Mégots : le gouvernement déçu par les propositions des industriels

Mégots de cigarettes
Reuters

Mégots de cigarettes
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La méthode du "nudge" du gouvernement, consistant à inciter les entreprises à un changement spontané de modèle plutôt qu'à les y contraindre, largement suivie dans le cadre de la feuille de route de l'économie circulaire, affiche une première fissure. Appelés par l'exécutif à formuler des propositions d'engagements afin de lutter contre la pollution des mégots de cigarettes, les industriels du tabac ne se sont pas montrés à la hauteur de l'enjeu, regrette haut et fort le ministère de la Transition écologique et solidaire, qui jeudi 4 octobre a même publié un communiqué pour s'en plaindre.
C'est la première fois que le ministère de la Transition écologique et solidaire affiche si ouvertement sa déception. En juillet, lors de la présentation des engagements d'une cinquantaine d'entreprises et fédérations professionnelles à incorporer davantage de plastique recyclé dans leur produit, la secrétaire d'État Brune Poirson s'était limitée à rappeler l'insuffisance des efforts par rapport aux enjeux, ainsi qu'à promettre des formes de contrôle et de suivi, en laissant planer la menace d'une intervention législative seulement en dernier ressort. Globalement, les industriels avaient été félicités pour cette "première étape".
Les mots sont aujourd'hui bien plus durs :
Le ministère, qui maintient toutefois un rendez-vous déjà prévu vendredi 5 octobre avec des mastodontes tels que Philip Morris (Marlboro, Chesterfield), British American Tobacco (Lucky Strike, Pall Mall), Japan Tobacco International (Camel, Winston), Seita (Gitanes, Gauloises) ainsi que l'Association des fournisseurs de tabac à fumer, leur pose toutefois un ultimatum :
Ces filières dites "Rep" visent à mettre en oeuvre le principe du "pollueur-payeur", en obligeant les metteurs sur le marché à prendre en charge financièrement la fin de vie de leurs produits. Quelque 30 milliards de mégots sont jetés en France chaque année, dont plus de 40% le seraient dans la nature, selon le ministère, qui avait pointé en juin les "importants coûts de collecte et de tri à la charge des contribuables".
Les industriels du tabac ont rapidement réagi, en se disant "extrêmement surpris" par les propos de la secrétaire d'État selon l'AFP, qui cite un porte-parole de British American Tobacco (BAT). Les propositions en matière de prévention et sensibilisation, visant à réduire "en amont" la pollution liée aux mégots, ne seraient qu'une première étape. les cigarettiers considèrent néanmoins que l'institution d'une collecte dédiée aux mégots ne serait "pas réaliste", en raison du faible tonnage représenté par ces déchets.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

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Les 10 propositions jusqu'à présent présentées incluent le financement d'une étude sur "les comportements d'incivilité", des campagnes de sensibilisation aux gestes éco-responsables, la distribution de cendriers de poche dans les stations de ski ou sur les plages, un guide des bonnes pratiques à destination des collectivités locales voire des messages de sensibilisation sur les paquets ou encore le renforcement de l'application des sanctions envers les fumeurs qui jettent leur mégot par terre.
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