuis l'annonce par la direction du groupe de sa volonté de "restructurer" son activité en France, l'inquiétude est grande chez les salariés toulousains. Ils espèrent éviter coûte que coûte la fermeture du site. Ce vendredi 17 mai a été rendu public un rapport remis au gouvernement sur le sujet. Garder mais transformer: voilà, en substance, ce que recommande ce rapport remis vendredi par Jean-Pierre Saintouil, directeur du Pôle Santé de la société d'accélération des transferts de technologies de Toulouse "Tech Transfer", au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Les auteurs du rapport préconisent  "le maintien d'une entité de recherche et développement sous la bannière Sanofi" à Toulouse.

Le ministre du Redressement productif a communiqué dans la matinée de vendredi les conclusions de ce rapport aux représentants des 600 salariés et de la direction, ainsi qu'aux élus locaux à Toulouse. La direction, elle, a réagit dans un communiqué où elle réaffirme "son intention de regrouper ses activités de Recherche en France en région parisienne, en région lyonnaise et à Strasbourg". Selon Sanofi, se rapport ne remet pas en cause la nécessité de procéder à cette restructuration. Elle dit le considérer comme "une feuille de route pour transformer les structures du site de Toulouse" et "s'engage à accompagner, au cours des 5 prochaines années, la transition vers de nouvelles strcutures autonomes". En clair,  le site de Toulouse a cinq ans pour s'organiser avant que Sanofi ne se désengage définitivement de celui-ci. "La laboratoire envisage toujours un transfert des activités anti-infectieuses en région lyonnaise et celle du domaine de la cancérologie en région parisienne" confirme Jean-Marc Podvin, en charge des relations presse chez Sanofi.

Une transformation du site...

Le rapport remis par Jean-Pierre Saintouil "propose" de "transformer" le site de Toulouse en créant un centre d'"Open Innovation", une plate-forme technologique exploratoire pour "identifier de nouveaux candidats médicaments et pour valider des molécules avant la signature de contrats de licences ou de co-développement".

Le rapport préconise également la réalisation d'une "spin-off" (une scission pour la création d'entités indépendantes) dédiée au développement de solutions thérapeutiques innovantes pour le traitement du cancer. Enfin, il encourage l'installation de start-ups locales fondées par les salariés sur le site, et leur soutien par la direction de Sanofi.

"Ces propositions ne devraient pas engendrer de perte d'emplois. Sur les 612 emplois actuels, environ 500 seraient maintenus sur le site réorganisé, en tenant compte des près de 80 départs anticipés à la retraite et des différents employés qui rejoindraient les sites dédiés du groupe", à Lyon ou dans la région parisienne, estime M. Santouil dans son rapport.

Elles "vont maintenant faire l'objet d'un travail approfondi avec les partenaires sociaux" annonce le groupe pharmaceutique dans son communiqué daté du 17 mai. Pour trouver un solution acceptable par la direction comme par les salariés toulousains, encore faudra-t-il que Sanofi remplissent certaines conditions.

...qui nécessite un engagement de Sanofi

Le rapport pose en effet deux conditions: que le laboratoire s'engage à maintenir son nom pendant au minimum cinq ans, et qui'il soutienne les différentes activités du site afin de leur laisser le temps de faire la preuve de leur efficacité.

Concernant les modalités précises d'accompagnement, par exemple en terme de formation des salariés vers de nouveaux métiers, Sanofi considère - par la voix de Jean-Marc Podvin-,"qu'il est un peu tôt" pour s'engager sur quoi que ce soit.

Rappelons que le 11 mars, la Cour d'appel de Paris avait contraint le direction de Sanofi à revoir totalement son plan de restructuration de sa branche Recherche & Développement, le précédent ayant été annulé. Cependant, cela ne remettait pas en cause le fondement du projet de restructuration. Sanofi avait annoncé son intention de restructurer ce site toulousain à l'été 2012, provoquant la colère des représentants syndicaux.

LIRE AUSSI:

>> Sanofi : le site de Toulouse épargné selon Montebourg

Article mis à jour le 17.05.2013 à 18h38

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/05/2013 à 21:51 :
dans 5 ans, la cgt et fo pourront les racheter ( il faudra les forcer, d'ailleurs) en vendant leurs chateaux sociaux, et en augmentant les effectifs et les salaires... ft juste etre patient, la solidarite fera son chemin dans la justice
Réponse de le 21/05/2013 à 9:55 :
Pas de panique en tant qu'amis des patrons vous aurez eu le temps de partir vous planquer et gagner du fric ailleurs.
a écrit le 19/05/2013 à 15:26 :
Des juges et des technocrates incompétents ont donné leur avis
a écrit le 19/05/2013 à 14:58 :
La découverte et la mise sur le marché de nouveaux médicaments est de plus en plus difficile et de plus en plus onéreuse.
En parallèle, le piratage autorisé des brevets par l'industrie pharmaceutique indienne, et l'imposition des génériques le plus souvent produits à l'étranger et seulement conditionnés en France rend la recherche pharmaceutique en France de moins en moins attractive pour les labos pharmaceutique.
Ce serait étonnant que des rapports de fonctionnaires venant des ministères parisiens puisse apporter de véritables solutions amenant à un renouveau de la recherche dans ce domaine.
Réponse de le 20/05/2013 à 1:39 :
Quand un médicament tombe dans le domaine publique, il appartient à tout le monde. 95% des génériques vendus en France sont fabriqués en Europe.
Beaucoup de matières premières entrant dans la composition de médicaments non génériques sont produits hors Europe.
Réponse de le 20/05/2013 à 13:37 :
Le problème justement c'est que non seulement le développement est de plus en plus difficile et long, mais aussi qu'entre la dépose du brevet et l'autorisation de mise sur le marché, le délai avant l'arrivée sur le domaine public court aussi, ce qui raccourci le temps de rentabilisation.
a écrit le 18/05/2013 à 10:34 :
Encore des technocrates coupes des realites qui ont pondu ce rapport. Un de plus. L'industrie pharma a deja deserte la France depuis belle lurette. Elle est plus interessee par l'Asie.
a écrit le 17/05/2013 à 15:57 :
les laboratoires estiment qu'ils n'ont plus rien à découvrir comme mollécules, alors afin de préserver les bénéfices et leur redistribution, ils maigrissent, mais ce n'est que le début. Ensuite ils fermeront les usines en se targuant du fait que les coûts de fabrication sont beaucoup trop élevé. Ensuite les nouveaux marchés obligent les laboratoires à domicilier recherches et fabrication sur les lieux de vente. L'asie n'a pas eu la bétise de se doté de la fabuleuse commission européene qui permet à toutes les grandes entreprises mondiales d'avoir un formidable colosse qui tient le pied dans l'embrasure de la porte, pour déverser tous leur produits sans contrôle.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :