Diplôme d'ingénieur (INSA Toulouse) en poche, Olivier Menuet entame son parcours professionnel au sein de grands groupes industriels (Schneider Electric, Renault, GE, Rhodia - devenu Solvay). Il bifurque ensuite vers les thématiques du développement durable, qu'il enseigne depuis douze ans à HEC, notamment dans le domaine des achats. En charge des achats responsables de la SNCF depuis 2007, il prend en 2015 la responsabilité de l'énergie. Dans ses nouvelles fonctions, il mise sur la transition énergétique qui s'amorce pour réaliser sa vision d'une énergie responsable.
Avec une consommation annuelle de neuf térawattheures (aux applications ferroviaires, routières et tertiaires), soit 10% de la demande industrielle française, la SNCF est le premier consommateur industriel d'électricité en France. Cette position constitue un formidable poste d'observation, depuis lequel Olivier Menuet constate « quelques fractures, qui sont autant de mini-révolutions, entre un monde basé sur une énergie centralisée, planifiée et distribuée, et un monde où la production, la consommation et les usages de l'énergie reposent sur de nouveaux modes de partage et de gestion. »
Cette évolution n'a pas débuté hier : « Depuis dix ans, les marchés sont libéralisés et dans moins de dix ans, on verra se multiplier les lieux de production locaux liés au développement des énergies renouvelables. » Cette progression des énergies renouvelables (eau, vent et soleil, et dans une moindre mesure, biomasse) s'accompagne d'une décarbonation croissante.
Sur les marchés matures tels que la France en revanche, des obstacles de nature essentiellement réglementaire freinent encore l'avènement de ce « nouveau monde de l'énergie qui se dessine. » Ainsi de l'autoconsommation, un problème avant tout réglementaire et fiscal dans le contexte actuel. Autre évolution nécessaire : le mode de rémunération des acteurs.
D'ailleurs, si aujourd'hui nous jouissons d'une totale sécurité d'approvisionnement, « peut-être que, demain, il faudra accepter qu'elle soit un peu moins parfaite pour certains usages », envisage-t-il.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Enfin, « On verra de plus de plus d'énergie stockée, veut-il croire, que ce soit pour sa consommation propre ou pour la mettre à disposition d'autres consommateurs. »
Dans ce cadre, la SNCF entend bien devenir acteur de la transformation du secteur, plutôt que de la subir.
En revanche, la société possède 30.000 kilomètres de voies, dont la moitié sont électrifiées, ainsi que du foncier situé en pleine nature ou sur des friches impropres au ferroviaire ou à l'immobilier.
Etant donné le poids de l'entreprise dans la consommation électrique nationale, cela contribuerait à l'équilibre global du système.
Plus innovant encore, l'éventuel surplus de la production pourrait être stocké pour le compte d'autres consommateurs...
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En tant que directeur de l'énergie, Olivier Menuet s'estime au cœur des enjeux de développement durable. « Cette réflexion sur le verdissement de notre énergie en est encore à ses débuts, reconnaît-il. L'idée est de démarrer modestement, d'observer les obstacles, d'étudier des partenariats avec des partenaires de toutes tailles et d'observer les retours d'expérience... pour ensuite se doter d'une véritable ambition à moyen et long termes. »
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