Bouclier tarifaire : le gendarme de l’énergie veut qu’EDF vende plus d’électricité à prix bradé
Juliette Raynal
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Le sort va-t-il s'acharner sur EDF ? Déjà en grande difficulté, l'électricien pourrait être mis encore davantage à contribution pour endiguer la flambée des prix de l'électricité en 2023. C'est en tout cas ce que suggère la Commission de régulation de l'énergie (CRE). En effet, lors d'un point presse, ce mercredi 1er juin, le gendarme de l'énergie a recommandé au gouvernement français de réhausser le volume d'électricité qu'EDF doit vendre à prix cassé à ses concurrents, dans le cadre de l'Arenh (l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique).
Dans le détail, Jean-François Carenco, le président de la CRE, préconise de porter l'Arenh à 130 TWh à un prix de 49,50 euros par mégawattheure "pour l'ensemble du volume". "Je souhaite que ce soit le plus vite possible", a-t-il ajouté. "Avant l'été ce serait vraiment bien", a estimé, pour sa part, Dominique Jamme, le directeur général de la CRE.
L'Arenh est un mécanisme qui oblige EDF à vendre un certain volume d'électricité nucléaire aux fournisseurs d'électricité alternatifs au prix de 42 euros le mégawattheure (MWh). Ce dispositif a été instauré en 2010, lors de l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence, pour permettre aux fournisseurs alternatifs, qui n'opèrent pas de centrales nucléaires, de vendre des électrons à des prix compétitifs.
Normalement, l'électricien vend 100 TWh par an d'Arenh à ses concurrents. Toutefois, en janvier dernier, le gouvernement l'a contraint à ajouter 20 TWh supplémentaires, au prix de 46,20 le mégawattheure. Objectif : limiter la hausse de la facture d'électricité à 4%, malgré la flambée des prix de l'énergie sur les marchés.
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A 46,20 euros du MWh, les fournisseurs alternatifs peuvent en effet bénéficier d'une production à prix bradé par rapport aux cours actuels (qui dépassent actuellement les 220 euros le MWh), afin de proposer des tarifs moins élevés à leurs clients particuliers et professionnels. Un dispositif présenté comme "exceptionnel" par Bercy, mais qualifié de "choc" par Jean-Bernard Levy, le PDG d'EDF, qui a même lancé un recours gracieux contre cette décision, le 12 mai dernier.
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Juliette Raynal