EDF prêt à acheter à GE la branche nucléaire de l'ex-Alstom

Cela fait un peu plus d'un an que le groupe américain, empêtré dans de nombreuses difficultés financières, a fait savoir son intention de vendre plusieurs de ses actifs dont ceux rachetés à Alstom en 2014. Mais, EDF intéressé? Quand "La Tribune" a dévoilé en août dernier les négociations occultes, personne ne s'y attendait, tant le PDG Jean-Bernard Levy avait montré de scepticisme. Depuis, la question climatique s'est fait plus pressante et la stratégie de souveraineté nationale est passée par là.

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Le rachat de la branche Énergie d'Alstom par General Electric (GE) avec les précieuses turbines Arabelle pour près de 13 milliards d'euros, avait fait figure d'électrochoc en 2014.
Le rachat de la branche Énergie d'Alstom par General Electric (GE) avec les précieuses turbines Arabelle pour près de 13 milliards d'euros, avait fait figure d'électrochoc en 2014. (Crédits : Reuters)

C'est confirmé. Comme La Tribune le dévoilait dès le 27 août, EDF discute avec  General Electric le rachat des activités nucléaires de GE Steam Power.

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Ce mercredi, EDF et General Electric ont en effet annoncé publiquement qu'ils menaient de concert des "discussions exploratoires" pour étudier la faisabilité de cette opération.

"EDF est en cours d'analyse des conditions dans lesquelles les intérêts du groupe EDF pourraient être préservés", a déclaré un porte-parole du groupe français, précisant qu'ils s'agissait de discussions exploratoires."

Une annonce qui donne le sourire à Damien Meslot, le maire (LR) de Belfort, où sont implantées les activités de GE Steam Power.

"Je suis satisfait que les négociations soient entamées, j'appelais ce rachat de mes vœux depuis de longs mois", a-t-il déclaré à l'AFP,  ajoutant: "Je serai extrêmement attentif au périmètre du rachat, qu'il soit suffisamment large pour assurer la pérennité des activités et de l'emploi à Belfort."

Une annonce accueillie avec flegme par les syndicats à cause des risques de casse sociale

Cette annonce a été accueillie avec prudence par les syndicats, échaudés par les plans sociaux qui se sont succédé chez General Electric ces dernières années.

"Il faut regarder le projet industriel", a déclaré une source syndicale à l'AFP, estimant que le rachat des activités nucléaires de GE Steam Power par l'un de ses clients "risquait" de faire perdre des contrats auprès d'autres clients, et était donc associé à un "risque de casse sociale".

GE avait lui-même racheté en 2015 la branche énergie d'Alstom, parmi lesquelles figuraient ses activités nucléaires. A l'époque, le groupe américain comptait 16.000 emplois industriels en France (hors GE Capital), selon les chiffres de la direction, et promettait d'en créer 1.000 supplémentaires. Mais en cinq ans, les effectifs sont descendus à 13.000, après des cessions d'actifs, et des réorganisations.

En décembre, GE Steam Power avait initié une nouvelle réorganisation, qui prévoyait initialement 238 suppressions d'emplois, un chiffre ramené à 144 au printemps.

Un électrochoc qui remit la souveraineté nationale à l'ordre du jour

En mars, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait déclaré, dans les colonnes de l'Est Républicain, rechercher "une solution française pour les turbines Arabelle", produites par GE.

"Cette solution permettra de sécuriser cet actif unique, les compétences qui vont avec et qui sont indispensables à notre avenir énergétique".

De fait, le rachat de la branche Énergie d'Alstom par General Electric (GE) pour près de 13 milliards d'euros en 2014, avait fait figure d'électrochoc. Avec cette emplette, le groupe américain avait récupéré des activités précieuses et stratégiques pour la France dans les turbines à gaz et à vapeur, l'éolien en mer et les réseaux électriques. On s'en souvient, l'opération avait suscité de très vives critiques dans la sphère politique, notamment parce qu'elle revient à confier la maintenance des turbines des réacteurs nucléaires français à un acteur étranger.

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Commentaires 9
à écrit le 23/09/2021 à 11:29
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Plus qu'un gâchis ,c'est un scandale :GE veut refiler à EDF les branches mortes de l'ancien portefeuille Alstom:ces turbines (sic),qui ne sont plus fabriquées depuis longtemps sont uniquement concernées par l'entretien des centrales 900 et 1300 MW ,...

à écrit le 23/09/2021 à 8:27
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Encore de l'argent jeté par la fenêtre pour tenter de sauver le nucléaire d'un autre âge.

à écrit le 22/09/2021 à 23:52
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J'en connais un qui s'est fait remonté les bretelles par son monarque président... au risque de finir chez Paul Emploi.

à écrit le 22/09/2021 à 23:06
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Il faut renationaliser ALSTHOM ,pour un euro symbolique , qui a été arraché à la France suite à un complot d'état des cos boys et demander des dédommagements

à écrit le 22/09/2021 à 19:54
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Entretemps, GE développe la turbine à gaz carbonique supercritique et leur industrie de production de l'electricité mise sur cette technologie pour la prochaine génération – ou un turbine à 10 MW est seulement 1 métre de longeur et pese moins de 100 ...

le 23/09/2021 à 8:56
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Sauf que votre gaz pour la France vient de la Russie...

à écrit le 22/09/2021 à 17:36
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GE n’ayant tenu aucun de ses engagements contractuels, pourquoi ne pas saisir la justice et faire annuler la vente comme le propose Montbourg? Il est grand temps d’arrêter de se faire marcher dessus par les US.

à écrit le 22/09/2021 à 17:29
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Il faut maintenant acheter avec 40% de décote.

à écrit le 22/09/2021 à 17:10
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Des années après Macron essaie de réparer sa décision catastrophique. En décembre 2014, Macron (Ministre de l’Économie) a insisté pour finaliser la vente controversée d’ALSTOM ENERGIE à l'américain General Electric (GE), en ignorant volontairement l...

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