Le frenchy Mirakl, architecte des places de marché en ligne, lève 18 millions d'euros

L'entreprise parisienne qui élabore des plateformes dédiés à des vendeurs tiers pour le compte de grands distributeurs, soutenue à ses débuts par Xavier Niel et Laurent Dassault, mettent le cap sur les Etats-Unis.
Marina Torre

3 mn

Philippe Corrot (à g.) et Adrien Nussenbaum (à dr.) ont créé Mirakl en 2011. Ils affichent un objectif de chiffre d'affaires de 10 millions d'euros en 2015 et se disent rentables (aucun compte n'a été officiellement déposé au tribunal de commerce pour l'instant).
Philippe Corrot (à g.) et Adrien Nussenbaum (à dr.) ont créé Mirakl en 2011. Ils affichent un objectif de chiffre d'affaires de 10 millions d'euros en 2015 et se disent "rentables" (aucun compte n'a été officiellement déposé au tribunal de commerce pour l'instant). (Crédits : Dr)

Ils participent à l'atomisation du commerce. Les Français de Mirakl se font un nom dans une activité en pleine explosion : la place de marché en ligne. Cette nouvelle marotte des (e)commerçants consiste à ouvrir leurs rayons virtuels à des vendeurs tiers, afin d'accroître leur chiffre d'affaires tout en limitant les coûts puisqu'ils se contentent de mettre en relations consommateurs et marques. Pour construire ces magasins numériques, deux solutions: soit recruter directement les ingénieurs pour réaliser l'interface. Soit engager un "architecte" spécialisé, le métier de cette jeune entreprise créée en 2011 qui annoncera ce mercredi une levée de fonds de 20 millions de dollars (18 millions d'euros).

De la Fnac à Condé Nast

C'est près de dix fois la somme obtenue après un premier tour de table réalisé en 2012, auquel avait participé le fond Elaia Parners, Laurent Dassault mais aussi Xavier Niel. Trois ans plus tard, les deux premiers - mais pas le dernier - sont rejoints par deux fonds européens, le britannique 83North, et Felix Capital lancé à Londres par le français Frédéric Court.

La start-up co-fondée par Adrien Nussenbaum et Philippe Corrot, qui compte une cinquantaine d'employés et prévoit de doubler ses effectifs, se cache derrière les places de marchés d'une série d'enseignes de grande envergure. A commencer par la Fnac, à qui le premier a vendu sa place de marché dédiée aux jeux vidéos, Splitgames, en 2008. Galeries Lafayette, Darty, Auchan, ou en Espagne El Corte Ingles utilisent leurs services. Plus récemment ce sont eux encore qui ont été choisi pour créer la plateforme e-commerce du groupe Condé Nast, ou en France, de Doctissimo chez Lagardère Active (Doctipharma).

>> Chez Condé Nast, "nous ne voulons pas pousser les gens à acheter..."

Best Buy Canada

Les deux fondateurs comptent désormais convaincre de nouvelles enseignes hors de France. "Les Etats-Unis représentent un axe important de notre développement", confirme Philippe Corrot. Son associé s'est récemment installé à Boston afin, notamment, de recruter une équipe commerciale.Charge à eux de rajouter de nouveaux noms au portefeuille nord-américain du fournisseur de services qui compte déjà parmi ses clients la version canadienne de Best Buy, et Express, une marque de textile.

A l'instar de cette dernière, qui ouvre ses rayons virtuels à des vendeurs tiers pour la première fois afin de "diversifier son catalogue (...) toutes les marques ont potentiellement vocation à ouvrir des marketplace [places de marché en ligne] même celles qui ne sont pas mutlimarques à l'origine ou qui sont encore inconnues", vante le PDG de Mirakl.

"Un métier que nous avons inventé"

"C'est un métier que nous avons inventé", revendique ce dernier, qui rappelle que les autres grandes places de marchés que sont Amazon, Tmall (Alibaba) ou Rakuten ont développé en interne leurs propres plateformes marketplace.

Pour les géants du commerce en ligne, la formule représente une part croissante de leurs recettes.CDiscount, la filiale de Casino et deuxième site d'e-commerce en France, a même réalisé au deuxième trimestre plus de 28% de son volume d'affaires grâce à elle. Soit près de dix points de plus qu'un an plus tôt à la même période.

En France, l'activité de ces places de marché devrait être un peu plus encadrée. La loi Macron prévoit d'imposer transparence d'information et clarté dans les principes de référencement des offres présentées sur ces plateformes.

>> Les formules des places de marché en ligne peuvent-elles rester secrètes?

Marina Torre

3 mn

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Commentaires 2
à écrit le 21/01/2016 à 15:46
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Bonjour! Merci pour votre article, Mirakl est une solution exceptionnelle et qui mérite sa réussite. Est-ce-que vous connaissez des solutions gratuites comme celle que propose Mirakl ? J'aimerais beaucoup créer ma marketplace mais j'ai un petit b...

à écrit le 22/07/2015 à 11:02
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Je suppose que la délocalisation est la prochaine étape. Je leur souhaite.

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