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Plan social d'ampleur chez Casino : entre 1.293 et 3.267 postes supprimés en France

latribune.fr

Publié le 24 avril 2024 à 16:39 - Mis à jour le 24 avril 2024 à 16:39

Entre 1.293 et 3.267 postes pourraient être supprimés au sein du groupe

Entre 1.293 et 3.267 postes pourraient être supprimés au sein du groupe

STEPHANE MAHE

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Entre 1.293 et 3.267 postes pourraient être supprimés au sein du groupe Casino, en fonction du nombre de magasins grand format et d'entrepôts logistiques non encore cédés qui trouveront preneurs d'ici septembre, a annoncé le distributeur ce mercredi, précisant qu'un millier d'emplois seront préservés au siège de Saint-Etienne. Par ailleurs, le groupe enregistre une baisse de ses ventes au premier trimestre.

[Article publié le mercredi 24 avril 2024 à 08h34 et mis à jour à 18h40] Les salariés de Casino sont fixés. Un mois après la reprise du groupe de distribution par un consortium par deux milliardaires, le Tchèque Daniel Kretinsky et Marc-André Ladreit de Lacharrière, adossés au fonds d'investissement Attestor, la nouvelle direction a dévoilé l'ampleur du plan social : entre 1.293 et 3.267 postes pourraient être supprimés au sein du groupe.

Une fourchette qui dépend du nombre de magasins grand format et d'entrepôts logistiques non encore cédés qui trouveront preneurs d'ici à septembre, a annoncé ce mercredi le distributeur stéphanois mercredi, précisant qu'un millier d'emplois seront préservés au siège de Saint-Etienne (sur les 1.500 environ). La capitale du Forez s'en sort bien. 80% des 1.500 salariés (1.800 avec les CDD, les alternants...) travaillent en effet pour les hypers et supermarchés qui vont être vendus à Intermarché, Carrefour et Auchan.

Le «projet de réorganisation», présenté mercredi aux représentants du personnel, «prévoit 1.293 suppressions nettes de postes au sein des fonctions sièges du groupe, dont 554 à Saint-Etienne», indique Casino dans un communiqué.

Le siège historique du groupe conserverait à Saint-Etienne « 1.010 postes sur 1.564 actuels », précise Casino, qui dispose aussi de sièges à Vitry-sur-Seine (enseigne Franprix), Clichy (Monoprix) et Bordeaux (CDiscount).

Près de 2.000 postes en plus menacés

Aux 1.293 suppressions nettes au sein des fonctions sièges du groupe, pourraient s'ajouter, « à défaut de trouver des repreneurs », jusqu'à 1.974 postes supprimés si les hypermarchés et supermarchés qui n'ont pas été cédés à Intermarché, Auchan, Carrefour, ainsi que certaines plateformes logistiques, ne trouvent pas de repreneurs d'ici la fin septembre.

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Le groupe sera en effet lesté de la quasi-totalité de ses 314 hyper et supermarchés après leur vente à Intermarché, Auchan et Carrefour. La trentaine de magasins qui ne trouveront pas preneurs mais aussi toutes les activités qui y sont rattachés (certains entrepôts, des postes administratifs...) seront fermés.

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Les CSE convoqués le 6 mai

Casino, qui employait encore 200.000 personnes dans le monde et 50.000 en France fin 2022, a vu ses effectifs fondre au fil des cessions des derniers mois, à 28.212 pré-PSE et après cession de la quasi-totalité des magasins grands formats à la concurrence. Le distributeur tombé fin mars dans l'escarcelle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky et de ses alliés, le milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds Attestor, n'a par ailleurs quasiment plus de présence à l'international.

Les comités sociaux et économiques des sociétés concernées par des plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) ont été convoqués à une réunion prévue le 6 mai où sera initiée « une procédure d'information-consultation préalable à la mise en oeuvre d'un projet de plan de sauvegarde de l'emploi », détaille le distributeur.

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En parallèle, la négociation « sur le contenu du plan de sauvegarde de l'emploi sera engagée avec les organisations syndicales représentatives des dites sociétés ».  Casino « proposera une phase de départs volontaires pour les salariés concernés » par un PSE « présentant un projet professionnel, afin de limiter autant que possible le nombre de départs contraints ».

Cité dans ce communiqué, le nouveau directeur général Philippe Palazzi estime que « ce projet de transformation constituerait une étape clé », qui  « permettrait d'engager Casino sur une nouvelle trajectoire de développement ». Il prévoit de « réinvestir dans les points de vente et les réhumaniser ».

Les résultats du premier trimestre attendus ce mercredi

Le groupe a par ailleurs dévoilé ce mercredi, après la fermeture des marchés financiers, ses ventes pour le premier trimestre 2024. Le distributeur a réalisé, dans son nouveau périmètre comptant Monoprix, Franprix, les enseignes de proximité Vival, Spar, Petit Casino ainsi que le e-commerçant CDiscount, 2,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier trimestre 2024 (-4,6%).

C'est la dernière publication concernant l'activité sous la houlette de Jean-Charles Naouri, qui était actionnaire majoritaire depuis 1997, et PDG depuis 2005, avant sa démission et le changement de mains fin mars.

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Dans le détail, ces ventes reposent pour moitié sur Monoprix, un milliard d'euros de chiffre d'affaires (+0,9%) de janvier à fin mars, date à laquelle le groupe a cessé d'être contrôlé par Jean-Charles Naouri pour tomber dans l'escarcelle de repreneurs emmenés par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Par ailleurs, concernant la dette nette du groupe, elle a dégonflé à 1,6 milliard d'euros à fin mars contre 6,2 milliards fin 2023.

Pour rappel, Casino a publié des résultats financiers catastrophiques en 2023, avec une perte nette spectaculaire de 5,7 milliards d'euros. Le chiffre d'affaires est tombé à moins de 9 milliards d'euros, malgré un contexte d'inflation qui gonfle les ventes. En 2022, sa perte nette était de 316 millions d'euros.

Recul de la rentabilité sur tous les formats

Casino a d'ailleurs réduit dans ses comptes la valeur de la plupart de ses actifs, dont Monoprix et Franprix. C'est un élément d'explication de sa perte impressionnante, l'autre étant le recul de la rentabilité de son activité sur tous les formats, ainsi que les grandes difficultés de ses hypermarchés et supermarchés en France.

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La plupart d'entre eux ont cédés aux concurrents Intermarché, Auchan et Carrefour. Les Mousquetaires/Intermarché en ont acheté 61 en 2023, et 288 autres doivent changer de main courant 2024. Une trentaine d'entre eux vont devenir des magasins Carrefour, une centaine Auchan et le reste Intermarché.

Au total, Casino indique avoir cédé pour 1,4 milliard d'euros d'actifs en 2023, dont la part encore détenue dans l'enseigne brésilienne Assai, et 1,7 milliard depuis début 2024, dont ces 288 magasins.

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Intermarché, Auchan et Casino s'allient pour négocier leurs achats ensemble pendant 10 ans

Les distributeurs alimentaires Intermarché, Auchan et Casino ont officialisé ce mercredi une alliance d'une durée inhabituellement longue, soit 10 ans, pour gérer ensemble leurs achats, espérant ainsi « pérenniser et développer des partenariats avec le monde agricole et les acteurs industriels français sur le long terme ».

Les trois enseignes prévoient la création d'une centrale d'achats alimentaire « constituée par Intermarché et Auchan et pilotée par ce premier » pour négocier avec les producteurs de marque nationale comme Danone, Nestlé ou Coca-Cola, et qui sera « sur l'alimentaire la première centrale à l'achat française, tant en parts de marchés qu'en diversité et en complémentarité de formats de magasins », selon leur communiqué commun.

Est également prévue une alliance dans l'achat de produits non-alimentaires, avec la constitution d'une centrale d'achats pilotée cette fois par Auchan, avec pour mission « de négocier auprès des fournisseurs de marques nationales ». Ce projet « sera présenté aux instances représentatives du personnel » et devra être avalisé par les autorités de régulation compétentes.

(Avec AFP)

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