Comment le sous-traitant Plastivaloire veut sortir du tout-automobile

Le géant tourangeau de la plasturgie compte encore accélérer sa diversification hors de l’automobile d’ici à 2030. Une stratégie destinée à rendre Plastivaloire, qui y réalise encore 80% de ses recettes, moins dépendant de ce marché très sensible aux aléas. Explications.
La diversification est déjà une réalité chez Plastivaloire, fournisseur de la chaîne américaine Target pour ses chariots de supermarchés.
La diversification est déjà une réalité chez Plastivaloire, fournisseur de la chaîne américaine Target pour ses chariots de supermarchés. (Crédits : © Plastivaloire)

Le yoyo des achats de véhicules neufs en France, avec une baisse de près de 10% en 2022 puis une remontée de 16% en 2023, ne fait pas les affaires des sous-traitants et équipementiers. De fait, ils tentent de se diversifier sur d'autres secteurs que l'automobile.

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Chez le plasturgiste tourangeau Plastivaloirecette volonté de ne plus mettre tous ses œufs dans le même panier trouvera encore plus de résonance d'ici à 2030.

« Nous regardons tous les secteurs où existe un potentiel de croissance pour notre activité de plasturgie, précise Antoine Doutriaux, directeur général du groupe. Nous en avons identifié plusieurs qui sont attractifs, comme le chauffage et la climatisation. Nous n'excluons pas par ailleurs d'effectuer des acquisitions pour avancer plus vite ».

Le dirigeant du groupe basé à Langeais en Indre-et-Loire n'en dira pas plus sur ces nouvelles pistes de diversification, secret des affaires oblige. L'objectif poursuivi par Antoine Doutriaux est plus explicite. Dépendant encore à 80% du marché automobile, il estime y être trop exposé compte tenu de ses fortes mutations en cours, notamment en termes de motorisation électrique. Pour améliorer sa résilience, Plastivoire veut désormais élargir à marche forcée son portefeuille de clients. D'ici à 2030, la part de la diversification doit en principe atteindre entre 25 et 30% du chiffre d'affaires total qui s'est élevé à 834 millions d'euros l'année dernière.

Pousse-seringues et chariots de supermarchés

Nommé en 2021 à la tête de cette ETI familiale toujours détenue à 57% par la famille du fondateur Patrick Findeling (le reliquat de 40% est coté sur Euronext Paris), Antoine Doutriaux a largement accéléré cette stratégie déjà engagée hors de l'automobile qui reste sa marque de fabrique.

Le groupe, qui compte parmi ses clients l'ensemble des constructeurs européens, ainsi que les américains Paccar et General Motors, leur fournit les pièces plastiques des aménagements intérieurs (tableaux de bord, etc.) et extérieur (éclairages, pare-chocs).

Face aux deux principaux groupes concurrents, le français Novares et l'espagnol Maier, il opère 26 usines en Europe (dont 11 dans l'Hexagone) ainsi que quatre en Amérique du Nord, et emploie 7.000 salariés. Hors du champ de l'automobile, Plastivaloire œuvre par ailleurs sur le marché des équipements médicaux. Il fabrique notamment des pousse-seringues pour Fresenius Kabi France, filiale hexagonale du géant allemand de la santé.

L'ETI tourangelle est également présente sur le segment de l'électronique avec la fabrication des Livebox pour Sagem. Plastivaloire compte aussi dans son portefeuille de clients le fabricant d'électroménager Krupps à qui il fournit notamment les pièces en plastique de ses machines à café.

Autre marché en plein boom, le photovoltaïque. Le groupe est ainsi le sous-traitant du français GSE intégration, leader européen de l'installation de panneaux solaires dans l'habitat résidentiel. Depuis l'acquisition en 2018 du plasturgiste américain Transnav, Plastivaloire dispose d'un accès en direct aux marchés outre-Atlantique de l'automobile mais aussi de la grande distribution. Le Tourangeau figure à ce titre comme fournisseur de la chaîne Target dont il fabrique les chariots de supermarchés.

Fort endettement

La diversification de Plastivaloire, et l'accélération de sa croissance escomptée, répond également à la nécessité pour le groupe de se désendetter. Il s'agit même de la priorité des priorités, selon Antoine Doutriaux.

Due en partie au rachat de Transnav, la dette s'est élevée à 222 millions d'euros l'année dernière. « Nous étions encore à 240 millions d'euros en 2022, explique Antoine Doutriaux, à ce rythme, notre endettement se réduira significativement ces prochaines années ».

Autre indicateur encourageant pour le groupe, la remontée de l'Ebitda à 8,4% du chiffre d'affaires en 2023, après la baisse enregistrée lors de la crise sanitaire en 2019 et 2020. Le groupe pense ainsi revenir à 10% cette année, sa performance financière habituelle avant le Covid-19.