Bercy va aider les buralistes à être moins dépendants du tabac, malgré les critiques de la Cour des comptes

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Manifestation de buralistes en octobre dernier.
Manifestation de buralistes en octobre dernier. (Crédits : PHILIPPE WOJAZER)
Le gouvernement et la confédération des buralistes ont signé vendredi un protocole d'accord pour aider à réduire la dépendance de ces derniers aux ventes de tabac, dont le gouvernement tente de réduire la consommation. Mais il faudra faire avec les critiques de la Cour des comptes qui juge dispendieux les coûts (2,6 milliards d'euros à la filière entre 2004 et 2011) d'une politique de soutien "menée à l'aveugle".

Le gouvernement vient d'annoncer une forte hausse du prix du paquet de cigarettes et du tabac à rouler qui entrera en vigueur le 1er mars. L'objectif est évidemment de faire baisser la consommation du tabac en France, cause majeure des cancers et, soit dit en passant, véritable gouffre financier pour les finances publiques (26,6 milliards d'euros en coûts sociaux). Et face aux nouvelles difficultés que vont rencontrer les marchands de tabac, le gouvernement et la confédération des buralistes ont signé vendredi un protocole d'accord pour aider à réduire la dépendance de ces derniers aux ventes de tabac.

Accompagner le passage de débitant de tabac à commerce de proximité

Ce nouveau protocole, qui s'étale sur la période 2018-2021, représente une enveloppe d'environ 100 millions d'euros, venant s'ajouter aux 68 millions d'euros d'un précédent protocole d'accord (2017-2021) signé avec le gouvernement en 2016 pour soutenir les buralistes.

"L'objectif prioritaire (...) est d'accompagner les buralistes (...) passant du modèle de débitant de tabac à celui de nouveau commerçant de proximité. Il prévoit à ce titre la création d'un fonds temporaire de transformation des buralistes destiné à permettre la mutation de la profession vers une moindre dépendance à l'activité de vente de tabac", écrit Bercy dans un communiqué.

Augmentation des ventes de produits de vapotage

Il s'agit surtout d'anticiper le plan santé du gouvernement, qui va porter progressivement le prix du paquet jusqu'à 10 euros en 2020, donc préparer le réseau des buralistes à rebondir face à ce calendrier fiscal, à cette hausse et aux nouveaux modes de consommation des Français en termes de service de proximité, explique Philippe Coy, président de la confédération des buralistes.

Selon lui, les buralistes "auront toujours le monopole de vente du tabac pour l'Etat" mais "ils doivent devenir le drugstore du quotidien, en reconfigurant leurs points de vente, selon les zones".

"Ils doivent prendre toute leur place dans le quotidien des Français, en vendant par exemple, en zone urbaine ou rurale, des produits de circuits courts, avec un viticulteur ou un producteur de légumes, qui viendraient apporter un complément", décrit-il. Il rappelle aussi que "la vente des produits du vapotage va prendre de l'importance dès le mois de mars avec l'augmentation des prix des cigarettes".

La Cour des comptes critique la politique de soutien aux buralistes

Les efforts de diversifications vont dans le sens de recommandations faites l'an dernier par la Cour des comptes qui, dans son rapport annuel, avait jugé"très contestable" une politique de soutien aux buralistes selon elle "menée à l'aveugle, avec des dispositifs insuffisamment contrôlés et ciblés". Elle estimait que "l'objectif principal" devait être "la reconversion des commerces de vente de tabac à d'autres activités".

La Cour chiffrait le soutien aux buralistes, toutes aides confondues, à 2,6 milliards d'euros entre 2004 et 2011, soit plus de 300 millions d'euros par an.

Le gouvernement "portera aussi une initiative au niveau européen afin de promouvoir une meilleure harmonisation des niveaux de fiscalité sur les produits du tabac et garantir la diminution des quantités de tabac transitant d'un pays à l'autre de l'Union Européenne, en limitant strictement les transports transfrontaliers de tabacs par les particuliers", écrit encore Bercy vendredi.

Accord tripartite, avec la Française des Jeux

Le plan d'aide aux buralistes porte également sur la hausse de leur rémunération suite à un accord tripartite avec la Française des Jeux (FDJ), qui a accepté de modifier le mode de rémunération pour les ventes de ses produits, et l'organisme de marchands de journaux Culture Presse.

"D'ici à 2019, l'ensemble du dispositif permettra de faire progresser la commission moyenne des détaillants", a indiqué à l'AFP Stéphane Pallez, présidente de la FDJ, estimant que c'est "une petite révolution de passer d'une rémunération fixe sur les mises à un système de rémunération différenciée".

Daniel Panetto, président de Culture Presse a de son côté salué dans un communiqué "la mise en place de ce plan", évoquant "une victoire dont les intérêts sont communs à chacun des trois acteurs".

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 07/02/2018 à 0:10 :
La seule qui intéresse vraiment l'Etat est la hausse des recettes. La santé n'est qu'un prétexte à hausses.
Les ventes de tabac passent plus souvent par d'autres réseaux.
Bien des buralistes ont de petits locaux. Mais, beaucoup font aussi la presse, un bar, ou autres.
Certaines activités sont gourmandes en place. Cela obligerait à déménager avec un loyer plus lourd.
a écrit le 06/02/2018 à 10:15 :
Pour la plupart des débitants de tabacs étant donné l'exiguité des locaux ( ou des surfaces présentement occupées ) le passage au commerce de proximité est une illusion à cause du manque de place.
a écrit le 06/02/2018 à 8:26 :
Il y a pire. Dans un département la taxe foncière va augmenter. Et l'on apprend qu'une partie de celle-ci va servir aux arboriculteurs qui ont de gros patrimoine, à raser les vieux vergers pour pouvoir en replanter de nouveaux. C'est immorale aux vues de l'Europe qui accorde déjà des aides à ceux-ci. L'Europe doit réduire drastiquement et en urgence la PAC.
a écrit le 05/02/2018 à 17:12 :
Cela fait 30 ans que l'état Français leur explose le fondement et maintenant Macron arrive, comme Zorro, avec un tube de pommade.
a écrit le 05/02/2018 à 15:58 :
Une vraie décision d'énarque: Si l'on veut que les buralistes "survivent", laissons les exercer leur métier tranquillement; baissons ces taxes qui sont plus le moyen de ces politiciens de s'accaparer la richesse créée que celui de baisser la consommation; de la morale chez ces François Fillon? Quelle blague!; tout ce qu'on leur demande, c'est de gérer le pays en "bons pères de famille et ce serait une vraie révolution.
a écrit le 05/02/2018 à 15:48 :
Dans une économie neo-marxiste, l'état aide les commerçants à s'adapter aux nouvelles conditions en augmentant les impôts.
a écrit le 05/02/2018 à 15:02 :
"L'objectif est évidemment de faire baisser la consommation du tabac en France,"

Le fameux "running gag", toujours aussi poilant.

Ouais bon c'est franchement médiocre tout ça, d'une part que va devenir l'accord si la française des jeux est privatisée comme ça se dit partout ?

Ensuite la française des jeux est exactement la même gangrène que le tabac, j'ai une amie qui tient un relais "multiservices", à savoir vous bossez 12h par jour pour 700 euros par mois, elle a arrêté les jeux de grattage avec lesquels il est vrai elle ne gagnait quasiment rien mais bon je suppose qu'ils vont passer de rien à un peu moins rien connaissant ces radins.

Donc elle a arrêté parce que voyant des gens qui venaient s'acheter des tickets à gratter avant même d'acheter à bouffer pour leurs gosses.

Bref une économie de la misère qui en chasse une autre, ce n'est pas une solution et il faut être bien cynique, évoluant dans une classe totalement déconnectée pour valider ce genre d'idée à la gond.
a écrit le 05/02/2018 à 15:01 :
"L'objectif est évidemment de faire baisser la consommation du tabac en France,"

Le fameux "running gag", toujours aussi poilant.

Ouais bon c'est franchement médiocre tout ça, d'une part que va devenir l'accord si la française des jeux est privatisée comme ça se dit partout ?

Ensuite la française des jeux est exactement la même gangrène que le tabac, j'ai une amie qui tient un relais "multiservices", à savoir vous bossez 12h par jour pour 700 euros par mois, elle a arrêté les jeux de grattage avec lesquels il est vrai elle ne gagnait quasiment rien mais bon je suppose qu'ils vont passer de rien à un peu moins rien connaissant ces radins.

Donc elle a arrêté parce que voyant des gens qui venaient s'acheter des tickets à gratter avant même d'acheter à bouffer pour leurs gosses.

Bref une économie de la misère qui en chasse une autre, ce n'est pas une solution et il faut être bien cynique, évoluant dans une classe totalement déconnectée pour valider ce genre d'idée à la gond.
a écrit le 05/02/2018 à 14:55 :
Un rapport de plus de la Cour des compte sur lequel le gvt s'assoit sans vergogne.....au final si le gvt par mesure d'économies supprimait la Cour des comptes? Qui s'en plaindrait exactement?
a écrit le 05/02/2018 à 14:51 :
La cour des comptes qu’elle balaye devant sa porte : notamment en arrêtant de voler les veufs & les veuves de France depuis les décrets de 2004...

Et également qu’elle arrête de voler par décret les jeunes Français et Françaises à avoir une «  couverture » décente de sécurité sociale après un retour de l’etranger Après 18 mois

Ces jeunes ils sont Français ou pas ?
Il faudrait le «  savoir non »

Vos décrets de 2004 et après ont fragilisés les populations en les poussant à la précarité et aujourd’hui en les noyant en «  chômage de masse »

Ces décrets sont criminels car ils poussent ces gens à la survie et si rien ne change à la mort.
Réponse de le 05/02/2018 à 15:23 :
Vous oubliez que la Cour des Comptes dans le cas de ces buralistes ne fait que dénoncer une politique corporatiste se faisant justement à l'encontre du restant des français : les 300 millions d'euros par an pourrait être utilisés à autre chose.
Mais vous savez, plus vous votez à droite, plus vous êtes corporatistes et vous souhaitez que le libéralisme s'applique aux autres et pas à vous (Aux ouvriers du textile par exemple).
Et notre président est le roi des corporatistes.
Réponse de le 05/02/2018 à 16:20 :
La solution c’est de ne plus rembourser les «  fumeurs » et le problème est réglé à la racine.
Mais il faut annuler les décrets de 2014 sur la sécurité sociale car c’est injuste pour les jeunes qui commencent leur vie active

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