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Les Ardennes, futur leader sur le biogaz ?

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(Crédits : mitifoto - Fotolia.com)
GRDF vient de présenter un ambitieux projet de méthanisation des déchets agricoles, abondants dans le département rural des Ardennes. L'objectif est de pouvoir couvrir les besoins en gaz naturel au niveau local, et pourquoi pas exporter le surplus vers les régions voisines.

Si les Ardennes ne sont pas forcément réputées pour leur taux d'ensoleillement élevé, elles n'en cherchent pas moins, elles aussi, à accélérer leur transition énergétique. Dans ce département du nord de la France, à défaut de tout miser sur les panneaux solaires, c'est plutôt au biogaz que l'on s'intéresse. GRDF a récemment présenté un ambitieux projet de méthanisation des déchets agricoles. Ceux-ci sont abondants dans cette région rurale à densité moyenne, et qui plus est peu valorisés jusqu'à présent. Le potentiel est tel que l'entreprise française estime, à termes, être en mesure de couvrir les besoins locaux en matière de gaz naturel, et même exporter le surplus vers les départements voisins ou la Belgique.

Mais pour ce faire, il faudra dans un premier temps étendre le réseau de gaz naturel -soit environ 40 kilomètres de canalisations, dans le sud du département-, puis installer deux rebours et des compresseurs, qui permettent d'injecter le biogaz dans le réseau et éventuellement de le stocker. Soit près de quatre ans de travaux. Au total, GRDF juge avoir besoin de 30 millions d'euros pour faire des Ardennes un leader national et même européen dans le domaine du biogaz. Mais le fournisseur d'énergie ne veut pas faire cavalier seul. Il compte notamment sur le soutien de l'État et des collectivités locales, qui ont inclus ce programme de méthanisation dans le Pacte territorial Ardennes 2022. Jean Luc Warsmann, député (UAI) des Ardennes, se chargeant, lui, de vanter ses mérites à l'Assemblée nationale. Les investisseurs privés sont bien entendu également invités à se pencher sur la question. Un appel aux porteurs de projets a d'ailleurs déjà été lancé.

Lire aussi : Le biogaz, une ambition franco-allemande

Des progrès rapides et visibles

A l'heure actuelle, dans le département des Ardennes, dix unités de méthanisation sont en service et produisent du biogaz qui est injecté dans le réseau classique de gaz naturel. Dix autres sont en cours de construction. Et ce n'est pas fini, puisque le nombre de ces installations va doubler d'ici la fin de l'année 2020, tandis qu'une quarantaine d'autres projets sont encore en phase d'étude. A ce stade, le fonctionnement actuel des réseaux de méthanisation ne sera plus adapté aux besoins. Il est donc envisagé de mettre en place un nouveau système de collecte des déchets agricoles et organiques, à l'échelle départementale.

L'idée est également de relier les différents méthaniseurs, et d'être en capacité de stocker des quantités importantes de biogaz. Si le premier objectif de ce projet de méthanisation à grande échelle est la production de biogaz -en remplacement du gaz naturel- via une ressource renouvelable, son succès aurait également des externalités positives sur les agriculteurs. Ces derniers auront en effet une nouvelle source de revenus stable et durable, qui participera à la consolidation de leur exploitation. Les tarifs de rachat du biogaz seront en effet fixes pour au moins quinze ans. Les exploitants agricoles recourront également moins souvent à l'épandage du lisier en plein champ, vecteur de pollution des nappes phréatiques et de l'appauvrissement progressif des sols. En somme, un projet qui se veut durable pour tous.

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