Projet d'enfouissement des déchets nucléaires : une opération d'évacuation a commencé à Bure

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Les opposants au projet Cigéo maintiennent leur position et doivent rencontrer le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu ce jeudi.
Les opposants au projet Cigéo maintiennent leur position et doivent rencontrer le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu ce jeudi. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
L'épicentre de la lutte contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) est évacué aujourd'hui. Pour les opposants au projet, le Bois Lejuc est devenu "zone à défendre" (ZAD). Ceux-ci doivent rencontrer le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu dans l'après-midi.

La gendarmerie nationale a débuté jeudi une opération "visant à mettre fin à l'occupation illégale" du Bois Lejuc, épicentre de la lutte contre le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

"Sous l'autorité de la préfète de la Meuse, une opération menée par la gendarmerie a débuté ce matin à 6h15", déclare sur son compte Twitter le ministre. Ses services mettent ainsi à exécution une décision de justice prise en avril par le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc.

Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur sur place, "l'opération se passe bien". 500 gendarmes, dont 5 escadrons de gendarmerie mobile, sont mobilisés pour l'évacuation du site de 221 hectares à 50km au nord de Bure, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

"Il y a toujours des gens dans les arbres dans des cabanes à 20m de hauteur. Il y a eu plusieurs arrestations, au moins 1 hélicoptère survole le bois. Toutes les routes sont bloquées dans les villages alentours", a raconté à l'AFP un opposant au projet Cigéo présent sur place, ne souhaitant pas être identifié.

La préfète de la Meuse doit faire un premier point avec la presse sur place, tandis que Gérard Collomb doit s'exprimer sur le sujet en milieu de matinée en marge d'un déplacement en Seine-et-Marne.

"C'est absolument invraisemblable"

Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu, qui a prévu de se rendre à Bure jeudi, a également prévu un point presse à 14H30.

"Dans un Etat de Droit, les oppositions doivent s'exprimer de manière légale", a écrit sur Twitter le secrétaire d'Etat.

"C'est absolument invraisemblable car la visite de M. Lecornu était prévue aujourd'hui. Il devait nous rencontrer demain en tant qu'opposants. C'est la sidération", a réagi une porte-parole du collection "Bure Stop" contactée par l'AFP.

Enfouissement des déchets les plus radioactifs du parc français

L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a retenu le bois Lejuc pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo, visant à enfouir 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

Cigéo se prépare à accueillir 80.000 m3 de déchets: 10.000 m3 de déchets hautement radioactifs, dits de haute activité (HA) et 70.000 de déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL).

L'Andra doit, de son côté, réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de récolter des données en vue du dépôt de la demande d'autorisation de création (DAC) du site, prévue pour 2019. Des forages rendus pour l'heure impossibles par l'occupation du bois

L'Autorité de sûreté nucléaire a demandé une réévaluation.

Saisi en référé par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bar-le-Duc avait rendu en avril une décision d'expulsion du Bois Lejuc.

Les opposants au projet Cigéo contestent la procédure de cession de ce terrain à l'Andra.

En janvier dernier, l'Autorité de sûreté nucléaire a demandé à l'Andra de revoir sa copie concernant les déchets bitumineux. Ces boues radioactives conditionnées dans du bitume (environ 18% de l'ensemble des déchets qui seront stockés) sont très inflammables.

Lire aussi : Déchets nucléaires: le projet de Bure est en partie à revoir selon l'ASN

Les grandes dates à venir

  • 2019 : l'Andra dépose la demande d'autorisation de création du centre de stockage. Initialement, l'Agence avait prévu de déposer cette demande en 2018.
  • 2022 : si le décret d'autorisation est publié, début des travaux de construction (au lieu de 2021 initialement prévu).
  • 2025: démarrage de l'installation par une phase pilote, avec des colis factices, pendant environ deux ans.
  • 2030-2035: arrivée des premiers déchets radioactifs, après un nécessaire feu vert du Parlement.
  • 2130-2140: le centre de stockage peut être scellé, une fois la période de réversibilité de 100 ans écoulée.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 22/02/2018 à 17:56 :
La seule personne capable de dénouer cet épineux problème, c' est Laurent Wauquiez.
Maintenant, on fonce sur la voiture électrique....Alors l' électricité on la trouve ou ? Les habitants de la Hague gèrent depuis cinquante ans les déchets, il n' y a pas plus de cancer qu' ailleurs .
a écrit le 22/02/2018 à 16:55 :
Durée de vie du plutonium ? il semble que ce soit 5 000 ans ! Nos petits-enfants vous remercient (chaudement !).
C'est comme vous voudrez... de toutes façons les scientifiques ont établi que la Terre se dégonflera comme une baudruche et disparaîtra d'ici 7 milliards d'années, alors...

Ciao !
Réponse de le 23/02/2018 à 8:02 :
Le plutonium, ce n'est pas un déchet nucléaire, il est le combustible des réacteurs de 4è génération (les surgénérateurs).
a écrit le 22/02/2018 à 15:36 :
Les archeologues dans 2000 ans vont avoir du mouron à se faire dans certains coins de france surtout que d'ici la on aura paumé les cartes des enfouissements de déchets.Déja qu'on ne se souvient même pas des zones inondables d'il y a 100 ans.
Réponse de le 23/02/2018 à 9:29 :
De l’archéologie au milieu de nul part à 500m sous une couche d’argile ?
a écrit le 22/02/2018 à 15:25 :
500 gendarmes , des dizaines de camions de gendarmerie , un hélicoptère , si il y avait eu un fleuve a proximité ont aurait pu faire venir un sous marin nucléaire et pourquoi pas le porte-avion Charles de Gaulle....
Quand il est vrai que le ridicule ne tue pas, notre ministre de l’intérieur ne fait pas dans la démesure!!
Dommage qu' en parallèle on entend ce même ministre se plaindre sur tous les medias que la France est en guerre contre les terroristes et que l'on manque de force de l'ordre pour patrouiller , ou pour faire des descentes dans les banlieues pour les trafics de drogue....
il est vrai que nos forces de l'ordre sont plus disponible pour déloger 15 militants à Bure , contrôler la femme se trouvant seul dans a voiture.... , l'immigré ...., ou le père de famille qui à oublié de mettre sa ceinture de sécurité...
il serait temps que nos politiciens prennent en compte ce que souhaite vraiment le peuple sur le déploiement des forces de l'ordre et l'exemple de Bure et son évacuation est le reflet de l'incurie de nos dirigeants....Toujours a cent mille lieu de la réalité et dans des tours d'ivoires!!
LREM , je n'ai pas vu de changement avec les précédents pouvoirs , on continue!!...
Réponse de le 23/02/2018 à 9:26 :
Vous dites quoi, qu’il aurait fallu ne pas empêcher les gentils copains écolos de piétiner les décisions de justice et les votes du parlement ? Et pourquoi donc ?
a écrit le 22/02/2018 à 11:45 :
Pour Sivens et pour NDLL il y avait un plan B possible, la preuve.

Pour le stockage souterrain, il n'y en a pas. Initialement Bure devait être un laboratoire de test de faisabilité d'enfouissement parmi plusieurs dans des contextes géologiques différents.
Les autres sites ont été abandonnés quasiment sans étude et ne reste donc que Bure qui est trop avancé, c'est pourquoi le gouvernement ne lâchera jamais. Le stockage en surface est trop risqué et trop aléatoire et personne ne voudra d'un site de stockage à l'air libre dans son jardin.

Ceci écrit, rien n'empèchera les zadistes de revenir mais ça ne se terminera pas comme NDLL, Sivens ou le Larzac.
Réponse de le 22/02/2018 à 15:10 :
Il n'y a aucun plan B à NDDL. L'extension de Nantes Atlantique signifiant une aggravation de nuisances déjà considérables pour certaines zones du sud Loire ne verra certainement jamais le jour. Les collectivités locales (région, département, agglos de Nantes et Saint-Nazaire)devraient mettre à l'étude la construction d'une nouvelle plate-forme aéroportuaire du côté de NDDL, secteur qui n'a rien d'exceptionnel sur le plan environnemental et constitué de terres agricoles des plus médiocres pour en lancer la réalisation selon une procédure accélérée et sans recours possible (au besoin en votant une loi ad hoc) dès que la démocratie nous aura débarrassés de ce pleutre exécutif ; quant à Sivens, qui n'avait rien d'un projet pharaonique et qui de plus aurait pu créer un nouvel écosystème intéressant, il faudra bien le remplacer par d'autres retenues.
a écrit le 22/02/2018 à 10:42 :
L’État fait appliquer la loi et une décision de justice. Réaction des militants : "C'est absolument invraisemblable".

Ce qui est invraisemblable, c'est que leur sentiment d'impunité est tel qu'ils en sont venus à se sentir légitimes.
a écrit le 22/02/2018 à 9:56 :
L’opposition doit se manifester de manière légale.

Mais les opposants savent ne pas pouvoir gagner dans un cadre légal et démocratique. Ils s’assoient donc dessus et pratiquent le coup de force permanent.

Un peu hypocrite venant de gens qui accusaient régulièrement le nucléaire d’être « antidémocratique ».

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