A moins de trois mois de la COP28, Paris travaille à former une coalition autour d'un échéancier sur la sortie du pétrole. La fin des énergies fossiles, « c'est le cœur de la bataille internationale » pour la lutte contre le changement climatique, selon le chef de l'Etat, qui se réfère aux recommandations du Haut conseil pour le climat : « 2030 pour le charbon et 2040-2045 pour le pétrole ». Cette seconde échéance demandera « un très gros effort » pour la France, dont le mix énergétique dépend encore à plus de 40% des produits pétroliers raffinés.Alors que la prochaine conférence internationale pour le climat, la COP28, se tiendra dans un peu moins de trois mois à Dubaï aux Emirats arabes unis, septième plus grand producteur d'or noir dans le monde avec 4 millions de barils par jour, Paris travaille à trouver une date de sortie de l'ère du pétrole.
« Nous souhaitons avoir des engagements du secteur gaz et pétrole en matière de baisses des émissions de gaz à effet de serre avec des prises de position sur lesquelles nous allons pousser, probablement un objectif de sortie du pétrole, avec une échéance », a déclaré la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher lors d'une rencontre organisée par l'association des journalistes de l'énergie.
Sortie du charbon en 2030, du pétrole en 2040-2045
Pour l'heure, le ministère ne donne pas davantage de précision sur l'échéance en question, mais renvoie vers les propos d'Emmanuel Macron, interviewé ce lundi sur la chaîne YouTube HugoDécrypte. « Moi, j'ai un objectif et je reprends les termes du Haut conseil pour le climat et de sa présidente : charbon 2030, pétrole 2040-2045 », a lancé le chef de l'Etat, lors d'un long entretien consacrée à l'avenir des jeunes, en rappelant que « le cœur de la bataille internationale [pour la lutte contre le changement climatique, ndlr], c'est la sortie du charbon et du pétrole ». Le président de la République a aussi précisé travailler sur un agenda d'ici la fin de l'année et vouloir le porter « à l'international ».
« Cette COP28, de par son pays hôte, fait que cela cristallise les attentes de la société civile, mais aussi de certains Etats comme la Colombie, sur la sortie des énergies fossiles », commente Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au sein de l'ONG Réseau action climat. « La France pousse dans cette direction car il faut répondre au narratif des pays producteurs, qui est : la demande de consommation reste très grande, donc nous continuons de produire », poursuit-elle. Un discours que reprennent régulièrement les majors pétro-gazières, dont le français TotalEnergies, lequel n'a pas, pour le moment, répondu à notre sollicitation.