La taxe carbone aux frontières : l’arme qui pourrait se retourner contre l’industrie européenne
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ArcelorMittal Dunkerque, sidérurgie, acier,
Reuters
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L'arme de Bruxelles pour lutter contre le « dumping climatique » risque-t-elle de se retourner contre l'industrie européenne, en entraînant une nouvelle vague de délocalisations ? Si l'on en croit les premiers concernés, elle les rapprocherait, en effet, d'un « point de rupture », en menaçant des « millions d'emplois » au sein de l'Union européenne, mais aussi « les exportations » et « les investissements ». C'est en tout cas ce qu'affirmait en mai 2022 AEGIS Europe, qui rassemble plus de 200 associations industrielles sur l'ensemble de la chaîne de valeur.
Pourtant, cette arme, baptisée « mécanisme d'ajustement carbone aux frontières » (MACF) et adoptée par règlement le 17 mai 2022, devait produire l'effet inverse : mettre sur un pied d'égalité les entreprises de l'UE, soumises à des normes climatiques strictes, et leurs concurrents étrangers dans certains secteurs très polluants (ciment, acier, engrais et aluminium notamment).
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Pour rappel, le système européen contraint les industriels du Vieux Continent à acheter des quotas d'émissions par le biais d'enchères selon le nombre de tonnes de CO2 émises. Ainsi, moins ils polluent, moins ils payent. Or, le MACF prévoit d'imposer ces mêmes critères d'échange de quotas d'émissions de CO2 (ETS) aux entreprises étrangères. De quoi favoriser la production en Europe, en faisant grimper les coûts des produits issus de marchés étrangers... tout en réduisant les émissions mondiales de dioxyde de carbone.