Nucléaire : pourquoi (malgré un séisme de magnitude 5,4) l'alarme de Cruas ne s'est pas déclenchée

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Située à l'entrée de la commune, les tours de refroidissement des quatre réacteurs de la centrale sont facilement visibles depuis le centre de cette coquette commune de moins de 3.000 habitants.
Située à l'entrée de la commune, les tours de refroidissement des quatre réacteurs de la centrale sont facilement visibles depuis le centre de cette coquette commune de moins de 3.000 habitants. (Crédits : Reuters)
Comme les responsables de la centrale nucléaire, les habitants autour de la centrale se veulent plutôt rassurants après ce tremblement de terre qui a touché l'Ardèche et la Drôme. La CGT, elle, s'inquiète du retard (6 heures...) des autorités à décider la mise à l'arrêt des réacteurs. Quant aux associations environnementales (Next-Up et Greenpeace), elles manifestent leur inquiétude pour toutes les autres centrales comme celle du Tricastin toute proche, aux structures abîmées et dépourvues de système antisismique.

Cela a été leur "premier réflexe": juste après le séisme de lundi, les habitants de Cruas (Ardèche) ont vérifié que leur centrale nucléaire continuait à cracher ses panaches de vapeur, signe que "tout (allait) bien".

"Quand ça a bougé, on est sorti de la mairie et on s'est tourné vers les tours de la centrale et on voyait que ça +fumait+", raconte le maire de la commune Philippe Touati.

"Pour les gens très initiés, ils comprennent tout de suite qu'il n'y a aucun souci. Après, pour les moins initiés, ils voient de la fumée. C'est comme d'habitude; tout va bien", ajoute l'édile.

Située à l'entrée de la commune, les tours de refroidissement des quatre réacteurs de la centrale sont facilement visibles depuis le centre de cette coquette commune de moins de 3.000 habitants.

Un séisme de magnitude 5,4 et pas de sirène d'alarme

L'épicentre du séisme, de magnitude 5,4 sur l'échelle de Richter, se situait à une quinzaine de kilomètres de là. De quoi susciter nombre de questionnements... surtout en dehors de Cruas, selon l'édile.

"Peut-être que nous, d'avoir la centrale dans le voisinage, on s'y est habitué. Maintenant ce n'est pas une raison pour minimiser le risque potentiel", a-t-il ajouté.

Devant l'école, une assistante maternelle de 35 ans, Vanessa Charlot, dit ne pas s'être alarmée après le séisme. "Il n'y a pas eu de sirène; donc je n'ai pas eu d'inquiétude".

À ses côtés, Laurie Ménart, mère au foyer de 34 ans, s'est surtout inquiétée "de la coupure de courant". "Ce séisme était très impressionnant. J'ai mis une demi-heure à comprendre ce qui s'était passé", confie-t-elle.

Pourtant, quelques heures après le tremblement de terre, décision a été prise de mettre à l'arrêt les trois réacteurs sur les quatre qui étaient en fonctionnement, pour un "audit approfondi".

Lire aussi : Séisme en Ardèche : EDF retarde le redémarrage des réacteurs nucléaires de Cruas

"Un capteur a signalé une secousse cinq fois moins importante que le seuil de sûreté", a précisé à la presse le directeur adjoint de la production nucléaire d'EDF, Régis Clément.

Cruas est la seule centrale du parc français à disposer d'appuis parasismiques en élastomères, afin d'absorber de possibles secousses.

"Aujourd'hui, clairement, aucun désordre n'a été observé sur les installations", a-t-il poursuivi, en indiquant que des inspections visuelles étaient en cours.

EDF prévoit un redémarrage progressif des réacteurs durant la première quinzaine de décembre, a-t-elle annoncé jeudi, mais "on ne redémarrera qu'après l'accord de l'ASN", l'Autorité de sûreté nucléaire, a prévenu M. Clément.

Le dispositif antisismique a empêché l'alarme de se déclencher

Selon le secrétaire CGT du comité d'établissement, Franck Santos, "toutes les centrales sont prévues contre les problèmes sismiques, mais les bâtiments réacteurs de Cruas ont cette spécificité de reposer sur des plots en élastomère donc il n'y a pas eu d'alarme sur le réacteur".

"La seule chose qu'on regrette, c'est que la décision nationale de la mise à l'arrêt a mis six heures à arriver et aurait pu être prise plus tôt", a ajouté le syndicaliste.

En veste jaune fluo, Thomas Reynaud, échaffaudeur à la centrale, se montre également rassurant : "Pour moi qui voit un peu comment ça se passe à l'intérieur, je me dis que c'est quand même assez sécurisé".

Inquiétudes pour les centrales comme Tricastin sans dispositif antisismique

Le coordinateur de l'association environnementale Next-Up, Serge Sargentini, a souligné pour sa part un "paradoxe".

"Le problème, ce n'est pas Cruas qui a cette conception antisismique, mais c'est Tricastin qui nous inquiète car elle est d'une autre conception et les conduites y sont abîmées", estime le militant.

La centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, plus éloignée de l'épicentre du séisme, n'a pas été arrêtée, aucun seuil d'alerte n'ayant été mesuré.

Infographie, distance sites nucléaires Cruas, Tricastin, carto OSM

[La centrale du Tricastin n'a pas été touchée par le séisme de magnitude 5,4 sur l'échelle de Richter. Infographie La Tribune / Cartographie OpenStreetMap (CC BY-SA). Cliquez sur l'infographie pour l'agrandir.]

De son côté, Greenpeace compte demander des "clarifications" à l'ASN.

"En principe, en France, pour la construction des centrales, on se base sur un séisme de magnitude 4,7 ou 4,8 mais celui qu'on vient de connaître (de 5,4), a dépassé ce seuil. On se demande si, en ajoutant une marge de sécurité de 0,5, les centrales sont dimensionnées pour un séisme de 5,9", a souligné le chargé de campagne nucléaire Roger Spautz.

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Commentaires
a écrit le 16/11/2019 à 22:22 :
Les faits sont têtus....1 mort, des centaines de sans abris, et 0 problème dans les centrales nucléaires.
Mais on ne parle que des centrales !
a écrit le 15/11/2019 à 0:16 :
Extrait : "Cruas est la seule centrale du parc français à disposer d'appuis parasismiques en élastomères, afin d'absorber de possibles secousses."
Mille fois hélas pour la centrale de Cruas !
La seule centrale disposant de plots élastomères est celle... du Tricastin. cf La Recherche n° 297 d'avril 1997 p36 : "les installations nucléaires sont-elles conformes ?"

Hélas encore après 40 ans en compression imaginez donc un peu la tête des élastomères du Tricastin.

Alors répéter sans filtre les données à EDF ne résoudra pas les problèmes concrets de secousses qui ont affecté, entre autre, des supports rouillés / cassés de gros composants : cuves, GV, tuyauteries... de réacteurs en bout de course.
a écrit le 14/11/2019 à 18:05 :
Si je ne peux pas me passer du harcèlement du troll qui me colle depuis des années vous virez mon commentaire de base vous ne l'instrumentalisez pas
a écrit le 14/11/2019 à 18:02 :
Si je ne peux pas me passer du harcèlement du troll qui me colle depuis des années vous virez mon commentaire de base vous ne l'instrumentalisez pas
a écrit le 14/11/2019 à 17:13 :
Il faut vraiment que nos écolos arrêtent de colporter des Fake news. Il faut savoir que le séisme identifié dans la région de la plus haute intensité a été pris en compte à la conception des installations. On obtient alors un indicateur, le « Séisme maximum historiquement vraisemblable » (SMHV). Cet indicateur a été majoré d’un demi-degré sur l’échelle de Richter et d’un degré sur l’échelle Medvedev - Sponheuer - Karnik (MSK). Celui-ci est positionné sous le site, afin d’offrir une marge de sûreté : c’est le Séisme Majoré de Sécurité (SMS). Le SMS est calé à 0,25 g, alors que la valeur d’accélération maximale enregistrée le 11 novembre à CRUAS a été de 0.0455 g, soit 6 fois moins que SMS. L’innocuité du séisme sur les installations va être démontrée, démontrant également le grand n’importe quoi des écolos. Il reste juste à souhaiter un redémarrage rapide des réacteurs.
a écrit le 14/11/2019 à 15:58 :
l'alarme ne s'est pas déclenchée tout simplement parce 'que les seuils de ces alarmes n'ont pas étés atteint ; EDF a arrêté ses réacteurs sur un principe de précaution afin de procéder à des vérifications , que du bon sens !
a écrit le 14/11/2019 à 13:13 :
"En principe, en France, pour la construction des centrales, on se base sur un séisme de magnitude 4,7 ou 4,8 "

Ils ont vraiment tout foiré en mettant en place l'économie du nucléaire... -_-
Réponse de le 14/11/2019 à 13:33 :
Faux (et le militant de Greenpeace qui donne cette info a faux également).
Les centrales nucléaires ont été conçues en tenant compte du plus important séisme de la zone de chaque centrale dans les 1000 dernières années + une marge de sécurité de 0.5 sur l'échelle de Richter.
Les ingénieurs de l'époque ont bien travaillé, que l'on cesse de croire que tout va se détruire en quelques instants !
Réponse de le 14/11/2019 à 14:26 :
" que l'on cesse de croire que tout va se détruire en quelques instants !"

Heu pépère, tu sais que Fukushima continue de dégueuler son poison irradié dans l’océan et ce depuis 2011 ? plus de 8 ans maintenant..Les ingénieurs de l'époque ont bien travaillé, que l'on cesse de croire que tout va se détruire en quelques instants !.

Oui ton intérêt particulier c'est que nous n'ayons pas peur de cette activité maintenant la réalité de cette économie nous prouve tous les jours qu'elle est inquiétante donc au lieu de sans arrêt fuir cette catastrophe nucléaire dont nous subissons toujours les conséquences, rien que de l'assumer te donnera toujours plus de crédibilité que de l'esquiver sans arrêt.
Réponse de le 15/11/2019 à 18:44 :
Ne compare pas ce qui n'est pas comparable. La centrale de Fukushima n'a rien à voir avec le modèle de nos centrales REP, qui sont bien plus sûres.
a écrit le 14/11/2019 à 12:31 :
Bref, c'est tellement bien dimensionné d'un point de vue para-sismique, que les accéléromètres n'ont pas déclenché. Seuls les caves ont interprété négativement la bonne nouvelle
a écrit le 14/11/2019 à 12:04 :
Donc ces centrales dont installées près d'un fleuve essentiel comme la Loire, et en zones sismiques: bravo!
Au moins Fukushima était installée près de la mer et pollué une zone relative.
a écrit le 14/11/2019 à 11:55 :
EDF a arrêté ses réacteurs sur un principe de précaution afin de vérifier ses installations et pas sur un seuil haut des capteurs tout simplement parce' que le seuil haut n'a pas été atteint , on ne peut reprocher à l'opérateur une certaine prudence dans la gestion de ses installations
a écrit le 14/11/2019 à 11:52 :
Donc ces centrales en plus d'avoir été installées sur un fleuve ou tou
a écrit le 14/11/2019 à 10:51 :
Les riverains des centrales veulent croire que toutes les précautions sont prises... leur complicité est achetée par de généreuses donations et ils n'ont pas le choix à moins de quitter leur région. Un de ces prochains jours il va y avoir une catastrophe majeure en
France à cause d'une de ces centrales déglinguées. La moitié du pays devra être évacuée !
Réponse de le 14/11/2019 à 11:37 :
Une idiotie sans mesure. Faire peur inutilement! Celui qui a écrit cette stupidité devrait être evacuée et installé à côté d'un central au charbon.
Réponse de le 14/11/2019 à 12:53 :
Hi hi, de quoi avoir le sourire pour la fin de journée, merci de ces mots d'humour (noir, vous y croyez vraiment ?? C'est grave, changez de pays viiiiite. Les pastilles d'iode, c'est fait pour rassurer mais ne sert à rien, si vous recevez l'info, ça sera déjà trop tard).

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