Avec ses laits départementaux, la fromagerie Delin fait le pari de la proximité
Amandine Ibled
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Les laits départementaux fondés par Philippe Delin.
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Les laits départementaux fondés par Philippe Delin.
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Lait sans lactose, lait de montagne, lait de vache, de brebis, lait local... Il suffit de regarder un rayon de supermarché pour se rendre compte de la multitude de laits proposés aux consommateurs français. « En France, nous avons une plus forte segmentation que dans les autres pays européens parce que cela correspond aux attentes particulières des consommateurs de lait », explique François-Xavier Huard, président directeur général de la Fédération nationale des industries laitières (FNIL). « Le segment du marché local est en forte progression sur le marché du lait, qui lui-même, est un peu en décroissance actuellement », poursuit-il. Ce dernier observe que plusieurs laiteries comme la fromagerie Delin, mais d'autres avant, tels que Le Bon Lait Mayennais, le Lait de 5 fermes d'Ile-de-France et d'Eure-et-Loir, ou encore Lactalis avec le lait des 20 fermes, se lancent dans les laits départementaux.
Cette stratégie du lait local répond à un besoin des consommateurs, de soutenir une économie de proximité, mais également pour contrebalancer d'autres marchés en recul, comme le bio. Selon la FNIL, la consommation de produits laitiers bio se situe à un niveau équivalent à mi-2017. Elle a baissé de 11% en 2022, alors que la collecte a crû de + 55% entre temps.

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« Le prix du beurre est monté très haut en 2022, à quasiment 7.500 euros la tonne, mais nous sommes redescendus à 4.900 euros la tonne en mai dernier », remarque François-Xavier Huard. Des variations de cours qui sont récurrentes mais compliquées à gérer pour les entreprises. « Le manque de matières grasses laitières est un phénomène cyclique, qui se produit environ tous les 10, 12 ou 15 mois », observe Philippe Delin, président de la fromagerie éponyme (30 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 35% à l'export) qui connait une croissance de 10 à 20% chaque année depuis 2000, date à laquelle ce dernier a repris l'entreprise familiale. Cet été, deux de ses fournisseurs l'ont déjà prévenu : « Il y aura des difficultés d'approvisionnement d'ici la fin de l'année ».
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