Nexans défend les acteurs européens du câble auprès de Bruxelles

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Le patron de Nexans a écrit à la la Commission européenne. Selon lui, la démarche du chinois Xinmao qui a surenchéri sur le néerlandais Draka ne peut laisser les autorités politiques européennes sans réaction. Il explique que la perspective éventuelle d'amendes handicape les Européens.

Le PDG de Nexans a écrit à la Commission européenne pour attirer son attention sur les conditions de la surenchère du chinois Xinmao sur Draka, face à laquelle les acteurs européens sont affaiblis par le risque d'amende de l'UE contre le secteur du câble.

Le néerlandais Draka, numéro trois mondial du secteur, fait actuellement l'objet d'une bataille d'offres puisque le chinois Tianjin Xinmao a surenchéri la semaine dernière sur la proposition faite par l'italien Prysmian, numéro deux mondial.

Prysmian avait déjà surenchéri sur l'offre initiale du français Nexans, leader mondial, qui avait manifesté en octobre un intérêt pour Draka.

"Cette manoeuvre, initiée par une entreprise qui bénéficie fort probablement du soutien actif de son Etat et d'un marché intérieur très protégé, ne peut laisser les autorités politiques européennes sans réaction", écrit Frédéric Vincent, PDG de Nexans, dans une lettre adressée au président de la Commission José-Manuel Barroso et que Reuters a pu se procurer mercredi.

"Il est clair que la perspective éventuelle d'amendes liée à une enquête diligentée en janvier 2009, sans commune mesure avec ce qui existe dans tout autre pays du monde, nous handicape et nous empêche de lutter à armes égales avec le conglomérat chinois", ajoute-t-il.

La Commission européenne, ainsi que les autorités de la Concurrence de plusieurs autres régions du monde, ont lancé au début de l'an dernier des enquêtes pour entente présumée, notamment dans le secteur des câbles électriques sous-marins.

Le Brésil a ouvert lui aussi la semaine dernière une procédure à l'encontre de Nexans et d'autres fabricants de câbles.

Le groupe français a déjà mis en garde contre l'"effet défavorable significatif" qu'une éventuelle amende pourrait avoir sur ses résultats et sa situation financière. Il estime maintenant qu'elle handicape les acteurs européens du secteur dans la bataille pour le contrôle de Draka.

"A l'heure où la Commission inflige des amendes d'un montant total de 799 millions d'euros à onze compagnies aériennes, je souhaite tirer le signal d'alarme face à une politique de sanctions qui, in fine, pénalise les entreprises européennes et les affaiblit dans la compétition internationale", poursuit Frédéric Vincent.

Il appelle l'exécutif européen à revoir sa politique de sanctions, à la fois dans ses méthodes et dans ses montants, et demande à rencontrer José-Manuel Barroso "très rapidement" pour aborder ce dossier.

Xinmao offre un milliard d'euros en cash pour Draka, alors que Prysmian propose 840 millions d'euros en numéraire et en titres. Avant eux, Nexans avait offert 730 millions d'euros.

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