Taxe sur les transactions financières : Mestrallet propose une alternative

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Dans le cadre d'une coopération renforcée, 11 pays européens négocient depuis 2011 cette taxe sur les transactions financières, une mesure qui devait être initialement mise en oeuvre au 1er janvier 2016 mais a finalement été repoussée.
Dans le cadre d'une coopération renforcée, 11 pays européens négocient depuis 2011 cette taxe sur les transactions financières, une mesure qui devait être initialement mise en oeuvre au 1er janvier 2016 mais a finalement été repoussée. (Crédits : © Gonzalo Fuentes / Reuters)
Le PDG d'Engie (ex-GDF Suez) propose plutôt de créer un fonds abondé par le secteur privé afin de financer la transition énergétique.

Pas besoin d'une taxe sur les transactions financières, qui serait une "mauvaise idée". Pour le patron d'Engie, afin de financer la transition énergétique, il vaudrait mieux créer un fonds "de plusieurs milliards d'euros" abondé par le secteur financier. Lors d'un forum sur l'énergie organisé jeudi 22 octobre, Gérard Mestrallet a observé, concernant l'idée d'une telle taxe -à laquelle réfléchissent plusieurs Etats membres de l'Union européenne et qui pourrait être en partie consacrée au financement des politiques climatiques:

"Si ce qui est envisagé aujourd'hui est limité à onze pays et que ni l'Angleterre, ni la Hollande, ni le Luxembourg, ni la Suisse ne l'appliquent, et bien toutes les transactions vont fiche le camp à côté. Donc cette taxe ne rapportera rien".

Un fonds d'abord français

Le PDG a plutôt invité "les pouvoirs publics et les acteurs de la place de Paris à réfléchir à une solution très simple qui serait de bâtir un fonds qui rapporterait beaucoup d'argent". "De plusieurs milliards d'euros", ce fonds serait doté "à partir de financements privés", a-t-il poursuivi, citant les banques, les compagnies d'assurance, les fonds d'investissements et les gestionnaires d'actifs.

Il serait d'abord français avant d'être étendu à l'échelle européenne, et financerait des projets d'efficacité énergétique, notamment dans le bâtiment, ou d'énergies renouvelables.

Une même taxe pour onze pays

Gérard Mestrallet, qui préside également Paris Europlace, une association qui défend les intérêts de la place financière parisienne, est l'un des sept signataires d'une lettre adressée le 19 octobre au président de la République François Hollande, dans laquelle ils mettent en garde contre les risques économiques de l'instauration d'une TTF. Dans le cadre d'une coopération renforcée, 11 pays européens négocient depuis 2011 cette TTF, une mesure qui devait être initialement mise en oeuvre au 1er janvier 2016 mais qui a finalement été repoussée.

Lire aussi: Engie arrêtera d'investir dans le charbon

La France a de son côté instauré en 2012 une taxe qui s'applique aux échanges d'actions des sociétés dont la capitalisation boursière dépasse un milliard d'euros et dont le siège social est en France. Elle a rapporté 770 millions d'euros en 2014.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 23/10/2015 à 12:55 :
Plutôt que de commenter le financement des projets d’efficacité énergétique ce brave homme devrait regarder chez lui et fournir des factures conforment à la législation en vigueur et ne pas enfreindre la libre concurrence en financent les promoteurs qui signent les contrats de Vente de Gaz Répartie en échange de 1à ans d’engagement par la fourniture du comptage . Mais comme 34% du capital est détenu par l’état donc le contribuable, notre Grande sinistre de l’écologie,ni la DCCRF ne réagissent aux plaintes des usagers bloqués pendant 10 ans avec cette entreprise hors la loi .
a écrit le 23/10/2015 à 10:23 :
Un fonds géré par les "les banques, les compagnies d'assurance, les fonds d'investissements et les gestionnaires d'actifs" n'aurait pour objectif que de capter l'argent des Français qui serait investi là où les rendements sont les meilleurs, c'est-à-dire probablement pas en France. En revanche, on pourrait imaginer un fonds régional abondé par les habitants de la région et entièrement dédié au développement de la région sans possibilité d'exfiltrer l'argent des "locaux". Mais cela serait probablement vu d'un mauvais oeil par les "les banques, les compagnies d'assurance, les fonds d'investissements et les gestionnaires d'actifs" qui n'auraient plus la main-mise totale sur l'argent des Français :-)

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