Lancée le 15 novembre, l’enquête publique visant le démantèlement du réacteur nucléaire de cette centrale bretonne se tient jusqu'au 3 janvier 2022. Le gestionnaire EDF souhaite rassurer les habitants sur le scénario de déconstruction choisi et qui prévoit dix-sept ans de chantier. En coulisses, les écologistes parlent d’un « échec pour la filière » et dénoncent les coûts globaux du projet - qu'ils estiment à 850 millions d'euros -, bien au-delà des prévisions initiales.
Le projet de démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis, exploitée par EDF, arrive peut-être dans sa phase finale. Inaugurée en 1967, cette unique centrale électrique à eau lourde en service en France avait cessé son activité en 1985. Dans le cadre de l'enquête publique lancée le 15 novembre dernier, les habitants des quinze communes des monts d'Arrée concernées par ce démantèlement, comme Huelgoat, Loqueffret et Brennilis, disposent jusqu'au 3 janvier pour exprimer leur point de vue et faire connaître leurs interrogations sur ce dossier de 2.500 pages déposé par EDF.
Suite à l'annulation du projet en 2007 par le Conseil d'État après un recours du réseau Sortir du Nucléaire, l'entreprise avait dû revoir sa copie. Cette phase finale concerne un sujet sensible. Depuis 1985, la centrale a été débarrassée des matériaux dits conventionnels et faiblement radioactifs. Aujourd'hui, EDF souhaite toucher à la cuve du réacteur, le cœur du dispositif de production d'énergie. Cette partie technique aura recours à des robots et à de la haute-technologie.
Si le projet obtient le feu vert, le chantier devrait durer dix-sept ans au moins, en comptant treize ans pour le démantèlement, deux ans pour l'assainissement de l'enceinte et deux autres pour sa démolition.
Pour EDF, cette dernière étape du démantèlement apparaît comme « un projet majeur dans le territoire breton » :
«L'objectif du projet de déconstruction est de faire disparaître du paysage des Monts d'Arrée les bâtiments de la centrale et de réaliser l'assainissement des sols visant la compatibilité avec un état final tout usage »,indique EDF à La Tribune.
« Pas de risque pour le public ni l'environnement »
Pour mieux expliquer sa démarche et son scénario de déconstruction, EDF a demandé que l'enquête publique se déroule sur un temps long de sept semaines.
Plusieurs exemplaires du dossier technique sont actuellement consultables dans les quinze mairies concernées, à la sous-préfecture de Châteaulin et à la préfecture de Quimper. Le dossier est également accessible en ligne.
Les trois commissaires enquêteurs, qui à l'issue du processus émettront un avis favorable, avec réserves ou défavorable, tiendront en parallèle une dizaine de permanences d'information dans les mairies de Brennilis et de Loqueffret.
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