Casino affiche une perte spectaculaire au moment de changer de main
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STEPHANE MAHE
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On savait la situation financière de Casino compliquée depuis des années, c'est de nouveau confirmé par ses chiffres de 2023, publiés ce mercredi. Son Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements), un indicateur clé de rentabilité, a reculé de -21,8%, à 765 millions d'euros. Et sa perte nette (résultat net consolidé) s'est considérablement creusée : elle a atteint 5,7 milliards en 2023, contre 316 millions un an plus tôt.
Du côté des ventes, le groupe a enregistré un chiffre d'affaires (hors taxe) d'un peu moins de 9 milliards d'euros sur l'année, ce qui est en baisse de -4,7% par rapport à 2022. Casino a toutefois insisté sur les ventes de ses deux enseignes phares, Monoprix et Franprix, qui résistent : elles sont respectivement en recul de -1,3% et en hausse de +3%. Mais ces variations sont bien loin de ses homologues français et concurrents, comme Intermarché - qui revendique +8,8% d'augmentation de ses ventes -, Système U ou E.Leclerc.
L'un des éléments d'explication de la perte impressionnante de Casino vient du fait qu'il a réduit dans ses comptes la valeur de la plupart de ses actifs, dont Monoprix et Franprix. Le groupe a cédé pour 1,4 milliard d'euros d'actifs en 2023, dont la part encore détenue dans l'enseigne brésilienne Assai.
L'autre raison est le recul de la rentabilité de son activité sur tous les formats, ainsi que les grandes difficultés de ses hypermarchés et supermarchés en France. La plupart d'entre eux ont depuis été cédés aux concurrents Intermarché, Auchan et Carrefour. Les Mousquetaires/Intermarché en ont acheté 61 en 2023, et 288 autres doivent changer de main courant 2024 pour devenir également des Carrefour et des Auchan. La restructuration financière du groupe a été validée ce lundi par le tribunal de commerce de Paris, ce qui lui ouvre la voie vers une nouvelle ère, avec un nouveau consortium à sa tête.
Si bien qu'avec ce changement de main, couplé au processus de cession de 288 de ses magasins à ses concurrents Intermarché, Auchan et Carrefour, les perspectives financières de Casino « sont caduques ». Mais le groupe ne « publie pas de nouvelles perspectives 2024 ».
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Pour rappel, Casino, qui employait fin 2022 50.000 personnes en France - les chiffres 2023 n'ont pas été communiqués - sous des enseignes bien connues comme Casino, Franprix ou Monoprix, a dû entrer en sauvegarde accélérée fin octobre car il ne pouvait plus faire face à ses échéances de dette. La restructuration de sa dette prévoit d'écraser environ 5 milliards d'euros de créances, et est permise par l'apport d'argent frais à hauteur de 1,2 milliard d'euros, dont plus de 900 millions par un consortium de repreneurs comptant les milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière ainsi que le fonds d'investissement Attestor.
Reste toutefois la possibilité pour les administrateurs et mandataires judiciaires ainsi que pour le CSE de Distribution Casino France, le représentant du personnel et le ministère public de faire appel. Le délégué syndical central CGT du groupe, Jean Pastor, avait d'ailleurs indiqué lundi se « réserver le droit de faire appel de la décision du tribunal dans le délai de 10 jours ».
Aux termes des augmentations de capital, les actionnaires actuels du distributeur seront très massivement dilués. Rallye, son actuelle maison mère, n'en détiendra plus « qu'environ 0,1% » comme elle l'a indiqué ce mardi dans un communiqué, et en « perdra donc le contrôle ».
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Quant à l'avenir des holdings de Rallye (Foncière Euris, Finatis et Euris), « dans la mesure où [leurs] plans de sauvegarde sont interdépendants, Foncière Euris, Finatis et Euris solliciteront également la résolution de leur plan de sauvegarde et l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire », est-il précisé.
Concernant le futur de Jean-Charles Naouri, PDG de Casino depuis 2005, il n'est pas connu.
(Avec AFP)
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