Greenflex, success story française du green business

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Greenflex combine trois expertises: l'accompagnement des entreprises dans l'établissement de leurs diagnostics et stratégies de performance environnementale, l'intelligence des données informatiques collectées (notamment concernant la réputation des marques) et l'aide dans la recherche de financements au profit de la transition énergétique.
Greenflex combine trois expertises: l'accompagnement des entreprises dans l'établissement de leurs diagnostics et stratégies de performance environnementale, l'intelligence des données informatiques collectées (notamment concernant la réputation des marques) et l'aide dans la recherche de financements au profit de la transition énergétique. (Crédits : reuters.com)
A son onzième opération de croissance externe, cette entreprise française fonde son succès sur une offre originale: celle de solutions profitant tant à l’environnement qu’à la santé économique des entreprises clientes. Elle vient d’acquérir HopCube, éditeur de plateformes web collaboratives, afin de se renforcer dans le domaine de l’intelligence des données.

A sa naissance, l'entreprise était un ovni, vis-à-vis de ses clients potentiels comme de ses rares concurrents, qui concevaient tous l'écologie comme une approche peut-être vertueuse mais synonyme de coûts supplémentaires sinon de pertes. Sept ans et onze acquisitions plus tard, Greenflex, dont le chiffre d'affaires a explosé de zéro à 191 millions d'euros, se veut la preuve que le green business peut fonctionner, y compris en France.

Créée à Paris en 2009, la startup doit justement son succès à sa formule originale: proposer des solutions permettant aux entreprises à la fois de diminuer leur impact environnemental et de faire des économies, en misant sur des actions chiffrées et un retour sur investissement. Son fondateur et président, Frédéric Rodriguez, en est convaincu:

"Le seul accélérateur possible de la transition écologique consiste dans la création de valeur mesurable."

Trois expertises et une approche plurielle

Cette vision continue de rendre Greenflex atypique, notamment par rapport aux nouveaux acteurs du secteur qui se concentrent essentiellement sur la performance énergétique: "Nous n'arrivons nous-même pas à nous attribuer une case", confie Frédéric Rodriguez.

"Designer de solutions durables", Greenflex combine en effet trois expertises: l'accompagnement des entreprises dans l'établissement de leurs diagnostics et stratégies de performance environnementale, l'intelligence des données informatiques collectées (notamment concernant la réputation des marques) et l'aide dans la recherche de financements au profit de la transition énergétique. Parmi ses 180 collaborateurs déployés dans 14 bureaux en Europe, elle regroupe agronomes, chimistes, ingénieurs, data financiers: une approche plurielle qui permet de proposer en toute  indépendance à ses quelque 450 clients des solutions diversifiées et variées, souligne son président. Valoriser le dialogue entre parties prenantes (fournisseurs, associations, consommateurs etc.) est d'ailleurs l'une des devises de Greenflex:

"Si on ne fait pas attention à l'écosystème, on va dans le mur", observe le Pdg.

Une valeur ajoutée dans chaque acquisition

Les onze entreprises acquises depuis 2009 sont ainsi venues étoffer cette offre plurielle en apportant chacune, selon Frédéric Rodriguez, une valeur ajoutée. La dernière en date et deuxième opération de croissance interne de Greenflex en 2015, toute récente, est celle de HopCube, éditeur de plateformes web collaboratives dédiées à la collecte, à l'analyse et à la valorisation des indicateurs de développement durable. Fondée elle aussi en 2009, au lendemain du Grenelle de l'environnement, la startup attribue notamment aux produits une note en fonction de leur performance environnementale -impact sur les ressources naturelles non renouvelables et sur le changement climatique-, visible sur l'emballage. La Fnac, Darty, But, de plus en plus sensibles à la demande de transparence des consommateurs, figurent parmi ses clients.

Se frayer un chemin dans le secteur du bâtiment

HopCube vient notamment renforcer la compétence en matière d'intelligence des données de Greenflex, qui élabore déjà un éco-guide des marques en fonction de leur performance environnementale. L'objectif est également d'apporter des réponses personnalisées en matière de pilotage et de reporting RSE (responsabilité sociétale des entreprises) grâce à la conception de plateformes sur-mesure. "Nos approches sont complémentaires. Nous, on adresse une problématique spécifique. Notre intégration dans Greenflex doit nous permettre une dynamique plus intégrée et fluide", résume Thomas Albisser, fondateur de HopCube et désormais Chief Technology Officer (CTO) de Greenflex. L'acquisition vient en outre appuyer la volonté de Greenflex de se  frayer un chemin dans le secteur du bâtiment (performance énergétique des immeubles et gestion des chantiers de construction), où Hop-Cube a déjà montré son savoir-faire.

Le digital et la pédagogie, besoins d'avenir

Le numérique constitue d'ailleurs un des axes principaux de développement de l'entreprise dans l'avenir. "Nous prévoyons d'investir 7 à 8 millions d'euros pendant les deux prochaines années dans le développement de plateformes digitales et d'innovation, puisque ce sont désormais des outils indispensables à la transformation des entreprises", souligne le patron de Greenflex, qui a d'ailleurs réinvesti tous les bénéfices dans l'entreprise depuis le début. La startup ne néglige toutefois pas la dimension physique, dès lors qu'elle peut profiter à la pédagogie, "premier besoin dans la conduite du changement" selon Frédéric Rodriguez. Fin 2016, un restaurant locavore "innovant, bon, avec du sens, faisant le lien entre les bonnes filières agricoles", ouvrira ses portes boulevard Montmartre à Paris. Né dans le cadre d'un laboratoire d'innovation interne, il servira quelque 300 repas par jour. S'il s'avère probant, le concept pourrait être appelé à se dupliquer, promet Frédéric Rodriguez.

Quant à l'international, l'entreprise, qui réalise encore 85% du chiffre d'affaires en France, n'exclut pas non plus une accélération. Elle demanderait toutefois une ouverture du capital, le fonds propres de l'entreprise ne comptant pour le moment que 15 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 08/11/2016 à 14:06 :
J'ai pourtant lu 2 fois l'article, mais j'ai toujours pas trouve ni compris a quoi sert cette entreprise...
Si quelqu'un peut m'eclairer sur son "indispensabilite"...

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