Stocks de gaz pour l'hiver : l'UE lance le premier appel d'offres pour des achats groupés
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Le volume total atteint environ 11,6 milliards de m3 de gaz, dont 2,8 de gaz naturel liquéfié (GNL) et 9,6 pour livraison par gazoduc.
Reuters
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Le volume total atteint environ 11,6 milliards de m3 de gaz, dont 2,8 de gaz naturel liquéfié (GNL) et 9,6 pour livraison par gazoduc.
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La poursuite du conflit en Ukraine ne laisse pas le choix à l'UE. L'Union européenne a ainsi formulé son premier appel d'offres international pour des achats groupés de gaz, ce mercredi 10 mai, couvrant la demande agrégée d'environ 80 entreprises européennes. Ce mécanisme fait partie des mesures adoptées l'an dernier par les Vingt-Sept. Il vise à répondre à la crise énergétique provoquée par l'envolée des cours du gaz à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et la réduction drastique des approvisionnements de gaz russe.
Ces « achats groupés » européens doivent aussi permettre d'éviter la situation de l'été 2022, où Etats et entreprises s'étaient précipités au même moment sur le marché du gaz pour remplir leurs stocks, alimentant la flambée des cours. Les entreprises de l'UE, mais également des pays de la « Communauté européenne de l'Énergie » (Ukraine, Albanie, Bosnie, Kosovo, Macédoine du nord, Géorgie, Moldavie, Monténégro et Serbie) peuvent y participer pour agréger leur demande.
Pour ce premier appel d'offres, qui couvre des livraisons attendues entre juin 2023 et mai 2024, 77 entreprises européennes ont soumis leurs demandes. Le volume total atteint environ 11,6 milliards de m3 de gaz, dont 2,8 de gaz naturel liquéfié (GNL) et 9,6 pour livraison par gazoduc. Les fournisseurs internationaux de gaz, hors Russie, sont désormais invités à répondre à cette demande agrégée en soumettant leurs offres d'ici le 15 mai. Les meilleures seront ensuite transmises aux entreprises clientes. Elles feront ensuite l'objet de discussions commerciales jusqu'à conclusion de la transaction.
La plateforme pilotée par Bruxelles aide les entreprises européennes, en particulier dans les industries énergivores, à « nouer de nouvelles relations commerciales avec des fournisseurs alternatifs » à l'heure où l'UE chercher à se défaire de sa dépendance au gaz russe, insiste Maros Sefcoviv. Elle permet notamment à de petites entreprises isolées d'obtenir ensemble une visibilité et un poids accrus sur le marché de l'énergie.
De l'autre côté, le mécanisme « offre aux fournisseurs internationaux l'opportunité d'élargir leur clientèle », a poursuivi le commissaire, soulignant le « robuste intérêt » suscité avec une centaine de fournisseurs potentiels enregistrés. De nouveaux appels d'offres interviendront tous les deux mois jusqu'à la fin de l'année, selon Bruxelles.
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Selon la réglementation finalisée mi-décembre, les États de l'UE doivent participer à ce mécanisme d'agrégation de la demande pour au moins 15% des volumes nécessaires pour atteindre l'objectif de remplissage fixé par l'UE (les Européens sont tenus de remplir 90% de leurs capacités de stockage d'ici novembre).
Les factures d'électricité des ménages dans l'UE ont bondi de 20% sur un an au second semestre 2022, tandis que leurs factures de gaz s'envolaient de 46%, atteignant des niveaux record à cause de la guerre en Ukraine, selon des chiffres d'Eurostat publiés fin avril.
Sur la période allant de juillet à décembre 2022, les prix de l'électricité pour les ménages ont atteint en moyenne à travers l'UE 28,4 euros pour 100 kWh, soit un bond de 21% par rapport à la même période de 2021, a indiqué l'office européen des statistiques. Une conséquence de la flambée des prix de gros de l'électricité, de facto indexés sur le coût de production de la dernière centrale utilisée pour équilibrer l'offre et la demande, le plus souvent une centrale au gaz. Or, les cours du gaz naturel se sont envolés à mesure que la Russie cessait ses livraisons à l'Europe.
Eurostat souligne cependant de fortes disparités entre les pays, ainsi que les impacts divers des mesures de soutien prises par les gouvernements nationaux. La part des taxes dans les prix de l'électricité a ainsi été diminuée quasiment de moitié en Europe. Au second semestre, les plus fortes hausses sur un an ont été enregistrées en Roumanie (+112%), République Tchèque (+97%), Danemark (+70%), Lituanie (+65%) et Lettonie (+59%). A l'inverse, des augmentations bien plus modérées ont été constatées en Autriche, Allemagne, Pologne et Bulgarie (4 à 5%). La hausse en France s'établit à 9%.
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Les factures de gaz des ménages de l'UE se sont en moyenne établies à 11,4 euros pour 100 kWh au second semestre 2022, contre 7,8 euros un an plus tôt. Les pays de l'Est, très dépendants du gaz russe, ont été lourdement touchés : les prix du gaz ont plus que triplé en République Tchèque, bondi d'environ 160% en Roumanie et en Lettonie, et ils ont doublé en Lituanie comme en Belgique. Seuls deux pays (Croatie et Slovaquie) ont enregistré des hausses inférieures à 20%, selon Eurostat.
(Avec AFP)
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