La croissance de Novo Nordisk, numéro un du marché, ralentit fortement et l'activité diabète de Sanofi est toujours dans le rouge. Aux Etats-Unis, les organismes payeurs déremboursent plusieurs traitements contre cette maladie chronique et boostent la concurrence entre les labos pharmaceutiques. Ces derniers sont forcés de baisser leurs prix.
Eli Lily s'en sort un peu mieux, mais connait des fortunes diverses. Le chiffre d'affaires de son inusilne Humalog perdait 9% au 3e trimestre. Pour se rattraper, le laboratoire américain mise beaucoup sur le Basaglar, biosimilaire (copie de médicaments issus des biotechnologies) du Lantus de Sanofi.
Le diabète en ligne de mire des organismes payeurs
"Le Diabète est pris en exemple par un certain nombre de payeurs sur les déviances de dépenses de santé, comme cela fut le cas pour les maladies respiratoires, les années précédentes", avance Eric Le Berrigaud, partenaire chez Bryan Garnier & Co, une banque d'investissement.
Seulement trois gros acteurs, mais une concurrence féroce
Si Novo Nordisk avait prévu un marché en baisse, le groupe pharmaceutique danois ne s'attendait pas à une réaction si vive de la part des organismes payeurs.
"Novo Nordisk dispose des meilleurs produits contre le diabète dans chaque catégorie. Fort de constat, le groupe pensait continuer à surfer sur une dynamique de hausse des prix. Mais ces innovations ont été jugées insuffisante par le payeur. Les insulines existent depuis plus de cent ans. A chaque demi-décennie, il y a eu des incréments, dans les innovations, des stylos plus petit, des aiguilles plus fines, des insulines améliorées."
Et d'ajouter: "Le payeur est désormais capable de proposer un contrat étroit avec l'un des trois principaux labos pharmaceutique spécialisé dans le diabète, en échange d'un important rabais."
En gagnant la confiance des organismes payeurs, en proposant un prix en baissepour son biosimilaire, Eli Lilly bouscule le marché et pousse ses concurrent à proposer des prix plus bas que prévu, y compris pour leurs nouveaux produits.
Cette concurrence est amenée à s'intensifier: le Xultophy de Novo Nordisk et le Soliqua de Sanofi (une association du Lantus et du GLP-1 Lyxuma qui a été approuvé par l'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments, lundi 21 novembre) arrivent sur le marché américain. Ces deux traitements sont une insuline de longue durée. Grâce à une molécule dénommée GLP-1, qui stimule la production d'insuline dans le pancréas "Il s'agit du traitement le plus efficace qu'on ait vu sur le diabète en une injection", assure Eric Le Berrigaud.
Sanofi tente pourtant de rassurer les investisseurs. Un responsable du groupe pharmaceutique français a expliqué à Reuters, mi-novembre, attendre un retour de la croissance dans le diabète vers 2020, misant sur le Toujeo et l'anticholestérol Praluent. Si l'objectif est atteint, une autre concurrence pourrait rebattre les cartes: celle des nouveaux dispositifs médicaux conçus par de nouveaux acteurs. Ils laissent entrevoir l'arrivée d'un système auto-générateur d'insuline dans quelques années, ce qui pourrer augmenter la concurrence entre les Sanodi et autres Novo Nordisk.