Sanofi multiplie les efforts pour protéger le Lantus, son produit phare en déclin

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Au premier semestre, les ventes du Lantus chutent de 15,3% sur un an, à 2,42 milliards d'euros.
Au premier semestre, les ventes du Lantus chutent de 15,3% sur un an, à 2,42 milliards d'euros. (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
Le géant pharmaceutique français attaque le laboratoire MSD qu'il accuse d'enfreindre les brevets du Lantus. Sanofi tente de ralentir l'érosion inexorable de cette insuline qui génère encore plusieurs milliards d'euros par an de chiffre d'affaires.

Comme beaucoup d'autres laboratoires, Sanofi s'acharne à défendre un traitement lucratif suite à la chute de son brevet. Le groupe français a intenté une nouvelle action en justice contre le laboratoire américain MSD (Merck & Co), mardi 8 août. Le groupe français l'accuse d'avoir violé deux brevets du Lantus et du Lantus Solostar. Selon Sanofi, la société américaine a déposé à la FDA (Agence américaine des médicaments) une demande pour lancer une insuline glargine dotée des effets du Lantus "avec une certification [...] contestant tous les brevets de Sanofi répertoriés". Déjà en septembre 2016, Sanofi avait attaqué l'industriel américain de la santé, jugeant qu'il enfreignait une dizaine de brevets du Lantus avec son produit concurrent.

L'insuline phare de Sanofi en difficulté dans le marché américain

Depuis la chute du brevet du Lantus en 2015, le géant pharmaceutique tente de retarder l'arrivée de nouveaux produits concurrents reproduisant les effets de cette insuline, ou d'obtenir des dédommagements financiers, tandis que le Lantus subit d'importantes secousses sur le marché américain qui représente plus des deux tiers de ses ventes.

Sanofi avait ainsi lancé une action en justice contre Eli Lilly en 2014 l'accusant de violer plusieurs brevet sur son insuline et la façon de la délivrer. Finalement, l'action s'était soldée par un accord entre les deux sociétés, permettant à Sanofi de toucher des royalties. Par cette action, Sanofi est également parvenu à repousser de quelques mois la sortie du Basaglar, le biosimilaire d'Eli Lilly, aux Etats-Unis. Le traitement a finalement été lancé en décembre 2016. Mais l'arrivée de cette copie du Lantus, vendue 15% moins chère que l'original, a convaincu le géant américain d'assurance santé et de pharmacie CVS Caremark de dérembourser le Lantus, à partir de 2017.

Suite à cette décision, le laboratoire français a également dû se défendre en justice face à son concurrent Novo Nordisk. La société danoise affirmait dans une campagne promotionnelle que le Lantus et le Toujeo n'allait plus être disponible pour bon nombre de patients suite à la décision de CVS. Des allégations "fausses et trompeuses", a fait valoir le géant pharmaceutique français.

La prochaine offensive contre le traitement phare de Sanofi pourrait venir du laboratoire Mylan, spécialisé dans les génériques. Ce dernier, qui cherche à lancer une copie du Lantus, "conteste la validité des revendications" des brevets du groupe français sur le Lantus, indique Sanofi dans son bilan du premier semestre de l'année.

Erosion continue des ventes

Après avoir atteint un pic à 6,4 milliards d'euros de ventes annuelles en 2015 le Lantus est tombé 5,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2016. Entre 2010 et 2015, le prix du traitement de Sanofi avait bondi, mais désormais le laboratoire doit changer sa politique de prix face à la forte concurrence, sans compter les soupçons d'ententes avec les autres laboratoires sur la hausse des prix au début des années 2010.

Au premier semestre, les ventes du Lantus chutent de 15,3% sur un an, à 2,42 milliards d'euros, entrainant une baisse de 4,5% du chiffre d'affaires de son activité Diabète & Cardiovasculaire. En ralentissant l'érosion de son insuline phare, Sanofi espère se donner du temps pour faire croître les ventes de nouvelles insulines, comme le Soliqua, mais également apporter de la valeur ajoutée dans le suivi des diabétiques avec sa future plateforme de médecine personnalisée.

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Commentaires
a écrit le 09/08/2017 à 17:47 :
Parfait, surtout ne pas proposer de traitement à base de cellules souches cela ne serait pas bon pour le porte monnaie. 50 ans et toujours pas de rebellion les affaires sont bonnes.
Réponse de le 09/08/2017 à 18:51 :
Les soins sont aussi à la carte ça doit exister mais pour des privilégiés.
Tout le monde est gentil ça n'existe pas, l'argent passe avant la vie humaine c'est pour ça que la prévention c'est la base.
a écrit le 09/08/2017 à 17:22 :
Les déboires du monde pharmaceutique avec la conjoncture de la crise économique et mondiale.
Le diabète est au 4 ou 5 position ?
Après l'avc,cancer,crise cardiaque...
La prévention contre le diabète sera toujours la plus grande arme
Une prévention dans les écoles, imposer des baisses de quotas de sucre dans les produits industriels.

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