A Montpellier, le laboratoire HydroSciences piste l’antibiorésistance
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Rechercher les marqueurs de l'antibiorésistance dans l'environnement et les relier à l'épidémiologie humaine permettrait de dire quel rôle l'environnement peut jouer dans la diffusion de l'antibiorésistance. Si l'homme pollue l'environnement avec des bactéries antibiorésistantes, ces bactéries intègrent-elles le cycle de l'eau et contribuent-elles à amplifier l'antibiorésistance chez l'homme ? Au sein du laboratoire HydroSciences Montpellier, les chercheuses Estelle Jumas-Bilak et Patricia Licznar-Fajardo portent le projet « Antibiorésistance en milieu hydrique : étude et suivi de l'eau potable dans un territoire ». Estelle Jumas-Bilak, qui est aussi professeur praticien hospitalier et chef du service de prévention des infections au CHU de Montpellier, dirige l'équipe « Pathogène hydrique santé environnement » (PHySE-HSM). Soit 25 cerveaux au service de la recherche sur l'eau et la santé.
Pour bien comprendre les enjeux de l'antibiorésistance, elle rappelle le contexte : « À l'horizon 2050, les premières causes de mortalité dans le monde seront les infections par les agents pathogènes résistants aux traitements. Et on le sait depuis plusieurs années. Pour éviter cela, il faut mieux utiliser les antibiotiques. En France, à l'inverse des pays scandinaves, on n'a rien imposé aux Big Pharma et les tiroirs des pharmacies se sont vidés d'antibiotiques à spectre étroit à la faveur d'antibiotiques à large spectre, ce qui contribue à déséquilibrer plus vite notre microbiote et les écosystèmes. »
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Petit rappel : les antibiotiques sont des médicaments qui agissent en empêchant le développement des bactéries ou en les tuant. Les bactéries exposées aux antibiotiques évoluent et développent des mécanismes de défense qui leur permettent d'échapper à l'action du traitement, c'est l'antibiorésistance. « Depuis 2001 notre équipe travaille sur les bactéries environnementales qui présentent un danger pour l'homme, et l'antibiorésistance est au centre de nos préoccupations depuis 2012, indique Estelle Jumas-Bilak. Les bonnes pratiques médicales pour limiter la résistance aux antibiotiques sont connues, mais limiter leur impact dans l'environnement est plus difficile car cela dépend des territoires où différents facteurs jouent un rôle. Nous cherchons donc quels sont ces lieux qui présentent un risque élevé de voir l'antibiorésistance se développer. »