Pollution : les émissions mondiales de CO2 vers un nouveau record

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Les émissions de la Chine devraient augmenter de 3,5% cette année, du fait d'une plus grande consommation de charbon et d'une croissance économique plus robuste.
Les émissions de la Chine devraient augmenter de 3,5% cette année, du fait d'une plus grande consommation de charbon et d'une croissance économique plus robuste. (Crédits : Reuters/Jason Lee)
Les émissions de CO2 sont restées globalement stables pendant trois ans, de 2014 à 2016, mais elles vont repartir à la hausse cette année, essentiellement à cause d'une augmentation en Chine après deux années de recul, ont mis en garde des scientifiques lors de la COP23, à Bonn.

Le pic des émissions mondiales de C02 est finalement loin d'avoir été atteint. Elles devraient augmenter de 2% cette année et atteindre ainsi un nouveau niveau record, ont déclaré lundi des scientifiques.

Ces données, présentées au cours des négociations en cours à Bonn pour la conférence internationale sur le climat, la COP23, représentent un revers pour l'objectif fixé par l'Accord de Paris, en 2015, de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de limiter la hausse moyenne des températures mondiales.

La Chine comme principal responsable

Les émissions de CO2 sont restées globalement stables pendant trois ans, de 2014 à 2016, mais elles vont repartir à la hausse cette année, essentiellement à cause d'une augmentation en Chine après deux années de recul, disent les scientifiques.

"Avec 41 milliards de tonnes de CO2 émis estimés pour 2017 (si l'on ajoute la déforestation, ndlr), on risque de manquer de temps pour garder la température sous 2°C, et a fortiori 1,5°C", objectif fixé par l'accord de Paris adopté fin 2015 contre le réchauffement climatique. a déclaré la chercheuse Corinne Le Quere, directrice du centre Tyndall pour les recherches sur le changement climatique à l'Université d'East Anglia, au Royaume-Uni.

Les émissions de la Chine devraient augmenter de 3,5% cette année, du fait d'une plus grande consommation de charbon et d'une croissance économique plus robuste, a déclaré quant à lui Glen Peters, autre participant à l'étude, au centre CICERO de recherches sur le climat mondial, à Oslo. La Chine est le plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre, devant les Etats-Unis, et représente 28% des émissions.

L'effet "énergies renouvelables" mettra quelques années à se faire ressentir

Les émissions de CO2 des Etats-Unis - seuls désormais à ne pas faire partie de l'Accord de Paris depuis que Donald Trump les en a retirés - devraient quant à elles diminuer de 0,4% en 2017, une baisse plus faible que ces dernières années (elles étaient de -1,2% en moyenne), conséquence d'un plus grand usage du charbon (+0,5%), une première depuis cinq ans du fait de la cherté du gaz naturel. L'Inde voit quant à elle ses émissions croître un peu moins (+2%) mais ce devrait être temporaire, préviennent les chercheurs. Quant à l'UE, ses émissions reculent moins vite que la décennie précédente (-0,2%).

Et si les énergies renouvelables se développent de manière remarquable (+14% par an ces 5 dernières années), mais il faudra "quelques années pour qu'elles aient un impact significatif sur les émissions mondiales de CO2".

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 14/11/2017 à 11:56 :
La COP 23 accouchera à coup sûr, d’augmentations concernant les droits à polluer et les taxes carbone.
Le domaine climatique est un domaine polémique, parce que le problème de fond dans l’affaire du dérèglement climatique, c’est l’argument CO2. Démontré par, le GIEC, mais douteux car assis sur un postulat, et bien présenté aux dirigeants politiques, le réchauffement constaté ces deux dernières décennies, a entrainé, une série de décisions dont, une des principales, fut élaborée lors du protocole de Kyoto, avec la mise en place d’un marché des droits a pollution carbone.
Malheureusement, comme il fallait s’y attendre, les financiers se sont emparés du système, et ont trouvé le moyen de titriser les droits à polluer. Conséquence, au lieu de responsabiliser les acteurs du marché, cette décision n’a fait que stimuler « les mécanismes de transmission néolibéraux de la profitabilité » ; création de produits dérivés, multiplications des intermédiaires… et déresponsabilisation des acteurs politiques ! Paradoxe ultime: les entreprises coupables de pollution, celles qui auraient dû se serrer la ceinture, sont désormais celles qui spéculent et bénéficient financièrement de l’émission de crédits carbone. Une nouvelle preuve de l’impuissance des régulateurs à exiger quoique ce soit des entreprises. Voir l’ouvrage d’Aurélien Bernier, « Le climat otage de la finance ».
Le constat n’est guère rassurant : le marché des droits à polluer n’est plus là pour « encadrer » la pollution, il est devenu une extension du domaine de la finance.
a écrit le 13/11/2017 à 22:56 :
Pourquoi pas des mesures simples qu'on peut faire tout de suite?
Interdire des motos et scooter à essence et les remplacer par des véhicules éléctriques.
La Chine l'a fait il y a 5 ans et aujourd'hui il n'y a que des véhicules éléctriques, pourquoi pas nous???
a écrit le 13/11/2017 à 22:47 :
Ne pas oublier que l'impact le plus important à la réduction des émissions sont les plantations de forêts, les autres modes d'agriculture, l'agroforesterie et bien évidemment l'utilisation des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétiques, des véhicules électro-solaires comme ils commencent à arriver (Lightyear One, Arrow Stf etc) et électriques rechargées à l'électricité renouvelable, les trains et bus électriques, la meilleure gestion des transports (navettes autonomes, auto-partage etc.)
a écrit le 13/11/2017 à 16:09 :
"essentiellement à cause d'une augmentation en Chine "

Ben voilà ça y est on comprend pourquoi les chinois veulent se faire les défenseurs de la nature, enfin pourquoi ils le disent du moins.

L'impasse écologique du capitalisme. Tant que les actionnaires milliardaires gagneront 20% de revenus par an sur la destruction de la planète ils investiront sur la destruction de la planète.

On nous a fait croire que nos milliardaires étaient des gens éclairés il serait temps de revenir vers la réalité sinon la planète va succomber.
a écrit le 13/11/2017 à 14:32 :
Le contraire eut été étonnant! Comme le système économico-financier n'est pas prêt de changer, toutes le pollutions vont continuer de croitre. Dans ce domaine, la réaction face à ce qui va se passer dans les prochaines années ne peut être qu'individuelle. A chacun d'anticiper, de prévoir pour s'adapter au changements climatiques, aux ravages des pesticides, des produits chimiques sur la santé.

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