France Industrie réfléchit sur comment relancer l'industrie française sur un plan en trois étapes. Des pistes de travail qui sont évoquées dans un document interne que La Tribune a pu consulter.Dans un document interne que La Tribune a consulté, France Industrie,
l'organisation professionnelle représentative de l'industrie en France, tente d'anticiper au mieux l'
après-crise pour l'industrie française en partenariat avec l'État, notamment avec la direction générale des entreprises (DGE). Elle réfléchit évidemment sur au moins trois étages de la fusée : l'un sur les enjeux de très court terme liés à la survie même des entreprises, l'autre sur les enjeux de moyen et long terme pour relancer l'industrie.
Au-delà, le troisième étage, "la crise Covid-19 a induit de nouveaux circuits et révèle de nouvelles expériences qui vont modifier les organisations, les comportements de travail, de consommation... donc les business models", estime France Industrie. Le président de France Industrie Philippe Varin devrait détailler ce mercredi tout ou partie de ces mesures devant la commission des affaires économiques du Sénat.
Des solutions de court terme pour sauver l'existant
A très court terme, quels sont les enjeux pour l'industrie française en sortie de crise ? France Industrie s'inquiète de la fragilité financière, qui est "un enjeu de survie pour les entreprises" même si l'organisation professionnelle estime que les mesures d'urgence mises en œuvre par Bercy fonctionnent bien et, selon elle, vont perdurer. Elle s'inquiète particulièrement des difficultés de trésorerie (fonds de roulement, crédit interentreprises et financement court terme). Elle se soucie également des baisses de notation des entreprises par les assureurs-crédit et la Banque de France. Ce qui renchérira le coût des prêts bancaires.
France Industrie se préoccupe également de la fragilité capitalistique des entreprises en raison d'un accroissement de leur niveau d'endettement durant la crise. Elle préconise de consolider le haut de bilan des entreprises à travers une enveloppe de Bercy (20 milliards d'euros) pour protéger des "actifs stratégiques" en perdition. C'est à l'Agence des participations de l'État (APE) de s'y coller en renforçant les fonds propres ou en lançant des "nationalisations temporaires". Elle pense également à Bpifrance, qui pourrait prendre des "participations minoritaires". Des pare-feux nécessaires pour repousser les menaces de "prises de participation prédatrices au capital de pépites fragilisées", selon France Industrie.