Engie arrêtera d'investir dans le charbon

latribune.fr

latribune.fr
Article publié à 12h39 et mis à jour à 16h13, puis à 19h40
La campagne lancée par diverses ONG environnementales à quelques semaines de la conférence internationale sur le climat a porté ses ruits. Le groupe français Engie (ex GDF-Suez), détenu à 33% par l'Etat, cessera ses investissements dans le charbon, a annoncé mercredi 14 octobre la ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Ségolène Royal.
"Les entreprises françaises vont retirer leurs investissements dans le charbon, et Engie s'y est d'ailleurs engagé", a indiqué la ministre sur RMC et BFM TV, rappelant la récente décision du président de la République d'arrêter de subventionner l'export de ce type de centrales.
Cette annonce a été confirmée plus tard par une porte-parole de l'énergéticien, qui évoque "une décision mûrement réfléchie", entérinée lors d'un conseil d'administration les 12 et 13 octobre: "Nous avons pris la décision de ne pas lancer de nouveaux projets dans le charbon", a-t-elle indiqué. Cela signifie que les projets d'investissement qui n'ont pas encore été contractualisés "ne se feront pas", a-t-elle explicité. Cela concerne notamment la centrale très critiquée d'Ada Yumurtalik en Turquie (1.320 mégawatts), censée produire autant de courant qu'une centrale nucléaire, ou une autre installation en Afrique du Sud.
Fervent partisan d'un prix élevé du quota d'émission de CO2, le PDG d'Engie Gérard Mestrallet a expliqué au Figaro que la motivation de son groupe était autant écologique qu'économique:
L'abandon du "roi charbon" est cependant loin d'être total. "Les engagements dans les projets en cours sont maintenus", en Mongolie, au Maroc, au Brésil et au Chili, tout comme les installations de production déjà en activité, selon la porte-parole.
Le 7 octobre, plusieurs ONG environnementales ont écrit une lettre ouverte à François Hollande pour lui demander de prendre position contre les investissements français dans le charbon à l'étranger par les entreprises dont l'Etat est actionnaire principal, et notamment de mettre fin au projet d'une centrale à charbon en Turquie mené par Engie. L'entreprise détient actuellement une trentaine de centrales à charbon qui émettent 81 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions d'un pays comme les Philippines, selon l'association Les Amis de la terre.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Le groupe, qui est partenaire de la conférence mondiale de sur le climat organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre (COP 21), faisait toutefois valoir fin septembre auprès de l'AFP que le charbon représentait 15% de ses capacités de production d'électricité contre 20% pour les énergies renouvelables, et que les projets en développement se faisaient essentiellement à partir du gaz et du renouvelable.
"Concrètement, la Fondation Nicolas Hulot attend d'Engie qu'elle rende public son plan de désinvestissement dans le charbon", a immédiatement réagi l'association créée par l'envoyé spécial de François Hollande, tout en saluant l'annonce de Ségolène Royal.
Les Amis de la Terre, le Réseau Action Climat, et Oxfam France ont pour leur part rappelé que, pour que la promesse puisse être prise au sérieux, ils réclament des garanties, notamment "la publication avant la COP21 d'un plan de sortie du charbon à horizon 2020, prenant en compte la reconversion des travailleurs du secteur. Les actifs existants doivent être fermés, et non pas revendus".
À lire également
Célia Gautier, du Réseau Action Climat, rappelle par ailleurs la nécessité que l'Etat évite de "s'orienter vers d'autres projets nocifs tels que les combustibles fossiles, le nucléaire, les grands barrages.
(Avec AFP)
latribune.fr